Qu’est ce que le risque?

Risque, nom masculin, (italien risco, du latin populaire resecum, ce qui coupe) : Possibilité, probabilité d’un fait, d’un événement considéré comme un mal ou un dommage. Source Larousse.

On entend ce mot dans tous les sens en ce moment et à toutes les sauces. Nous sommes dans une société qui tend vers le risque zéro qui part définition n’existe pas, vu qu’à terme on va tous mourir. Notre politique générale est d’agiter le drapeau du risque à chaque instant et de le justifier par des normes, des lois, des devoirs.

Le risque est la complémentarité du danger

Danger, nom masculin, (bas latin *dominiarium, domination, péril, du latin classique dominus, seigneur) : ce qui constitue une menace, un risque pour quelqu’un, quelque chose : Ce krach constitue un danger pour l’économie mondiale ; situation où l’on se sent menacé : Courir un danger. Source Larousse.

Le danger est inhérent, permanent, invariable. La hauteur d’une falaise, la vitesse d’une voiture, la chaleur du feu. Le risque c’est de tomber de la falaise, de percuter une autre voiture, de se brûler. On ne peux pas supprimer le danger mais on peut maîtriser le risque et en diminuer les conséquences.

Conséquence, nom féminin, (latin consequentia, succession) : Ce qui est produit nécessairement par quelque chose, qui en est une suite logique : La décision est lourde de conséquences.

La crise du coronavirus vu du spectre des sports de montagne pousse à la réflexion, ça tombe bien on a le temps. En montagne le danger est inhérent. Oui désolé de l’apprendre à certains, mais la montagne est dangereuse. La montagne n’est ni juste, ni injuste, elle est dangereuse a écrit Reinhold Messner.   Le danger vient de la hauteur, on peut y tomber, on peut voir aussi tomber divers objets au dessus de nous. Le danger vient de la météo, violente, brutale. Le danger est partout, sans filtre, on le constate et vivons avec parce qu’il est immuable.

Le risque par contre est lié intimement à l’humain. Si l’humain n’est pas présent, le danger reste mais l’humain ne risque plus de mourir. Donc l’humain tente de gérer le risque. Depuis la nuit des temps, l’instinct, complété par la réflexion propre à notre espèce a tendu à diminuer les risques. L’homme a nourri sans famille, créé des outils, organisé sa tribu, s’est protégé des intempéries. A chaque connaissance, il a diminué son risque.

Aujourd’hui nous vivons dans un monde où cette connaissance, cette organisation est arrivé à un stade ultime. On a fait reculer la mort, on a prospéré, on a muselé le risque au point d’oublier qu’il existe et en avoir peur par méconnaissance. On a peur du risque. Il suffit d’écouter une maman dire à son enfant ne cours pas tu risque de tomber ou le ministre de l’intérieur dire roulez doucement sinon vous allez être verbalisé pour comprendre qu’on évite le risque parce qu’on en a peur.

Est ce la solution? Je n’ai pas la réponse, mais j’ai mon avis sur la question. J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie. La chance d’être confronté au risque et surtout de ne pas en avoir trop subit les conséquences. J’ai vécu avec depuis enfant par mes propres décisions mais aussi par celles des gens que j’ai côtoyé. J’ai accepté les risques que je prenais sans toujours avoir conscience des conséquences mais j’ai plusieurs fois subit les conséquences des risques des autres sans avoir eu de prise dessus.

J’ai appris à ne pas avoir peur du risque mais à le considérer comme inhérent à la vie et à m’en prémunir en pleine conscience. J’ai appris à accepter le danger sans occulter les conséquences possibles. J’ai pu vivre des choses intenses, fabuleuses que très peu d’humains auront la chance de vivre tout en étant conscient que ma vie ne tenait qu’à une corde et à la main qui la tenait. Je suis absolument persuadé que la réflexion de pleine conscience (pas la méditation, plus ésotérique) est une voie que l’humanité devrait suivre.

Pourquoi? Pour redevenir conscient de notre responsabilité. Je ne parle pas de notre responsabilité juridique mais de notre responsabilité morale. Qui sommes nous quand nous nous regardons dans une glace? Qui sommes nous dans une société? Un grain de sable parmi d’autre, mais notre action peut maintenir une dune ou la voir s’effondrer.

responsabilité, nom féminin : Obligation ou nécessité morale de répondre, de se porter garant de ses actions ou de celles des autres (source larousse)

Un jour, un albanais qui ramassait les olives de sa parcelle, m’a expliqué qu’il était Bektachi. Mais au lieu de faire du prosélitisme, il m’a expliqué les piliers de son culte. Ces piliers là sont fabuleux car on peut les dissocier de l’ésotérique pour ne garder que le message de fond. Le message dans ce cas là n’était pas de donner des commandements ou des ordres mais bien de poser des questions.  Qu’à tu fais aujourd’hui? Penses tu que c’est bien? Que veux tu faire demain? Sans apporter de jugement mais en faisant appel à la responsabilité morale de l’interlocuteur. Ce n’est finalement que la définition de la pédagogie, du bon sens.

