[Maglia] Et si c’était déjà arrivé?

Quel est donc ce titre putaclic digne de gala ou paris-match? Hier en faisant mes montages, j’avais pas vu certains détails mais après plusieurs visionnages, ce sont plus que des détails que je vois maintenant mais littéralement des indices. Et si la Maglia qu’ont connu les ouvreurs dans les années avait déjà connu une crue récente?

Indice numéro 1 : la terrasse alluviale de départ

départ 1

On y est passé des dizaines de fois, mais en fait cette petite zone de forêt était constituée de galets et rochers charriés par les crues. Les arbres qui poussent dessus et qui ont résistés à la crue de 2020 ont une cinquantaine d’années mais pas beaucoup plus.

Il est donc possible que cette terrasse ait été posé il y a une cinquantaine d’année.

Indice numéro 2 : l’arasement  de végétation

saut 3 m

Le regard est attiré par les blocs coincés qui ont sauté. Ces même blocs qui siphonnaient il y a deux ans d’ailleurs. Mais si on regarde le niveau de la végétation, les crues passées montaient fréquemment à une hauteur similaire, donc finalement l’ampleur de cette crue n’a peut être rien d’extraordinaire. Seul sa charge en sédiments est nouvelle et encore peut être pas tant que ça =>

Indice 3 les blocs qui ont disparus

ca saute pas analyse

Gros changement morphologique ici, mais peut être pas si vieux que ça non plus. En fait toute cette zone était comblée par des rochers dont certains étaient saillants. Ils ne sont donc pas venu dans une crue mais ils sont tombés du ciel. Les blocs s’arrondissent assez vite au contact de l’eau (d’ailleurs ça mériterait une étude à part entière). Hypothèse : ces blocs auraient pu tomber lors de la création de la route en 1950?? On serait revenu à une configuration naturelle du lit.

Indice 4 le barrage

barrage analyse

On devine que le barrage de la Maglia, qui au passage retient beaucoup de sédiments en amont, avait déjà été détruit par une crue. Celle de 2020 est exceptionnelle mais n’a pas modifié la construction alors que la crue précédente oui. Il y a donc eu une crue plus puissante encore entre la date de construction du barrage et la découverte du canyon. Des clients m’avaient évoqué que le barrage aurait été construit sous Mussolini. Il y a donc une temporalité à tenter.

Hypothèse temporelle

  1. Cours d’eau d’origine
  2. Création de la prise d’eau début 1900?
  3. Crue d’ampleur dégradant le premier barrage
  4. création du barrage actuel 1930?
  5. crue dégradant le barrage actuel, dépôt de la terrasse alluviale?
  6. création de la route avec comblement du canyon 1950?
  7. découverte du canyon 1980?
  8. crue débourrant le comblement 2020
  9. évolution vers un nouveau désengravement?

Tout ceci est une hypothèse qu’il faudrait démontrer/démonter mais pour moi la Maglia a pris au moins 3 crues marquantes au cours des 100 dernières années suivi de période de creusement. La dernière ne déroge pas à la règle avec un creusement et plusieurs comblements.

Edit : Les locaux m’ont parlé d’une crue remarquable en 1926. Celle qui aurait dégradé le premier barrage?

La question maintenant est combien de temps avant de retrouver un canyon ludique?

Etat des lieux des canyons du 06

2020 est une sacré année. Une pandémie, deux confinements, des attentats, des guerres, des milliers de personnes perdant leur avenir et une tempête, Alex. 

Le 02 octobre, alors que la Méditerranée est bien chaude, une goutte froide se forme sur le continent. La première perturbation venue aurait déjà pu donner un résultat explosif mais la conjonction de nombreux éléments climatiques allaient faire rentrer cette date comme historique. De nombreuses personnes la considèrent déjà comme la tempête du siècle et les crues qu’elle a engendré comme millénaires, voire plus encore. 

