Il y a pas de neige mais il y a des idées

Glace et alpinisme alpes maritimes

Cet hiver, je ne travaille plus au magasin de ski habituel parce que ce dernier a fermé juste avant la saison. Je me retrouve un peu le bec dans l’eau en terme de travail mais la contrepartie positive est que j’ai du temps de libre pour faire des aventures montagnardes.

La convergence pour le ski n’est vraiment pas bonne et la neige nous a abandonné pour l’instant. J’ai donc repris la spéléo et l’escalade pour mes loisirs mais je n’ai pas beaucoup de photos souterraines, mon appareil photo m’ayant lâché aussi décidément. Pour l’escalade c’est plus simple, les smartphones actuels comme nos crosscall étant bien efficaces.

L’inconvénient de faire une pause de plusieurs années en escalade est de retrouver des équipiers. J’ai regrimpé avec Lionel à Annot et remis ma copine dans ses chaussons, c’était quand même l’activité de notre rencontre.

De l’escalade sur coinceurs à Annot en peinant à grimper propre dans du 6b et de la glace en couinant dans du 4. Il y a pas à dire mais l’escalade ça fait mal au moral!

Glace et alpinisme alpes maritimes
Glace et alpinisme alpes maritimes Escalades des Alpes maritimes
Escalades des Alpes maritimes Escalades des Alpes maritimes
Escalades des Alpes maritimes Escalades des Alpes maritimes

Il faut savoir se lancer

Il n’y a pas si longtemps que ça je débutais le kayak, le dernier des sports de nature que je ne pratiquais pas. Je jouais déjà bien dans l’eau-vive des canyons mais j’avais peur de trop me perdre avec une nouvelle activité. J’ai pourtant craqué un jour et repris tout l’apprentissage depuis zéro.

Quand j’ai débuté, je n’arrivais pas à pagayer pour aller droit et je tombais dans 20cm d’eau sans comprendre pourquoi au moindre petit remous latéral avec une frustration légitime : à pied je ne galérerais moins! Je n’avais pas peur d’essayer mais la chute était tellement fréquente que je passais plus de temps à vider mon bateau qu’à profiter.

j’observais certaines rivières avec crainte et respect : La Roya, la Vésubie, le Verdon, la Siagne. Le nom de certains rapides me tordait les boyaux rien qu’à m’imaginer dedans, secoué, retourné, cabossé puis éjecté avec de la chance, perdant mon coûteux matériel et nageant pour survivre dans des machines à laver que j’ai appris à éviter toute ma vie en canyon. M’imaginer face au couloir de l’apocalypse, l’avaloir, l’orangina, Les ex-infran, la baigneuse ou triple chute était alors juste inconcevable.

Couloir de lantosque

Premier gros rapide, une sécu en bas et une échappatoire, Seb se lance

Le pire de la région était pour moi le couloir de Lantosque. Un canyon, un vrai avec des falaises lisses, toute la largeur du lit occupé par la rivière sans pouvoir s’échapper et un dénivelé proche de mon activité à corde.

Je m’étais arrêté curieux plusieurs fois en allant canyoner en Vésubie et je voyais ces rapides terribles sous les trois ponts routiers. Je m’imaginais tomber dès le départ du premier et taper ensuite tous les rochers sur près de 500 mètres en guise de punition pour avoir été prétentieux.

Durant trois ans j’ai pratiqué toutes les semaines. Habiter au bord d’une rivière aidant. J’ai alterné mon boulot en canyon, mon boulot à réparer des skis, mes sorties en montagne avec des séances frustrantes consistant à s’arrêter et repartir depuis n’importe quel endroit sur une rivière, m’imaginer des parcours autour de tel ou tel cailloux, gérer mes équipiers qui eux aussi se sont lancés et les aider dans la même quête à garder la tête hors de l’eau plus de quelques centaine de mètres.

