la première fois en trad à Annot

On se souvient tous de notre première fois, souvent de manière peu glorieuse, à cafouiller, à faire un peu n’importe quoi. L’autre se demande comment ça va se finir et si il va bien prendre un peu de plaisir ou pas. Je parle d’escalade bien-sûr et il y a toujours une première fois quand on arrive sur un nouveau spot.

Annot ne déroge pas à la règle d’autant plus que la roche est atypique pour le sud de la France et n’offre que peu de comparaison. Le grès croustille sous les pieds, on se prend du sable dans les yeux, on se ponce la peau rapidement et on finit les doigts broutés…

escalade annot

A chacune de mes balades, d’autant plus aux secteurs de trad, je vois plein de grimpeurs en première fois. Des forts grimpeurs, guides bien souvent dont l’adaptation est souvent assez rapide et d’autres plus modestes, des bandes de potes, des clubs, des étrangers en vacances. Il sont faciles à reconnaître, ils font la file d’attente pour « Jo paracetamol » « dedicata a val di mello » « l’arche » « lake placid et « handtraining« , leur style est plus en dulfer que face à la fissure, les jambes tremblent quelquefois et les coinceurs sont posés aléatoirement. Souvent je tente un petit conseil du genre « tu devrais mettre un friend bleu rapidement et te reposer à la strate juste en dessous » puis je m’éloigne pour pas voir la suite de la boucherie.

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Ça c’est vraiment le val di Mello

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai eu la chance d’être coaché par les deux ouvreurs historiques du site avant d’en devenir un moi-même (ouvreur, pas historique). Ils m’ont évité quelques erreurs et j’ai vite pris mon aisance dans mon home-spot. Mais du coup j’ai un regard un poil dur sur l’escalade aux fissures. J’ai l’impression que tous le monde va dans les même voies, sur les même secteurs et se fait un peu cueillir au passage. Combien de personnes veulent monter « dédicata » pour avoir la belle photo magazine mais en moulinette en souffrant au possible. Combien de personnes vont dans « l’arche » sans même avoir considéré les voies croisées avant?

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protection typique d’Annot

Je trouve triste de voir des voies comme Epsylon reprise par la poussière, de ne jamais avoir vu quelqu’un dans roots canal et de voir les voies d’initiation reprises par la végétation et les débutants se faire rouster dans les voies plus dures.

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Bref si tu es un grimpeur et que tu n’es jamais venu à Annot ou si tu t’es fait rouster mais que tu as du mal à assumer, les 10 commandements suivant peuvent servir.

  1. Il est conseillé de commencer dans des voies courtes, faciles, avec un accès possible du haut. Secteur de la montée, la cave, îles de rêve. Il est possible de grimper avec un jeu de coinceurs réduis et de travailler les voies avant de se lancer en tête. Il n’y a pas de mal à faire du red-pointing.
  2. Privilégiez ensuite les voies faisables en »artif » c’est à dire avec une fissure régulière. Si vous êtes limite dans le niveau, vous pourrez toujours arriver au relais en tirant au point.
  3. Utilisez les repos, les strates pour vous économiser, ranger votre matériel et anticiper les mètres suivants.
  4. Sortez des classiques et essayez d’autres lignes et d’autres secteurs. La vire inter c’est chouette mais il y a autre chose.
  5. Grimpez avec les autres cordées, demandez conseils, échangez du matos, des moulinettes et des flashs.
  6. Apprenez à désescalader. Si un pas est trop dur ou mal protégé, ne tentez pas le diable et redescendez prudemment
  7. Un bon coinceur est un coinceur qui tient. Rien n’est pire pour le mental et pour l’intégrité physique qu’un coinceur mal posé.
  8. Un coup de nettoyage, enlever une herbe, souffler une prise n’est pas une exclusivité des ouvreurs locaux, c’est plus agréable de grimper dans une voie propre que toute poussiéreuse, amenez une brosse à dent, une balayette et un sécateur.
  9. Soyez modeste, personne ne se moquera si vous avez grimpé un chiffre en dessous votre niveau, au moins les premières voies d’échauffe
  10. N’hésitez pas à repérer vos challenges et à revenir les essayez une autre fois. Il faut apprivoiser les possibilités

 

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Les voies en dalle à Annot ça s’apprivoise!