Il y a beaucoup d’informations sur le site internet des météorologues locaux . la lecture est un peu longue mais vaut le coup pour comprendre la suite. Les données exprimées sont couramment revues à la hausse, notamment en croisant les différentes mesures. Aujourd’hui certains sites évoquent quasiment 700mm d’eau par mètre carré soit 700 litres par mètre carré en environ 6h…

Le résultat ne se fait pas attendre. Les autorités ordonnent de fermer tout et de se cloîtrer chez soi. Commerces, écoles, accueil de public, tout ferme et c’est ce qui aura sauvé bien du monde. Pendant ce temps-là en montagne à partir de la mi-journée c’est le déferlement des éléments. Les routes deviennent des torrents, les blocs partent dans tous les sens, le vent fait rentrer l’eau partout, l’électricité se coupe, on comprend qu’il se passe quelquechose de très grave. Le réseau 4G résiste par endroit et on commence à prendre l’ampleur du désastre en cours. Depuis ma maison, on entend comme un tremblement de terre. A la faveur d’une accalmie, je comprend qu’il s’agit du ruisseau de Gorgia situé 100 mètres sous le village qui est en crue. Je descends voir et c’est littéralement l’apocalypse. Le petit ruisseau large d’un mètre et rempli de gours de tuf aussi fragile qu’esthétique fait 30 mètres de large et charrie des gros blocs comme des voitures juste devant mes yeux. Le roulement de ces masses prend au tripes, une vibration aussi effrayante que fascinante. Très vite je déchante, un glissement de terrain part à quelques mètres de moi et emporte la route. Je me casse vite fait pour les 12 prochaines heures enfermé chez moi, inquiet comme jamais. 

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Le lendemain, c’est la désolation absolue. 2 vallées, Vésubie et Roya, entièrement coupées du monde, 3 autres, Var, Esteron et Tinée, bien entamées aussi , près de 50 routes coupées, une quinzaine de ponts emportés, l’armée et les gendarmes sont envoyés par hélico afin de sécuriser et d’aider. C’est une scène de guerre. Les premières images arrivent dans les médias, via facebook, on apprend que plusieurs amis ont déjà tout perdus, maison, proches. 

bientôt deux mois après, une piste pour engin de chantier arrive enfin à Tende. Les habitants devraient pouvoir reprendre leur voiture que d’ici… 6 mois. 

Les scientifiques expliquent les causes de ce désastre, notamment Johan Berthet dit Jojorq sur le forum en expliquant que les pluies ont causé des laves torrentielles avec un charriage de sédiment hors norme pour le département  

On découvre le site sentinel-hub et très vite les canyonistes que nous sommes allons voir nos terrains de jeu. C’est la stupéfaction, par satellite on devine des dégâts phénoménaux. Les coups de téléphone s’enchaînent entre appels bienveillant d’amis et appels de crise, d’au secours auprès de confrères. J’ai plusieurs personnes de la FFME au téléphone qui comprennent l’enjeu de l’événement . Nous, locaux, voulons nous déplacer mais nous n’avons plus de route, les sentiers sont des coulées de boue instables et le préfet interdit littéralement nos déplacements à grand renfort de gendarmes. On est confiné à partir de ce 02 octobre. 

vésubie après la tempête Alex

vésubie après la tempête Alex

vésubie après la tempête Alex

Les routes rouvrent mais on a l’interdiction d’accéder aux massifs et aux vallées sinistrées. Le temps passe. On commence à pouvoir se déplacer, l’état nous re-confine pour la COVID19. Le même jour, attentat terroriste à Nice. Triple punition! Rester enfermé chez soi presque un nouveau mois complet en se disant que notre monde vient de s’écrouler. 

Durant le confinement, on apprend que les restrictions de déplacement liées à la tempête sont levées et qu’on peut aider en temps que bénévoles dans les vallées, je vais aider et voir les dégats. A quelques jours près, la FFME me recontacte pour aller voir les canyons du département. Les institutions préfecture et département ont enfin donné le feu vert et les autorisations pour faire un bilan. La fédé délégataire monte des équipes mixtes entre professionnels, fédéraux FFS, CAF, FFME et secours en montagne afin de dresser un bilan. Cette semaine les observations ont démarré et certains d’entre vous auront vu sur les réseaux sociaux des photos plutôt rassurantes comme Bollène tantôt désastreuses comme Maglia. Je rappelle qu’en dehors de ces interventions l’activité canyon aquatique est interdite jusqu’au 01 avril et qu’on est confiné chez soi pour cause de COVID. Donc personne ne peut aller voir les dégâts avant le printemps hormis ces équipes mixtes

La Maglia est le canyon emblématique du département, un des plus beaux canyons de France et d’Europe. Quasiment tous les canyonistes l’ont fait dans leur vie. Les professionnels d’une vallée entière ont basé leurs métiers et leurs vies autour de ce canyon. 