J’ai rencontré quelques nouveaux équipiers sensiblement du même niveau et comme je l’ai vécu en escalade, ski de rando, skate ou spéléo, on a commencé à faire des sorties plus dures ensemble et à se soutenir. J’ai vaincu l’apocalypse avec François, j’ai franchi la baigneuse sans me baigner avec Julie, J’ai slalomé l’Orangina avec Laurent et finalement un jour de janvier Seb propose une sortie sur la Vésubie en étiage et je lance : « on pourrait tenter le couloir ». Mes équipiers ont tous pris quelques secondes avant de répondre : « pourquoi pas »

Nous voilà donc un jour de janvier avec du givre sur les arbres, de la glace sur les rochers et de la brume pour nous accueillir. Pas de quoi fantasmer. On s’équipe tant bien que mal et très vite on renonce au couloir proprement dit pour s’arrêter peu avant. L’ambiance est trop glauque. On embarque à Roquebillière et chacun descend selon son propre style. Seb bien déterminé, Thierry engrange de l’expérience et moi je teste le potentiel de ma nouvelle pagaie avec moults appels et appuis.

Comme bien souvent, j’ai tendance à en vouloir un peu plus, on pousse donc jusqu’au premier rapide et surtout au dernier chemin de remontée pensant s’arrêter là. On repère le rapide et on décide de le tenter. Seb et moi passons proprement, Thierry est déséquilibré, il esquimaute sans difficulté puis débarque. Thierry nous propose de nous faire la navette. On hésite un moment puis merde faut bien se lancer un jour.

Couloir de Lantosque

troisième gros rapide, la ligne est compliquée à tenir, les blocs cachés percutent et déstabilisent le bateau

J’adore cette sensation de boule au ventre avant de faire quelque-chose pour lequel je me suis préparé mais sans jamais l’avoir réalisé. Me demande si les efforts auront été suffisant ou pas. Ça me rappelle ma première compétition de boardercross, la descente du Trummelbach, mon premier vrai couloir à ski, ma première belle ouverture en Albanie. Puis viens l’instant où l’action se fait, ce cours instant  où le temps est arrêté, suit l’enchaînement presque facile tant les gestes viennent naturellement au moment voulu.

Couloir de lantosque

L’envol au niveau d’un beau seuil, la sortie du rapide est encore loin

Et enfin le bilan : c’est passé comme espéré, il fallait y croire et se donner les moyens.

Maintenant reste à engranger de l’expérience. Comme pour toutes les autres activités le risque est l’excès de confiance qui se paye autant physiquement que moralement, il faut rester humble et savoir renoncer, savoir détecter les signes, comprendre le contexte qui fait que l’erreur arrive.

La prochaine nouvelle rivière sera la jonction logique entre le canyon et le kayak : la clue de la Cerise. Mais même si je sais qu’elle sera aussi difficile, pour moi ma bête noire a été caressée, c’était ce foutu couloir de Lantosque.

Photos par Seb A.

Couloir de Lantosque

Les plus grosses difficultés sont passées, mais il faut rester vigilant, ce n’est qu’à la voiture que la session est finie!

Canyonisme au Maroc

Courant novembre mon équipier François m’appelle et me dit que les billets d’avion pour le Maroc sont au plus bas et que c’est le bon moment pour une aventure. D’autant plus qu’on bénéficie d’un transport maritimes puis terrestre pour nos bagages lourds et qu’on peut partir léger. J’ai pas de travail pour le moment alors zou, allons découvrir.

Il n’y avait pas vraiment de programme à part débarquer à Fes, récupérer la voiture de location et poser mon équipier à Erfoud avant de reprendre l’avion. On a imaginé un trajet descendant par Ifrane, Midelt, Beni Mellal avant de rentrer plein sud dans le haut Atlas vers Zaouit Ansahal. Passer à Imi’n’warn puis descendre au sud vers Ourzazate, Dadès puis Erfoud, Rissani. Forcément j’ai pas pu m’empêcher de regarder google earth et de voir plein de canyons par satellite sans la moindre information.