Balade express à Tenerife

Cet automne en discutant vacances comme d’hab, on a évoqué Tenerife et comme le billet d’avion est à 70 euros aller-retour depuis Nice, on s’est dit que c’était l’occasion de tenter de retrouver un peu de chaleur en ce mois de décembre.

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Effectivement c’est une super destination en hiver, chauffé par le Sahara et l’anticyclone des acores, il fait toujours bons aux Canaries. Mais c’était sans compter qu’en 3 jours sur place et 8 trucs de prévu, on a pas optimisé la farniente et la bonne exposition au soleil, bref on s’est pelé!

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L’idée était de repérer quelques canyons pour revenir en encadrement, voir si l’île est une accumulation de bouses ou un spot sympathique. La réponse est un peu entre les deux. Il y a de beaux canyons si on élargit ses plaisirs en profitant des canyons secs et qu’on aime les paysages volcaniques et désertiques. On ne retrouve pas les beaux creusements du calcaire, ni les grandes verticales de la réunion mais un entre-deux agréable. On a descendu Badaroj et Arcos de Chimoche et baladé à Tamadaya, vu du haut El Rio et Cuervo. La géologie des canyons est très belle, les paysages d’accès carrément classes.

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On a un peu grimpé aussi à Tamadaya, à la cathédrale et à Las Vegas (si si!!). L’escalade sur l’île vaut aussi le déplacement. Les falaises n’ont pas la grandeur des Alpes, le rocher la qualité du Verdon, mais les quelques milliers de voies et la diversité du basalte permettent de se faire plaisir sur des voies bien ouvertes aux ampleurs modestes mais suffisantes.

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A noter que l’équilibre entre les voies équipées et les voies traditionnelle a été trouvé à Tenerife. Les styles se côtoyant à quelques mètres sans empiéter l’un sur l’autre. Les ouvreurs ont su laisser les lignes se protégeant bien, vierges d’ancrages et d’ouvrir à une distance suffisante des lignes parfaitement équipéées pour ne pas générer de confusion.  Il est de fait, intéressant d’amener un ou deux jeux de coinceurs et de friends jusqu’au tailles 3 pour ces derniers.

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Pour le tourisme, il y a de quoi faire et nul besoin de suivre les hordes transportées en bus. Il suffit d’être curieux pour trouver un petit volcan, une vieille maison traditionnelle ou un point de vue atypique pour faire ses photos. Il y a de nombreux logements à prix très raisonnables mais avec la température douce et les milliers de troglodytes, il est facile de bivouaquer.

Bref on y retournera avec un sac de couchage, quelques coinceurs et une combi néop!

 

Moniteur de canyon, un boulot qui fait rêver

Ce soir il pleut. J’apprend que l’on vient de passer en vigilance rouge pour inondation, je regarde dehors et je vois les brumes disparaître dans l’obscurité naissante. Je suis chez moi, je prend mon temps avec une balade avec le chien, du temps perdu sur les réseaux sociaux et à tenter de faire tourner cette foutu cheminée qui s’éteint toute seule. J’ai du temps.

Ces dernières années, je travaillais dans un beau magasin de sport, le samedi était le jour d’affluence maximale, fallait être à fond pour faire tourner l’entreprise. A vingt heures largement passé je rentrais à la coloc exténué. Je n’avais pas vu le ciel de la journée sauf pendant ma pause repas et le temps du trajet matinal.

La différence c’est que pour la seconde année, j’arrive à boucler mon année en ne faisant plus que du canyon. Ma saison d’été, les encadrements hors saison, les journées au Vésubia, les formations pour le club et les partenariats avec la FFME me permettent enfin de vivre de ma passion.

