Rio (pas) Sec

Rio sec En eau après les pluies

En voilà une belle sortie canyon de début de saison. Le ciel s’est enfin décidé à donner un peu d’eau avec un bel épisode de pluie et des crues un peu partout. Deux jours de mitigé et il est temps d’aller à Rio Sec.

Rio sec En eau après les pluies

Rio Sec est un canyon qui est souvent sec comme son nom l’indique. Il est pourtant très creusé et sculpté. surement plus marqué encore que Imberguet ou Bagnolar.

En regardant les vue aérienne sur géoportail, on devine assez facilement que le vallon de Carbonière situé au nord ouest a possiblement mangé le bassin versant du Rio Sec, le privant de son alimentation en eau. Il subsiste néanmoins un filet d’eau au départ en permanence, alimenté par la station d’épuration d’Utelle. Miam-miam.

Rio sec En eau après les pluies

La partie haute de ce canyon se met assez facilement en eau, comme Bagnolar et s’arrête à mi chemin. On a décidé de ne faire que l’amont, l’aval quand à lui ne coule que très rarement lors des très grosses pluies.

Rio sec En eau après les pluies

On avait décidé de faire ce canyon un dimanche matin. Seul jour où je pouvais réunir quelques équipiers et seul jour où la pluie était sensée faire une pause. On est rentré sous un rayon de soleil naissant, on a fait le canyon sous une pluie bien froide.

Rio sec En eau après les pluies Rio sec En eau après les pluies

On a constaté que les mains-courantes de Rio-Sec amont sont en très mauvais état. On reviendra surement bientôt les couper mais sans les remplacer. il est plus logique de parcourir la partie amont de ce canyon dans l’eau et pas en évitant tous les bassins comme dans l’aval où c’est plus logique.

Rio sec En eau après les pluies Rio sec En eau après les pluies

En tous cas ce canyon est aussi beau que dans mes souvenirs, technique, continu, bien creusé. Il ne manquait plus que le rayon de soleil.

Rio sec En eau après les pluies Rio sec En eau après les pluies

Rio sec En eau après les pluies

Couloir sud de Rogué ou le cirque de Salèse

Avec près d’un mois de retard, quelques photos du couloir sud de Rogué.

On est monté en février avec Morgan faire une balade vers Salèze au Boréon. Comme chaque week end, la fréquentation augmente un peu plus et le départ est un peu inquiétant si on aime pratiquer tranquille. C’est une bonne centaine de personnes qui montent vers Salèse. Au fur et à mesure les groupes s’étalent sur des itinéraires différents mais il y a toujours du monde partout. On entend même un groupe monter avec des enceintes blutooth dans le sac. La montagne change, on y peut rien et publier des articles ne va pas aider à la confidentialité. C’est un sacré cirque tout ça quand même.

Au niveau du lac de Frémaforte, on bifurque à droite et on récupère une ancienne trace. Derrière nous, plusieurs groupes nous partent derrière, pensant qu’on a un coin de poudre secret à tracer alors qu’on est pas vraiment sur de notre coup.

Cime de Rogué

On arrive au sommet juste avant un bon groupe d’une dizaine, bien sympathiques, mais pour manger peinard on oubliera. Au moment de partir, le groupe nous regarde dubitatif partir plein sud au dessus des barres avec une question « mais vous savez où vous aller« ? A vrai dire je sais où je veux aller mais pas si ça va aller. Au pire, on remet les peaux et on remonte ou on bascule sur un autre itinéraire. On a une certaine expérience qui nous permet d’aller sensiblement où on veut sans suivre les topos à la lettre près.

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On arrive vite à un col où on doit porter un peu pour désescalader. On se retrouve sur une selle avec un couloir nord facile et un couloir sud plus raide mais pas dur non plus. Le couloir sud semble parfait, on bascule et on se gave pendant 400 mètres de dénivelé avec une vue sublime, seuls et en inventant notre itinéraire.

Arrivé au cirque (géologique celui là) de Naucette, je propose à mon équipier de remonter à la cime de la Lèche par un couloir assez court mais il a la flemme et préfère descendre. On est rejoint par un skieur qui visiblement pense que l’on sait où on va alors que non.

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Cime de Rogué Cime de Rogué

IMG_20190209_134058 Cime de Rogué

IMG_20190209_134233 Cime de Rogué

Premier fourvoyage on est descendu trop bas et on se tape un petit contournement de Chalanche pour récupérer le chemin. Second imprévu, la neige transforme vite et c’est de la soupe bien dégueulasse. On touche pas mal. Dommage pour les skis neufs de Momo. On fini par trouver un chemin de rando pas très skiable mais utilisable pour du ski de combat jusqu’à la piste de Salèze. Notre équipier improvisé doit bien se demander quel genre de phénomènes on fait.