médina de fes médina de fes

Ifrane Maroc

ifrane benimellal

merzouga merzouga

Maroc merzouga

merzouga Maroc

Maroc Maroc

Avant de parler canyon, je voudrais parler de mon ressenti sur le pays. J’ai pas mal voyagé en Europe et en Amérique du nord, c’était donc la première fois que je mettais les pieds au Maghreb et en Afrique. J’ai déjà vu la pauvreté, j’ai été proche de zones de conflits que ce soit en Albanie/Kosovo ou en Ossétie/Tchéchénie ou en Bosnie. Pourtant en arrivant au Maroc et durant une bonne partie du voyage j’ai ressenti une forme de malaise. La culture marocaine est basée sur l’hospitalité, pourtant le lien à l’argent et à l’image de l’européen occidental n’est jamais loin. A juste titre, quelques dirhams pour nous ne représentent rien, mais changent pas mal de choses pour les locaux.  On est constamment en interaction, toujours dans un but de vente. Jamais on arrive à se mettre à un croisement, prendre la carte et se laisser porter par ses envies sans qu’une personne vienne proposer de vous conduire au restaurant ou à l’hotel ou au marchant de tapis du coin. Je ne parle pas de s’arrêter pisser au bord de la route en plein nulle part où on a pas le temps de finir la petite affaire qu’un gars est déjà arrivé en courant pour vendre des cailloux.

médina de fes médina de fes

Maroc

François connait ces us et coutumes et y est habitué. Il travaille assez fréquemment sur place. Il m’a servi de guide dans les relations locales bien souvent. Je conseille vraiment d’y aller avec quelqu’un qui sait à quoi s’attendre, encore mieux si c’est un marocain que vous connaissez, là la condition du touriste s’atténuera et vous deviendrez peut-être un voyageur.

Dernière chose avant de parler canyon : la sécurité.

J’écris cet article trois jours après l’assassinat des deux touristes scandinaves. A une dizaine de jours près on les croisait dans l’Atlas. Ce n’est pas évident d’être totalement objectif en étant touché par cette tragédie. Pour moi ce pays n’est pas plus dangereux qu’un autre mais donne une drôle d’impression liée à mon paragraphe précédent. Pourtant la probabilité d’une mauvaise rencontre est la même que chez nous. Vous allez rencontrer des enfants, des femmes, des agriculteurs, des bergers, des marchands, des vieillards, des gens riches, des gens pauvres. Comme chez nous quoi.

La Gendarmerie royale est très présente, tout comme l’armée et dégage une certaine crainte. Les vols sont peut être même moins fréquents que dans nos grosses agglomérations françaises. A aucun moment on s’est inquiété pour notre matériel. Pourtant un autre culture est présente avec ses spécificités, ce sera vous l’étranger. De votre comportement dépendra celui de l’autre. Comme partout en fait.

Maroc

Maroc

Le canyonisme au Maroc Quand j’ai commencé à chercher des idées, j’ai posé la question à google.

  1. Premier constat, deux ou trois professionnels travaillent le pays. Cool je suis pro aussi, je vais leur poser des questions de confrère à confrère : choux blanc pas choukran, dommage. Julien, un collègue français m’aide bien plus, merci à lui.
  2. Seconde référence : descente-canyon.com et là il n’y a pas grand chose. Les sites collaboratifs marchent mieux pour les canyons d’intérêt relatif en France que pour les canyons d’aventures à l’étranger.
  3. Bref on revient sur les bonnes bases : google earth et là vu du ciel, il semble y avoir pas mal de choses mais avec deux problématique de base. L’échelle et les accès. Le pays est immense et il faut vraiment zoomer fort pour voir quoi que ce soit. Et quand forcément on trouve quelque-chose vu qu’il y a des canyons partout, on réalise que c’est pas du tout facile d’accès.

 

 

Très vite je comprends qu’il ne va pas falloir être tout feu tout flamme et qu’on va mélanger balade dans le pays et se poser sur certains sites et optimiser l’activité canyon.