La Maglia est ravagée. Une lave torrentielle l’a parcouru avec une violence inouïe, arasant la roche jusqu’à 20cm(!!!), défonçant de fait les ancrages, déplaçant ou pulvérisant les blocs coincés, obstruant d’autre passage. Le canyon tel qu’il a été connu n’existe plus, la topographie à totalement changée, c’est un nouveau canyon. Les anciens amarrages se trouvent 3 à 6 mètres plus haut ou plus bas sous les gravats, les bassins sont tous remplis, le tuf arraché. La grotte a été engloutie mais a résisté. Il n’y a plus aucune concrétion et à la place il y a des grumes encastrées au plafond. 

départ 1//embedr.flickr.com/assets/client-code.js premier saut//embedr.flickr.com/assets/client-code.js départ//embedr.flickr.com/assets/client-code.js premier obstacle//embedr.flickr.com/assets/client-code.js Enchainement départ//embedr.flickr.com/assets/client-code.js piscine suspendue//embedr.flickr.com/assets/client-code.js saut 3 m//embedr.flickr.com/assets/client-code.js ca saute pas//embedr.flickr.com/assets/client-code.js désescalade//embedr.flickr.com/assets/client-code.js grand toboggan//embedr.flickr.com/assets/client-code.js virgule//embedr.flickr.com/assets/client-code.js chatière//embedr.flickr.com/assets/client-code.js morghé//embedr.flickr.com/assets/client-code.js grotte//embedr.flickr.com/assets/client-code.js dernier rappel//embedr.flickr.com/assets/client-code.js dernier rappel 2//embedr.flickr.com/assets/client-code.js bloc coincé//embedr.flickr.com/assets/client-code.js barrage//embedr.flickr.com/assets/client-code.js ancrages broyés par les crues//embedr.flickr.com/assets/client-code.js

C’est le premier canyon dévasté parcouru en hors saison mais le peu observé via les réseaux sociaux ou en se déplaçant en voiture permet de constater que ce n’est pas le seul. D’observation directe : Cramassouri, Figuiette, Monar, Ullion, Saint Martin, Bairols, Gorgia, Bramafam, Pierrefeu, Ciavarlina, Ronson, Bassera sont impactés et surement pas mal de bouses. La FFME communiquera d’ici quelques semaines sur l’état des lieux officiel et pour l’instant aucune décision n’est prise vu qu’elle dépend du département et de la préfecture. La fédé œuvrant pour garder l’accès aux sites de pratique mais n’ayant pas le pouvoir décisionnaire. 

Portez vous bien et soyez prudents!

Photos par Beranger Boulvert, Sylvain Carletti, Jeff Fugardi, Jeremy Martin, Guillaume Coquin, Christophe Frigeri, Guillaume Ciais et surement d’autres

Qu’est ce que le risque?

Risque, nom masculin, (italien risco, du latin populaire resecum, ce qui coupe) : Possibilité, probabilité d’un fait, d’un événement considéré comme un mal ou un dommage. Source Larousse.

On entend ce mot dans tous les sens en ce moment et à toutes les sauces. Nous sommes dans une société qui tend vers le risque zéro qui part définition n’existe pas, vu qu’à terme on va tous mourir. Notre politique générale est d’agiter le drapeau du risque à chaque instant et de le justifier par des normes, des lois, des devoirs.

Le risque est la complémentarité du danger

Danger, nom masculin, (bas latin *dominiarium, domination, péril, du latin classique dominus, seigneur) : ce qui constitue une menace, un risque pour quelqu’un, quelque chose : Ce krach constitue un danger pour l’économie mondiale ; situation où l’on se sent menacé : Courir un danger. Source Larousse.