On aurait dû remonter à la Lèche, la crête de descente semblait bien plus propre…

Canalone et Strudel

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Cette année le ski dans les alpes maritimes aura ressemblé à ça : du portage, un peu de neige et de la douceur.

Du coup on a misé sur les dolomites pour notre petit trip de printemps. Avec les mètres de neige tombés en Autriche, on était sûr de faire le plein. Sauf que les Dolomites c’est pas l’Autriche et que même si 20 kilomètres séparent ces deux massifs, on se croirait encore une fois à la maison : C’est bien sec!

Bon là en face nord à presque 3000 ça va bien

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On a fait quelques courses classiques autour de Cortina, principalement dans le massif du Cristallo et improvisé quelques une sans topos qui s’avéraient être aussi des classiques.

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A moins que le ski dans les Dolomites soit tellement démocratisé que même dans des couloirs pareils, près de 100 personnes passent par WE!!

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En tous cas on en aura pris plein les yeux

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C’est pas Paupiette qui dira le contraire

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On aura même fait quelques bidouilles du genre Alpi-ski-Viaferrata-Rappel-Ski

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On aura pas eu de la super neige, les skis ont touché par moment

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Mais on va pas se plaindre, c’était plus majeur que ce qu’on a fait toute la saison!

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On a même fait un peu de Via ferrata. Ici on voit mieux que c’est sec.

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Vivement l’hiver prochain!

Moi aussi je me perfectionne

Durant ce mois de mars, j’ai profité pour rajouter une corde à mon arc, celle de cordiste. Qu’est ce qu’un cordiste? C’est un travailleur qui utilise les cordes pour accéder à son lieu de travail. Un peu comme ce que je faisais déjà avec mon DEJEPS canyon sauf que cette fois ci ça dépend du ministère du travail et plus de celui du sport.

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Bah oui ça travaille là

Quelles différences alors? déjà la première est la redondance. Là où on s’autorise une seule longe en canyon, il en faut deux en industrie. Là où on utilise qu’un seul brin en cascade, en Accro il en faut deux. En effet, la possibilité de voir son matériel endommagé dans le travail est bien plus grande qu’en sport où on utilise ni produit chimique, ni disqueuse et surtout on y passe moins d’heures.

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Le matériel a quelques spécificités aussi, on n’utilise plus forcément un grigri mais on utilise un RIG, les baudriers sont plus enveloppant, il y a un système antichute annexe à gérer.

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J’ai acquis quelques compétences en plus sur corde. Comme dirait mes formateurs, une discipline complète l’autre. Avec quelques idées à proposer dans mes prochains stages.

Concernant les travaux sur cordes exclusivement, je mûris un projet pour les mois prochains pour compléter mon activité canyon. Wait and see.

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Il y a pas de neige mais il y a des idées

Glace et alpinisme alpes maritimes

Cet hiver, je ne travaille plus au magasin de ski habituel parce que ce dernier a fermé juste avant la saison. Je me retrouve un peu le bec dans l’eau en terme de travail mais la contrepartie positive est que j’ai du temps de libre pour faire des aventures montagnardes.

La convergence pour le ski n’est vraiment pas bonne et la neige nous a abandonné pour l’instant. J’ai donc repris la spéléo et l’escalade pour mes loisirs mais je n’ai pas beaucoup de photos souterraines, mon appareil photo m’ayant lâché aussi décidément. Pour l’escalade c’est plus simple, les smartphones actuels comme nos crosscall étant bien efficaces.

L’inconvénient de faire une pause de plusieurs années en escalade est de retrouver des équipiers. J’ai regrimpé avec Lionel à Annot et remis ma copine dans ses chaussons, c’était quand même l’activité de notre rencontre.

De l’escalade sur coinceurs à Annot en peinant à grimper propre dans du 6b et de la glace en couinant dans du 4. Il y a pas à dire mais l’escalade ça fait mal au moral!

Glace et alpinisme alpes maritimes
Glace et alpinisme alpes maritimes Escalades des Alpes maritimes
Escalades des Alpes maritimes Escalades des Alpes maritimes
Escalades des Alpes maritimes Escalades des Alpes maritimes

Il faut savoir se lancer

Il n’y a pas si longtemps que ça je débutais le kayak, le dernier des sports de nature que je ne pratiquais pas. Je jouais déjà bien dans l’eau-vive des canyons mais j’avais peur de trop me perdre avec une nouvelle activité. J’ai pourtant craqué un jour et repris tout l’apprentissage depuis zéro.