Je profite d’un équilibre enfin trouvé entre le travail et le temps pour moi. Tout n’a pas été si facile et la situation actuelle ne tient qu’à peu de chose. Une blessure, un peu trop de pluie, un partenaire qui change ses plans et je retrouve une précarité à laquelle je suis un peu trop habitué.

Mon boulot et cette vie font rêver. je croise encore pleins de canyonistes voulant passer le DEJEPS, qui est la consécration de leur parcours sportif et la clé d’un idéal espéré. Pourtant quand je regarde mes anciens camarades de formation, peu se sont vraiment établi et ont réussi. un peu mois d’une dizaine dans cette première promo historique composée exclusivement de passionnés qui attendaient depuis des années cette opportunité. Je n’ai vraiment de nouvelles que de Maxime des Pyrénées, Jerome de Savoie, Johanna l’Ardéchoise du 04, Benjamin le plus jeune qui a roulé sa bosse partout, Nicolas et Thomas les réunionais, Christophe des PO et Christophe du 06. Je ne sais pas ce que font mes autres collègues, je ne vois rien sur les réseaux sociaux et j’ai la flemme de téléphoner.

Chaque année je vois pleins de nouveaux et sympathiques stagiaires. Certains ont la fibre pro-canyon, d’autres ne savent pas trop ce qu’ils font là, il y a des causes perdues et de futurs collègues. On est de plus en plus à ouvrir nos boites, créer nos sites internet, l’offre devient Pléthorique et se noie en même temps. Il n’y a pas tant de place que ça et à trop aspirer à cet idéal, on finit par le rendre inaccessible.

Il y a quelques temps j’écrivais une note sur le tourisme qui en devenant de masse finissait par détruire l’intérêt originel. Soyons prudent et ne cherchons pas à être plus nombreux sur le même rêve mais créons de nouveaux rêves pour l’avenir, afin qu’on puisse tous vivre la même chose. Le canyon peut se vivre de manière tellement diverse. Il est important qu’on véhicule un regard nouveau sur notre passion. Sortons des canyons sur-fréquentés, varions nos moyens de communication, Soyons créatifs.

A bient’eau

Riou de Moustier

Riou de moustier

Ce mois de novembre 2019 est particulièrement pluvieux et frais comparé aux derniers automne de sécheresse. La neige est tombé à basse altitude et en abondance dès le milieu du mois donnant la possibilité de skier dès 1500 mètres. En dessous ça a été le lessivage complet et les cours d’eau ont repris de la vigueur. Malgré le froid, ces conditions pluvieuses sont l’idéal pour faire quelques canyons rarement en condition. En effet les épisodes méditerranéen durent quelques jours avec des pics de crue marqués avec une décrue pouvant durer plusieurs semaines grâce à la saturation des sols.

Riou de moustier

Ce sont des conditions hydrologique beaucoup plus stables que les fronts pluvio-orageux ou les orages de chaleur où l’eau transite de manière très rapide en surface sans s’infiltrer dans le sol. Grâce aux longues périodes de pluies, on bénéficie de la restitution des sols saturés une fois la crue passé avec une belle eau claire et abondante.

Les canyons de Moustier Sainte Marie ont une saveur particulière pour moi. C’était parmi mes premiers vrai canyons à l’âge de 6 ans. A l’époque on partait de Marseille, on explorait les vallons du Luberon sans plus d’informations et limités par nos compétences. Puis après quelques entrainement corde dans les ravin sec de Vitrolles et après avoir trouvé les premiers topos-guides, voilà qu’on se lançait dans l’aventure des descentes de canyons.

Premier topo canyon du Verdon

Je me souviens que mes premières descentes était grandioses, je découvrais la verticalité, la nature sauvage mais aussi le froid, les journées interminables pas forcément toujours agréables. Je subissais autant que j’appréciais. Dans le riou, j’ai mon plus vieux souvenir de pur plaisir sans peur, sans froid, sans fatigue, de m’émerveiller de l’encaissement, des grandes cascades, de jouer. C’est peut être LE canyon qui m’a donné la passion.