Le danger est inhérent, permanent, invariable. La hauteur d’une falaise, la vitesse d’une voiture, la chaleur du feu. Le risque c’est de tomber de la falaise, de percuter une autre voiture, de se brûler. On ne peux pas supprimer le danger mais on peut maîtriser le risque et en diminuer les conséquences.

Conséquence, nom féminin, (latin consequentia, succession) : Ce qui est produit nécessairement par quelque chose, qui en est une suite logique : La décision est lourde de conséquences.

La crise du coronavirus vu du spectre des sports de montagne pousse à la réflexion, ça tombe bien on a le temps. En montagne le danger est inhérent. Oui désolé de l’apprendre à certains, mais la montagne est dangereuse. La montagne n’est ni juste, ni injuste, elle est dangereuse a écrit Reinhold Messner.   Le danger vient de la hauteur, on peut y tomber, on peut voir aussi tomber divers objets au dessus de nous. Le danger vient de la météo, violente, brutale. Le danger est partout, sans filtre, on le constate et vivons avec parce qu’il est immuable.

Le risque par contre est lié intimement à l’humain. Si l’humain n’est pas présent, le danger reste mais l’humain ne risque plus de mourir. Donc l’humain tente de gérer le risque. Depuis la nuit des temps, l’instinct, complété par la réflexion propre à notre espèce a tendu à diminuer les risques. L’homme a nourri sans famille, créé des outils, organisé sa tribu, s’est protégé des intempéries. A chaque connaissance, il a diminué son risque.

Aujourd’hui nous vivons dans un monde où cette connaissance, cette organisation est arrivé à un stade ultime. On a fait reculer la mort, on a prospéré, on a muselé le risque au point d’oublier qu’il existe et en avoir peur par méconnaissance. On a peur du risque. Il suffit d’écouter une maman dire à son enfant ne cours pas tu risque de tomber ou le ministre de l’intérieur dire roulez doucement sinon vous allez être verbalisé pour comprendre qu’on évite le risque parce qu’on en a peur.

Est ce la solution? Je n’ai pas la réponse, mais j’ai mon avis sur la question. J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie. La chance d’être confronté au risque et surtout de ne pas en avoir trop subit les conséquences. J’ai vécu avec depuis enfant par mes propres décisions mais aussi par celles des gens que j’ai côtoyé. J’ai accepté les risques que je prenais sans toujours avoir conscience des conséquences mais j’ai plusieurs fois subit les conséquences des risques des autres sans avoir eu de prise dessus.

J’ai appris à ne pas avoir peur du risque mais à le considérer comme inhérent à la vie et à m’en prémunir en pleine conscience. J’ai appris à accepter le danger sans occulter les conséquences possibles. J’ai pu vivre des choses intenses, fabuleuses que très peu d’humains auront la chance de vivre tout en étant conscient que ma vie ne tenait qu’à une corde et à la main qui la tenait. Je suis absolument persuadé que la réflexion de pleine conscience (pas la méditation, plus ésotérique) est une voie que l’humanité devrait suivre.

Pourquoi? Pour redevenir conscient de notre responsabilité. Je ne parle pas de notre responsabilité juridique mais de notre responsabilité morale. Qui sommes nous quand nous nous regardons dans une glace? Qui sommes nous dans une société? Un grain de sable parmi d’autre, mais notre action peut maintenir une dune ou la voir s’effondrer.

responsabilité, nom féminin : Obligation ou nécessité morale de répondre, de se porter garant de ses actions ou de celles des autres (source larousse)

Un jour, un albanais qui ramassait les olives de sa parcelle, m’a expliqué qu’il était Bektachi. Mais au lieu de faire du prosélitisme, il m’a expliqué les piliers de son culte. Ces piliers là sont fabuleux car on peut les dissocier de l’ésotérique pour ne garder que le message de fond. Le message dans ce cas là n’était pas de donner des commandements ou des ordres mais bien de poser des questions.  Qu’à tu fais aujourd’hui? Penses tu que c’est bien? Que veux tu faire demain? Sans apporter de jugement mais en faisant appel à la responsabilité morale de l’interlocuteur. Ce n’est finalement que la définition de la pédagogie, du bon sens.