Quand j’ai débuté, je n’arrivais pas à pagayer pour aller droit et je tombais dans 20cm d’eau sans comprendre pourquoi au moindre petit remous latéral avec une frustration légitime : à pied je ne galérerais moins! Je n’avais pas peur d’essayer mais la chute était tellement fréquente que je passais plus de temps à vider mon bateau qu’à profiter.

j’observais certaines rivières avec crainte et respect : La Roya, la Vésubie, le Verdon, la Siagne. Le nom de certains rapides me tordait les boyaux rien qu’à m’imaginer dedans, secoué, retourné, cabossé puis éjecté avec de la chance, perdant mon coûteux matériel et nageant pour survivre dans des machines à laver que j’ai appris à éviter toute ma vie en canyon. M’imaginer face au couloir de l’apocalypse, l’avaloir, l’orangina, Les ex-infran, la baigneuse ou triple chute était alors juste inconcevable.

Couloir de lantosque

Premier gros rapide, une sécu en bas et une échappatoire, Seb se lance

Le pire de la région était pour moi le couloir de Lantosque. Un canyon, un vrai avec des falaises lisses, toute la largeur du lit occupé par la rivière sans pouvoir s’échapper et un dénivelé proche de mon activité à corde.

Je m’étais arrêté curieux plusieurs fois en allant canyoner en Vésubie et je voyais ces rapides terribles sous les trois ponts routiers. Je m’imaginais tomber dès le départ du premier et taper ensuite tous les rochers sur près de 500 mètres en guise de punition pour avoir été prétentieux.

Durant trois ans j’ai pratiqué toutes les semaines. Habiter au bord d’une rivière aidant. J’ai alterné mon boulot en canyon, mon boulot à réparer des skis, mes sorties en montagne avec des séances frustrantes consistant à s’arrêter et repartir depuis n’importe quel endroit sur une rivière, m’imaginer des parcours autour de tel ou tel cailloux, gérer mes équipiers qui eux aussi se sont lancés et les aider dans la même quête à garder la tête hors de l’eau plus de quelques centaine de mètres.

J’ai rencontré quelques nouveaux équipiers sensiblement du même niveau et comme je l’ai vécu en escalade, ski de rando, skate ou spéléo, on a commencé à faire des sorties plus dures ensemble et à se soutenir. J’ai vaincu l’apocalypse avec François, j’ai franchi la baigneuse sans me baigner avec Julie, J’ai slalomé l’Orangina avec Laurent et finalement un jour de janvier Seb propose une sortie sur la Vésubie en étiage et je lance : « on pourrait tenter le couloir ». Mes équipiers ont tous pris quelques secondes avant de répondre : « pourquoi pas »

Nous voilà donc un jour de janvier avec du givre sur les arbres, de la glace sur les rochers et de la brume pour nous accueillir. Pas de quoi fantasmer. On s’équipe tant bien que mal et très vite on renonce au couloir proprement dit pour s’arrêter peu avant. L’ambiance est trop glauque. On embarque à Roquebillière et chacun descend selon son propre style. Seb bien déterminé, Thierry engrange de l’expérience et moi je teste le potentiel de ma nouvelle pagaie avec moults appels et appuis.

Comme bien souvent, j’ai tendance à en vouloir un peu plus, on pousse donc jusqu’au premier rapide et surtout au dernier chemin de remontée pensant s’arrêter là. On repère le rapide et on décide de le tenter. Seb et moi passons proprement, Thierry est déséquilibré, il esquimaute sans difficulté puis débarque. Thierry nous propose de nous faire la navette. On hésite un moment puis merde faut bien se lancer un jour.

Couloir de Lantosque

troisième gros rapide, la ligne est compliquée à tenir, les blocs cachés percutent et déstabilisent le bateau

J’adore cette sensation de boule au ventre avant de faire quelque-chose pour lequel je me suis préparé mais sans jamais l’avoir réalisé. Me demande si les efforts auront été suffisant ou pas. Ça me rappelle ma première compétition de boardercross, la descente du Trummelbach, mon premier vrai couloir à ski, ma première belle ouverture en Albanie. Puis viens l’instant où l’action se fait, ce cours instant  où le temps est arrêté, suit l’enchaînement presque facile tant les gestes viennent naturellement au moment voulu.

Couloir de lantosque

L’envol au niveau d’un beau seuil, la sortie du rapide est encore loin

Et enfin le bilan : c’est passé comme espéré, il fallait y croire et se donner les moyens.

Maintenant reste à engranger de l’expérience. Comme pour toutes les autres activités le risque est l’excès de confiance qui se paye autant physiquement que moralement, il faut rester humble et savoir renoncer, savoir détecter les signes, comprendre le contexte qui fait que l’erreur arrive.

La prochaine nouvelle rivière sera la jonction logique entre le canyon et le kayak : la clue de la Cerise. Mais même si je sais qu’elle sera aussi difficile, pour moi ma bête noire a été caressée, c’était ce foutu couloir de Lantosque.

Photos par Seb A.

Couloir de Lantosque

Les plus grosses difficultés sont passées, mais il faut rester vigilant, ce n’est qu’à la voiture que la session est finie!