Premier secteur la vallée de l’Ahansal vers Bin el Ouidane. bin el ouidane

la cathedrale Maroc

Maroc Maroc

Maroc Maroc

On commence avec du clé en main avec un canyon décrit sur descente-canyon.com et un autre conseillé par mon confrère verdonien le même jour dans les environs de Bin el Ouidane. Les précipitations récentes ont tout mis en eau et on se régale. L’équipement est même très bon. On dort au gite de la cathédrale où on y rencontre Moha. Ce canyoniste est formé par des guides français qui mettent en place aussi un cursus de formation au niveau de l’état.

On discute quelques temps et les objectifs les plus pertinents ne sont pas en conditions. Il reste d’autres canyons mais notre interlocuteur reste flou sur leur localisation et l’intérêt. Bref on a un pays à visiter alors on reprend la route.

Cette vallée reste en tous cas un spot fabuleux d’escalade, d’eau vive, de randonnée et de canyon. Il y a de quoi y rester une bonne semaine. Le plus dur étant d’avoir les bonnes infos…

Maroc

On reprends la route dans le haut Atlas, on traverses de nombreux villages et des paysages à couper le souffle. On s’arrêtera au village de Megdaz où on passera du temps à discuter avec des médecins français qui s’occupent du dispensaire. Rien n’est rose encore au Maroc et c’est pas près d’évoluer. C’est beau de voir cet investissement humain et conforte quelques idées d’humanisme. On finit par arriver sur un des autres objectifs du voyage, au sud et plus au chaud. La vallée de Dadès.

haut atlas

haut atlas haut atlas

magdaz

Second secteur la vallée de Dadès vers Tinghir.

Dadès a un coté étrange entre ces villages où le temps ne s’est pas écoulé et ces hôtels qui poussent comme des champignons à quelques mètres les un des autres. Pourtant il y a de quoi y passer un bon moment et j’ai ressenti une plus grande facilité aux rencontres. On a descendu cinq canyons voir plus selon la définition du mot. Le potentiel est énorme mais beaucoup de choses ont là aussi été faites.

Comme les informations n’existaient pas, j’ai mis pas mal de choses à jour sur descente-canyon.com. L’équipement est beaucoup moins bon que dans l’Ahansal. Variant du rien du tout qui est potentiellement une ouverture, aux points coupés, volés ou franchement pourris avec de temps en temps un ancrage surdimensionné. Certaines approches sont bien musclées voir nécessitent un accompagnement avec des locaux et des mules ce qui peut générer de grands moments de partages.

Maroc

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Le terrain d’aventure en canyon

Au Maroc ce terme reprend son sens autant dans l’approche, la descente que le retour. Il faudra user de vos capacité de navigation en montagne ou milieu désertique avec des cartes plus ou moins justes. Il faudra surtout avoir une paire de jumelles et compter sur votre instinct pour trouver les passes idéales.

Dans les canyons le débit posera rarement problème, le manque d’équipement déjà plus. Il faudra soit partir lourd avec perforateur et points soit imaginer des stratagèmes pour franchir les cascades avec l’équipement que vous aurez.

La créativité prime alors, tout en devant être irréprochable en terme de sécurité vu qu’il n’y a pas de secours sur place. Il faut regarder si une lunule existe, si un crochetage quelconque est possible. Construire des corps morts ou passer la corde autour d’une formation rocheuse.

Maroc

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J’en profite pour faire un peu de publicité. Si vous êtes intéressé pour apprendre des techniques du genre j’en propose en formation. 

Bref le Maroc…

Une belle terre à découvrir. Sur laquelle il faudra prendre votre temps, chercher la bonne rencontre, rester dans un endroit pour découvrir ses secrets. Une terre d’aventure humaine et sportive. Un endroit où vous serez l’étranger, allez y!

J’ai testé pour vous le canyon indoor

Alors je vous arrête de suite, c’est pas vrai. Je ne l’ai pas testé pour vous! J’y ai juste travaillé quelques jours vu que c’est quand même une part de mon travail à la base. Par contre je souhaite réellement écrire sur ce sujet.

Du canyon indoor quésaco? c’est où? 