Pédagogie, nom féminin, (grec paidagogia), Aptitude à bien enseigner (source larousse)

Pour finir ma réflexion sur le coronavirus vu du spectre des sports de montagne. Je suis persuadé qu’il va falloir vivre consciemment le risque d’être ou de contaminer l’autre. Le danger sera toujours présent. Qu’il va falloir éduquer non sans donner des ordres mais en posant les bonnes questions, en se posant les bonnes questions. Faire preuve de la pédagogie la plus essentielle qui n’est pas d’apprendre aux autres mais de leur donner les moyens d’apprendre. D’être responsable, les uns envers les autres pour que dès demain, ce risque ne nous enlève plus jamais nos libertés.

Bon confinement à toutes et à tous

Wadi Jamal

jamal canyon

Dans les contreforts du Djebel Akdhar coulent des dizaines de vallons. La plupart semblent inaccessibles et réservent quelques belles années d’explorations aux amateurs. Le plus dur étant d’accéder aux départs dans des montagnes rudes et escarpées, brûlées par le soleil à longueur d’année ou même l’hiver fait office d’enfer.

C’est dans un nouveau canyon que nous a envoyé Khaled notre hôte, Il ne savait pas ce qu’on allait en penser et ça a été un beau voyage.

On découvre les montagnes au matin et c’est massif. Des parois d’aspect dolomitiques montent à plus de 2000 mètres et l’absence de végétation empêche toute comparaison d’échelle.

On arrive au petit village en fond de cirque où arrive le canyon. Les canyons devrais je écrire parce qu’il y a plusieurs failles bien marquées et on se gare au point GPS indiqué.

jamal canyon

L’approche se fait sur une crête dégarnie jusqu’à un vieux fort construit sur un piton rocheux dominant le profond encaissement. Le cadre est splendide, combinant tous les superlatifs précédents. On arrive au départ en fin de matinée. Il est février et on peine à imaginer la fournaise que l’été doit être.

jamal canyon

jamal canyon

jamal canyon

Au fond de cette faille, au milieu d’un cirque désertique où pousse principalement des cailloux, coule une source : le miracle de l’oasis au milieu du désert. après mangé, on s’équipe et on rentre dans le canyon. Certains on mis la combinaison, d’autres non, l’air est chaud, l’eau pas froide. De beaux rappels dans le tuf s’enchaînent avec des parties de marche agréable sur un conglomérat scellé par la calcite. On arrive sous une immense baume digne des plus beaux undercut d’Utah.

jamal canyon

jamal canyon

jamal canyon

jamal canyon

L’eau a momentanément disparu, le lit de la rivière passe sous des blocs. et on équipe de nouvelles lignes de rappels sous un chaos imposant. On retrouve l’eau dans un encaissement quasi-obscur qui nous suivra jusqu’à la sortie. Le dernier encaissement sous le fort annonçant la prise d’eau dans le falaj du village.

jamal canyon

A quelques mètres des voitures on s’arrête surpris, les roches sont recouvertes de pétroglyphes rajoutant une aura mystique à ce lieu bien beau.

canyon des lunules

Mes équipiers repartent le lendemain pour la France, et je récupère François pour une dernière semaine d’aventure

Bartassing à Oman

Une sortie ou un voyage n’est pas réussi sans un minimum de bartasse.

Pour le lecteur parisien, la bartasse n’est pas une spécialité culinaire, mais une spécialité locale des pays du pourtour de la Méditerranée où la végétation est dense et épineuse. Ça consiste à sortir des sentiers battus pour s’enfoncer dans le maquis, le bartas. Originellement c’était les chasseurs, les ramasseurs de champignons, d’asperges sauvage qui affrontaient les genêts et autres argelas. Maintenant c’est devenu le terrain de jeu des grimpeurs, canyonistes, spéléos, vttistes et autres pratiquants des sports de nature qui redécouvrent un terrain vierge pour leur pratique.