Pédagogie, nom féminin, (grec paidagogia), Aptitude à bien enseigner (source larousse)

Pour finir ma réflexion sur le coronavirus vu du spectre des sports de montagne. Je suis persuadé qu’il va falloir vivre consciemment le risque d’être ou de contaminer l’autre. Le danger sera toujours présent. Qu’il va falloir éduquer non sans donner des ordres mais en posant les bonnes questions, en se posant les bonnes questions. Faire preuve de la pédagogie la plus essentielle qui n’est pas d’apprendre aux autres mais de leur donner les moyens d’apprendre. D’être responsable, les uns envers les autres pour que dès demain, ce risque ne nous enlève plus jamais nos libertés.

Bon confinement à toutes et à tous

Wadi Jamal

jamal canyon

Dans les contreforts du Djebel Akdhar coulent des dizaines de vallons. La plupart semblent inaccessibles et réservent quelques belles années d’explorations aux amateurs. Le plus dur étant d’accéder aux départs dans des montagnes rudes et escarpées, brûlées par le soleil à longueur d’année ou même l’hiver fait office d’enfer.

C’est dans un nouveau canyon que nous a envoyé Khaled notre hôte, Il ne savait pas ce qu’on allait en penser et ça a été un beau voyage.

On découvre les montagnes au matin et c’est massif. Des parois d’aspect dolomitiques montent à plus de 2000 mètres et l’absence de végétation empêche toute comparaison d’échelle.

On arrive au petit village en fond de cirque où arrive le canyon. Les canyons devrais je écrire parce qu’il y a plusieurs failles bien marquées et on se gare au point GPS indiqué.

jamal canyon

L’approche se fait sur une crête dégarnie jusqu’à un vieux fort construit sur un piton rocheux dominant le profond encaissement. Le cadre est splendide, combinant tous les superlatifs précédents. On arrive au départ en fin de matinée. Il est février et on peine à imaginer la fournaise que l’été doit être.

jamal canyon

jamal canyon

jamal canyon

Au fond de cette faille, au milieu d’un cirque désertique où pousse principalement des cailloux, coule une source : le miracle de l’oasis au milieu du désert. après mangé, on s’équipe et on rentre dans le canyon. Certains on mis la combinaison, d’autres non, l’air est chaud, l’eau pas froide. De beaux rappels dans le tuf s’enchaînent avec des parties de marche agréable sur un conglomérat scellé par la calcite. On arrive sous une immense baume digne des plus beaux undercut d’Utah.

jamal canyon

jamal canyon

jamal canyon

jamal canyon

L’eau a momentanément disparu, le lit de la rivière passe sous des blocs. et on équipe de nouvelles lignes de rappels sous un chaos imposant. On retrouve l’eau dans un encaissement quasi-obscur qui nous suivra jusqu’à la sortie. Le dernier encaissement sous le fort annonçant la prise d’eau dans le falaj du village.

jamal canyon

A quelques mètres des voitures on s’arrête surpris, les roches sont recouvertes de pétroglyphes rajoutant une aura mystique à ce lieu bien beau.

canyon des lunules

Mes équipiers repartent le lendemain pour la France, et je récupère François pour une dernière semaine d’aventure

Bartassing à Oman

Une sortie ou un voyage n’est pas réussi sans un minimum de bartasse.

Pour le lecteur parisien, la bartasse n’est pas une spécialité culinaire, mais une spécialité locale des pays du pourtour de la Méditerranée où la végétation est dense et épineuse. Ça consiste à sortir des sentiers battus pour s’enfoncer dans le maquis, le bartas. Originellement c’était les chasseurs, les ramasseurs de champignons, d’asperges sauvage qui affrontaient les genêts et autres argelas. Maintenant c’est devenu le terrain de jeu des grimpeurs, canyonistes, spéléos, vttistes et autres pratiquants des sports de nature qui redécouvrent un terrain vierge pour leur pratique.