Le premier canyon artificiel est né à Argelès. Il s’agit d’une structure métallique sur laquelle on a formé un paysage sculpté en polystyrène et recouvert de béton projeté. Des pompes alimentent des cascades qui chutent dans des bassins profonds et réguliers. Des escaliers permettent de remonter aisément au départ de l’obstacle afin de profiter d’un nouveau franchissement.

A saint Martin de Vésubie a été construit le second canyon artificiel mais celui ci a été intégré dans un énorme complexe avec salle d’escalade, SPA, piscine et autre activité de montagne, le tout en intérieur.

vésubia moutain parc

Est ce bien du canyon? 

Alors ma réponse est oui, franchement. On enlève tout le milieu naturel, sa beauté et ses risques inhérents comme les crues ou chutes de pierres mais on garde exactement les même franchissements avec aussi les même risques inhérents comme les sauts loupés ou les toboggans mal réceptionnés. On saute de 1 à 6 mètres. On glisse de 3 à 5 mètres avec des toboggans éjectables. On fait des rappels de plusieurs hauteurs plus ou moins arrosés.

On peut très facilement comparer un encadrement au vésubia à la descente du Jabron dans le Verdon. Ce n’est pas un parc d’attraction mais bel et bien une structure artificielle de canyon. On y aborde l’activité avec les même valeurs : la prudence, le dépassement de soi et le ludique. Certains ont peur, pour d’autres ce n’est pas suffisant, exactement comme en extérieur. Le chlore en plus, la nature en moins.

vésubia moutain parc

Comment ça se passe? 

L’organisation est exactement la même que si vous appeliez un professionnel pour faire du canyon classique. Le gestionnaire est l’UCPA Vésubia mountain parc. Il y a des planning et des créneaux libres ou pas. Si les disponibilités tombent en même temps que les vôtres, vous réservez et vous avez le lieu et l’heure de rendez vous. Comme en extérieur vous vous changez et finissez en maillot de bain. Equipement du groupe avec le guide présent qui vous explique comment enfiler une combinaison, un baudrier et un casque. Briefing comme avant un canyon naturel puis activité. Seule les marches d’approches et de retour sont réduites au néant, pour le reste vous avez une heure d’activité bien intense.

Combien ça coûte? 

Le prix d’une sortie est d’environ 25 euros. Ça peut sembler cher à certains ou pas cher pour d’autres, le prix est très cohérent avec le canyon naturel. C’est deux à trois fois moins cher mais le temps d’activité est divisé par deux à trois aussi.

Est ce que les clients s’amusent? 

Comme des petits fous. De manière assez surprenantes, les canyonistes en herbe ( plastique) sont assez impressionnés par l’ampleur des obstacles. Ce n’est pas vraiment un canyon débutant mais plutôt déjà avancé. L’avantage est de pouvoir contourner chaque franchissements. L’inconvénient est de n’avoir que deux rappels pour le faire. Les « non » sauteurs seront vite frustrés à prendre les escaliers.

Est ce que les clients apprennent des choses? 

L’apport pédagogique est plus limité car il se limite exclusivement aux sauts et aux rappels. La même chose qu’en extérieur vous me direz, mais là la marge de manœuvre est plus réduite. Il peut malgré tout vite devenir un entrainement au saut parfaitement exécuté afin de se voir offrir la possibilité de monter à l’étage du dessus. Pour la possibilité de s’équiper en rappel, d’équiper le rappel, de compter les truites, c’est pas tant possible…

vésubia moutain parc

Est ce que les clients iront faire du canyon en milieu naturel?

J’espère vraiment que les visiteurs verront leur curiosité éveillée et leur peur rassurée et découvriront avec un moniteur les sublimes canyons des Alpes Maritimes ensuite. Il vaut mieux pour eux parce que contrairement à l’escalade qui se pratique facilement en salle, il n’y a qu’un seul canyon au monde en intérieur.

J’ai quand même souvent ressenti que de nombreux pratiquants n’étaient pas attirés par l’activité naturelle. Une personne m’ayant posé la question de savoir si ça existait!! Et forcément que ça devait être dangereux… Il reste du travail à faire pour éduquer.