Il faut considérer quelques points important :

  • Quelqu’un sera forcément passé avant vous,
  • la végétation gagnera toujours,
  • l’échelle d’espace-temps n’est pas la même et faire quelques mètres peut vite prendre du temps.
  • Cette pratique est plus proche du masochisme que réellement épanouissante
  • vous y rencontrerez plus de sangliers que de jolies filles

bani khalid muqal cave

Falaj de Bani Khalid

bani khalid muqal cave

Araignée dans Kaft Muqal

Suite de notre voyage à Oman. On a fait deux belles sorties majeures qui sont la traversée 7th hole et le wadi Tiwi. Là on a vraiment besoin de repos et de journée « off ». Bien évidemment tout le monde réclame une journée calme mais personne n’est capable de rester en place. Alors direction le Wadi Bani Khalid pour de la baignade avec option spéléo.

bani khalid muqal cave

Baignade au Bani Khalid

Rapidement les spéléos spéléotent et les baigneurs tournent en rond et veulent aller voir autre chose que se reposer au bord du wadi avec de l’eau à 30°.

Aussi incroyable que ça puisse paraître, je suis donc le seul à profiter de cette demi-journée de repos à dormir sur les cailloux et à me baigner habillé, pays musulman oblige.

bani khalid muqal cave

Tenu correcte exigée!

wahiba sands

Coucher de soleil sur les dunes depuis les montagnes

wahiba sands

wahiba sands

mascate et divers

mascate et divers

Le soir on se retrouve dans les dunes de Wahiba avec l’impression d’être seuls au monde, juste entourés de traces de vipères des sables. Le lendemain c’était juste une blague et il y a du monde partout, impossible de se cacher pour la mission matinale. On rejoindra les contrefort du Djebel Akdhar pour explorer des grottes indiquées par Khaled. On rencontre sur place le berger du coin qui nous accueille comme des rois, il nous amène le pas léger jusqu’aux grottes. Juste chaussé de sandales et de la tenu traditionnelle, il vole au dessus des rochers coupant alors qu’on sue et qu’on peine à bien poser nos pieds dans ces éboulis pourris. Le local maîtrise toujours son terrain.

mascate et divers

explo Kamah

explo Kamah

explo Kamah

explo Kamah

Après une visite des grottes avec quelques détails historiques bien intéressant -surtout avec Philippe comme scientifique- on reprend la route de nouveau pour accéder au versant opposé de la montagne. Il ne reste plus qu’un jour avant l’avion et Khaled nous a parlé d’un canyon fraîchement ouvert, la suite pour bientôt!

La bartasse à Oman, c’est sortir des sentiers battus, heureusement avec moins de buissons!

Wadi Tiwi

Notre périple a Oman continu avec un des incontournables du coin, à savoir le wadi Tiwi. On est encore tout heureux de la traversée 7th hole et on commence à bien comprendre la dimension des montagnes omanaises. Tiwi est un canyon plus proche de la randonnée aquatique que du canyon technique arrosé à la Suisse.

Tiwi

L’ampleur change considérablement des randonnées aquatiques d’Europe, où seul un canyon bosniaque peut être comparable en dimension mais avec un engagement plus faible. Je ne parle pas de la randonnée aquatique type Verdon dans un cadre majestueux; mais suivi d’un chemin et bordé de forêt où s’abriter en cas de montée des eaux; mais réellement d’un canyon engagé aux parois de plusieurs centaines de mètres de haut laissant peu de doutes quand aux chances de survie en cas d’orage.

Tiwi

Pourtant au pied de ces immenses parois de calcaire orangé le wadi Tiwi coule doucement, à son rythme et imposant sa tranquillité à ses visiteurs. Ici il ne sera pas possible d’aller vite, d’optimiser ou de gagner du temps. Une petite cascade nécessitera une désescalade suivie d’une longue nage, une courte marche et on recommence.

Tiwi

On a pas eu des conditions optimales pour le faire, trop tôt en saison et avec des combinaisons trop fines. On a eu froid. Un courant d’air descend du plateau et le soleil ne rentre pas dans l’encaissement bien souvent. Malgré tout chaque perspective est magnifique, l’eau est douce dans les bassins avec de nombreuses sources à presque 30°, c’est juste irréel.

Tiwi

Tiwi