Il faut considérer quelques points important :

  • Quelqu’un sera forcément passé avant vous,
  • la végétation gagnera toujours,
  • l’échelle d’espace-temps n’est pas la même et faire quelques mètres peut vite prendre du temps.
  • Cette pratique est plus proche du masochisme que réellement épanouissante
  • vous y rencontrerez plus de sangliers que de jolies filles
bani khalid muqal cave

Falaj de Bani Khalid

bani khalid muqal cave

Araignée dans Kaft Muqal

Suite de notre voyage à Oman. On a fait deux belles sorties majeures qui sont la traversée 7th hole et le wadi Tiwi. Là on a vraiment besoin de repos et de journée « off ». Bien évidemment tout le monde réclame une journée calme mais personne n’est capable de rester en place. Alors direction le Wadi Bani Khalid pour de la baignade avec option spéléo.

bani khalid muqal cave

Baignade au Bani Khalid

Rapidement les spéléos spéléotent et les baigneurs tournent en rond et veulent aller voir autre chose que se reposer au bord du wadi avec de l’eau à 30°.

Aussi incroyable que ça puisse paraître, je suis donc le seul à profiter de cette demi-journée de repos à dormir sur les cailloux et à me baigner habillé, pays musulman oblige.

bani khalid muqal cave

Tenu correcte exigée!

wahiba sands

Coucher de soleil sur les dunes depuis les montagnes

wahiba sands

wahiba sands

mascate et divers

mascate et divers

Le soir on se retrouve dans les dunes de Wahiba avec l’impression d’être seuls au monde, juste entourés de traces de vipères des sables. Le lendemain c’était juste une blague et il y a du monde partout, impossible de se cacher pour la mission matinale. On rejoindra les contrefort du Djebel Akdhar pour explorer des grottes indiquées par Khaled. On rencontre sur place le berger du coin qui nous accueille comme des rois, il nous amène le pas léger jusqu’aux grottes. Juste chaussé de sandales et de la tenu traditionnelle, il vole au dessus des rochers coupant alors qu’on sue et qu’on peine à bien poser nos pieds dans ces éboulis pourris. Le local maîtrise toujours son terrain.

mascate et divers

explo Kamah

explo Kamah

explo Kamah

explo Kamah

Après une visite des grottes avec quelques détails historiques bien intéressant -surtout avec Philippe comme scientifique- on reprend la route de nouveau pour accéder au versant opposé de la montagne. Il ne reste plus qu’un jour avant l’avion et Khaled nous a parlé d’un canyon fraîchement ouvert, la suite pour bientôt!

La bartasse à Oman, c’est sortir des sentiers battus, heureusement avec moins de buissons!

Wadi Tiwi

Notre périple a Oman continu avec un des incontournables du coin, à savoir le wadi Tiwi. On est encore tout heureux de la traversée 7th hole et on commence à bien comprendre la dimension des montagnes omanaises. Tiwi est un canyon plus proche de la randonnée aquatique que du canyon technique arrosé à la Suisse.

Tiwi

L’ampleur change considérablement des randonnées aquatiques d’Europe, où seul un canyon bosniaque peut être comparable en dimension mais avec un engagement plus faible. Je ne parle pas de la randonnée aquatique type Verdon dans un cadre majestueux; mais suivi d’un chemin et bordé de forêt où s’abriter en cas de montée des eaux; mais réellement d’un canyon engagé aux parois de plusieurs centaines de mètres de haut laissant peu de doutes quand aux chances de survie en cas d’orage.

Tiwi

Pourtant au pied de ces immenses parois de calcaire orangé le wadi Tiwi coule doucement, à son rythme et imposant sa tranquillité à ses visiteurs. Ici il ne sera pas possible d’aller vite, d’optimiser ou de gagner du temps. Une petite cascade nécessitera une désescalade suivie d’une longue nage, une courte marche et on recommence.

Tiwi

On a pas eu des conditions optimales pour le faire, trop tôt en saison et avec des combinaisons trop fines. On a eu froid. Un courant d’air descend du plateau et le soleil ne rentre pas dans l’encaissement bien souvent. Malgré tout chaque perspective est magnifique, l’eau est douce dans les bassins avec de nombreuses sources à presque 30°, c’est juste irréel.

Tiwi

Tiwi

Traversée 7th hole => Tahri

C’est un bel objectif qui m’a de suite marqué. Toutes les photos que j’ai vu étaient magnifiques, les comptes-rendus donnaient envie. C’est donc notre programme du second jour d’activité. Le plateau de Selmah est entaillé de plusieurs wadis dont certains ne débouchent pas dans les vallées mais disparaissent dans des gouffres. Sous terre tout afflue dans le collecteur de Tahri qui débouche dans le wadi Fins (voir article précédent) .

wadi fins

plateau de Selmah

plateau de Selmah

La traversée par 7th hole est la plus facile et la plus impressionnante. Près de 250 mètres de puits s’enchaînent avec des dimensions qui laissent pantois. Au fond du dernier puits on voit encore le jour et en laissant les yeux s’habituer on arrive à se déplacer sans éclairage. L’ambiance est magique.

mascate et divers

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

La traversée consiste à suivre la rivière souterraine sèche et on traverse d’abord une immense salle qui se rétrécie doucement. L’ambiance devient plus habituelle avec un canyon aux vasques pleines. S’ensuit une section de grands gours à moitié plein ou vide selon d’où on les regarde qui est la partie difficile de la cavité. Il faut monter et descendre plusieurs fois sur corde fixe, passer des vires et recommencer. Cette partie là n’est pas à sous-estimer pour les personnes peu habituées à la spéléo.