Et pour le guide comment c’est? 

Bah oui bonne question. Et pour bosser c’est comment? Au premier abord c’est extrêmement confortable. vestiaire juste en face de la piscine finale, non obligation de faire les obstacles, départ de cascade confortable, température constante, possibilité de travailler même sous la plus grosse neige. Les clients sont accueillis et briefés par les hôtesses de caisse et arrivent quasiment prêt.

En fait assez rapidement s’installe la répétition des rotations et la baisse d’attention à répéter les même consignes millimétrées. Surtout que les chutes d’eau sont très bruyantes. La variété d’approche pédagogique qu’on effectue en extérieur dans un même canyon n’est pas possible là où il manque la nature. Tout les groupes se ressemblent et tristement le soir on ne se souvient plus des visages.

Il est vraiment important de mon avis d’avoir une rotation fréquente des moniteurs afin de garder une grosse motivation et d’éviter l’accident de fatigue dû à la baisse de vigilance.

Faut il renouveler l’idée? 

Assurément. Des structures du genre auraient leur sens dans les grandes mégapoles comme Marseille, Lyon, Grenoble ou Paris. Mais aussi en montagne péri-urbaine histoire de désaisonnaliser les activités. Le défi financier de faire vivre une telle structure semble compliqué, le remboursement hypothétique, mais il est surement possible d’imaginer à terme un développement du canyon « fitness », le soir après le boulot comme l’est devenu l’escalade. Affaire à suivre!

Visions d’automne

Cette semaine j’ai participé à mon premier recyclage de mon diplôme. Ça fait déjà 6 ans que je travaille. Que le temps passe vite!

Sur la route des Hautes Alpes il y a quelques beaux points de vue. Les derniers de ce genre avant la neige du WE prochain qui va blanchir tout ça.
col de la bonette col de la bonettecol de la bonettecol de la bonettecol de la bonettecol de la bonettecol de la bonettecol de la bonette

Balade aux lacs des Lignins

randonnée spéléo lacs des lignins

Ce WE il y avait exploration aux Lignins. Je rejoins la joyeuse équipe des spéléos des Chamois qui a laissé la grotte « d’en bas » afin de se concentrer sur l’origine de l’eau, tout en haut aux lignins et dans une des nombreuses pertes.

On monte par la baisse de l’Orgeat, merci à l’ONF pour nous permettre de prendre ce passage qui raccourci franchement l’accès. Raccourci okay, mais il faut quand même deux heures pour y aller. On est pas dans l’endroit le plus isolé des Alpes pour rien.

La montée se passe par le plateau de pisse-en-l’air puis traverse vers la baisse de travers (on l’a pas inventé celle là) avant de redescendre dans le vallon du Carton.

La perturbation arrivant donne des jeux de lumière extraordinaires. Avec des paysages allant des plateau d’Ecosse ou d’Islande ou de Norvège. J’arrive au refuge à la tombée de la nuit et retrouve mes équipiers de spéléo pour une petite soirée bien sympa.

randonnée spéléo lacs des ligninsrandonnée spéléo lacs des ligninsrandonnée spéléo lacs des lignins

Je passe la nuit dans ma tente au pied du grand coyer. Le vent souffle assez fort mais ce coup ci j’ai bien arrimé l’ensemble. Par contre j’ai été optimiste sur le duvet et j’ai quand même pas bien chaud. La pluie commence vers 5 heures du matin et vu l’ambiance je me dis que la neige ne doit pas être bien loin.

Le réveil se fait avec une lumière irréelle avec le soleil s’engouffrant sous la perturbation.

randonnée spéléo lacs des lignins

Deux heures après le paysage a changé d’ambiance. On est trempé jusqu’à l’os. On est allé rentrer le matériel à la grotte et la pluie-neige ne nous a pas loupé.

randonnée spéléo lacs des lignins

On rentre tranquillement ensuite avec des paysages toujours aussi grandioses.

randonnée spéléo lacs des ligninsrandonnée spéléo lacs des ligninsrandonnée spéléo lacs des lignins