A l’époque il était facile de le parcourir en eau. On faisait ce canyon toute l’année et on ne l’avait jamais vu sec. Puis les temps ont changé, les cours d’eau se sont asséchés et la bonne période de pratique s’est restreinte à quelques jours par an.

Cet automne avec les pluies, j’étais décidé à y retourner, peut être pour la vingtième fois? Mais qu’importe, c’est toujours aussi beau.

Certaines photos sont du ravin de notre dame qu’on a fait le matin sur la marche d’approche.

Riou de moustier

 

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Riou de moustier

Riou de moustier

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Riou de moustier

Riou de moustier

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Peir’imberguet d’automne

Quelques jours avant la fermetures des canyons en eau des Alpes Maritimes, le ciel nous a offert un bel arrosage. Les vallons se sont mis en bonnes eaux et c’était le moment d’en profiter. On a jeté notre dévolu sur la Peira qui avait un bon débit sans être délicat et on s’est régalé dans de belles gerbes d’eau fournis mais jamais méchantes. Le gros avantage de la Peira est de pouvoir s’éloigner par les rives en cas de mauvaise estimation du débit.

Une fois finis, même rassasiés, on en a voulu encore un peu et on est parti sur son voisin Imberguet. Le débit était aussi fort et commençait à créer des mouvements d’eau. Même appréciation pour le niveau qu’on a trouvé parfait. Suffisamment fort pour devoir réfléchir et faire attention, mais jamais vraiment compliqué si on connait les subtilités du canyon.

L’équilibre pour ce genre de conditions se trouve entre monter la difficulté liée au débit d’eau tout en sachant s’arrêter face à la griserie et à l’adrénaline. Il faut toujours rester dans la maîtrise de la situation et jamais dans le doute. En cas de doutes, il n’y a plus de doutes et le bar est une meilleure destination. Soyez prudents !

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Canyoning en Albanie

Miremegjes

C’est le retour du come-back dans cet attachant pays des Balkans. Depuis notre premier voyage, j’y suis retourné quasiment chaque printemps et automne depuis, avec toujours de beaux canyons à découvrir et les yeux qui brillent en regardant chaque falaise ou chaque doline. C’est un paradis du sport de nature où tout est à explorer, la dernière terre vraiment d’aventure d’Europe.

Pour le canyon ce mois d’octobre, après avoir passé quelques jours dans les alentours de Berat pour former de jeunes locaux à l’activité, je retrouve mes équipiers français dans la vallée de Devoll avec l’envie de revoir nos anciennes ouvertures et pourquoi pas faire de la nouveauté.

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Premier canyon du trip Gjerzeze qu’on avait ouvert il y a quelques années. Malheureusement l’orage de la nuit a coloré l’eau comme lors de l’ouverture. C’est d’autant plus rageant que les répétitions ont été avec une belle eau claire!

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Lendemain on part pour Holta avec l’autorisation du barrage. Le canyon est vraiment sublime comme imaginé, on se régale.

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On mise ensuite sur une ouverture avec Gares, j’ai eu le nez parce que ce canyon est bien jolie avec une grande ambiance dans les granges cascades.

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On parcourt Arcova le matin suivant avant de se déplacer autour de Tirana pour passer sur le versant nord du parc national de qafe.

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Lendemain on enchaine avec l’ouverture de Zalli I pires et son étrange roche aux multiples couleurs

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Malheureusement le jour suivant on casse la voiture à Uraka, pas de spéléo canyon pour nous ce coup ci

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On se rattrape le lendemain avec Droja et l’ouverture express de Bovilla.

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L’inconvénient de l’Albanie c’est qu’au plus on fait de choses, au plus j’ai envie d’explorer. Tout est à faire dans ce superbe pays.