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

La galerie se réduit encore un peu et devient une conduite forcée qui laisse rêveur quand à la pression les jours de crues. Elle collecte d’autres affluents comme Funel avant de s’ouvrir brusquement dans une salle immense où les frontales ont du mal à porter.

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

A cet endroit il est facile de remonter rive droite dans une très grosse galerie qui rejoint une salle à l’atmosphère moite et aux concrétions de toutes beauté.

7th holes => kaft tahri

En suivant le collecteur, on marche pendant plusieurs kilomètres (…) dans une galerie de 80 mètres de diamètre en moyenne seulement interrompue par une ou deux cascades sèches.

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

7th holes => kaft tahri

On imagine la rivière en crue les jours d’orage et l’ambiance incroyable qu’il doit y avoir dans cette grotte. Après un petit col (…), on commence à deviner les lueurs du jour à plusieurs centaines de mètres de distance. Le porche de Tahri arrive avec ses arbres et la grande faille du wadi Fins. Il restera deux bonnes heures pour rentrer à la voiture, dans la nuit et reposer un camp jusqu’au lendemain.

7th holes => kaft tahri

plateau de Selmah

plateau de Selmah
plateau de Selmah

 

Pour organiser notre sortie, je me suis basé sur le site climbing7 qui mérite la visite pour ses articles de qualités! Merci à eux de partager de si beaux endroits qu’on aurait pas visité sans leur travail!

Taab

Premier canyon en Oman pour notre équipe. L’idée est de choisir un parcours modéré, jolie pour « prendre la température ».

En effet j’aime toujours au début d’un voyage comprendre la philosophie des topos vis à vis du terrain et de « sentir » le terrain lui même. La roche est elle glissante? L’eau est elle froide? Les temps de parcours sont ils juste par rapport à notre groupe? Ce premier canyon permet de réguler la suite du voyage vers des itinéraires plus ambitieux ou au contraire de revoir nos programmes à la baisse.

Le premier canyon est aussi un moyen de coordonner l’équipe pour plus d’efficacité ou de modérer si trop pressé. C’est enfin un moyen pour tous de trouver ses marques et son rôle dans l’aventure des jours prochains.

Le premier bivouac avec vu sur Fins et lever de soleil sur le golfe Persique mettait de suite dans l’ambiance. On y était dans les immensités d’Oman.

Le canyon de Taab est bien documenté mais le complexe général du wadi Fins, son autre nom est plus complexe à appréhender. Et c’est dommage de ne pas comprendre l’ensemble parce c’est grandiose.

Le Wadi Fins prend sa source à 1800m sur le Djebel Khadar plus à l’ouest et coule vers le nord-est vers le golfe Persique. Il reçoit à mi-chemin l’affluent considérable de Kaft Tahri qui est l’exutoire de l’immense réseau souterrain de Selmah avec plusieurs rivières souterraines. Deux autres Wadis affluents remarquables arrivent en rive gauche avant un changement de direction vers l’est avant la fin des montagnes et l’arrivée à la mer.

wadi fins

Sur la carte sont indiqué les différentes possibilités et options :

  1. Taab version courte
  2. Taab version longue
  3. Affluent Taab
  4. Wadi Fins => sortie à l’entrée de Taab
  5. 7th Holes => Tahri
  6. Wadi sup => 7Th holes

Il existe beaucoup d’autres possibilités qui ont toutes été expérimentés mais sont soit inintéressantes (sup de Fins) soit franchement dures Arch cave, 3rd windows, Funel => Tahri.

Les classiques sont Taab version courte (1), wadi fins=> Taab (4), 7th holes=> Tahri (5). Le reste est intéressant pour compléter si vous avez le temps.

L’enchaînement wadi sup=>7th holes=>Tahri=>wadi fins=>wadi taab version longue n’a pas été réalisé mais prévoyez au moins 3 jours à gros rythme et une logistique de l’enfer!

Pour l’instant on se contente de la version courte et le lendemain de la traversée 7th holes=> Tahri.

taab canyon

L’entrée du canyon vu du parking sup

taab canyon

Le village abandonné de Taab

taab canyon

La première cascade avec sa vasque piège

taab canyon

Seconde cascade avec l’arrivée de l’eau… à contresens du canyon!

taab canyon

Des tufs et de l’eau claire et douce

taab canyon

Dernier obstacle avant la sortie