Escalade dans le val di Mello

Il y a quelques années je m’étais lancé dans un article décrivant un peu l’histoire de l’escalade et la spécificité du trad. Je découvrais cette activité grâce aux collègues d’Annot avant de m’en éloigner suite à mon activité saisonnière m’éloignant plusieurs mois des falaises l’hiver et barbotant exclusivement en canyon l’été. L’activité avait évolué entre temps et s’était clairement démocratisé au vue de la fréquentation d’Annot qui a explosé.

En revenant habiter en montagne, je me suis rapproché de nouveau des falaises et j’ai repris difficilement. Qu’est ce que c’est frustrant de ne même pas bouger dans des voies où je m’échauffais il y a 5 ans. Sachant que je n’ai jamais été un vrai grimpeur, en effet mes incursions dans le 7a étant plutôt anecdotiques, je ne peux pas être considéré comme tel. Phrase véridique entendu en soirée de la part d’un fort grimpeur modeste des Alpes Maritimes.

Et pourtant j’ai bien enchaîné quelques voyages d’escalade, souvent combinés au canyon. En Catalogne, à Majorque, Crète, Corse… Mais j’arrivais pas à recréer l’occasion de nouveau. Ces derniers mois, on s’est remis à grimper gentiment avec Julie. Tout d’abord en Corse avec quelques grandes voies, puis dans le Mercantour, Annot, la Tour et quelques falaises calcaire équipées. Pourtant c’est sur une session à Annot où je lui ai proposé de partir dans une voie en 4 sur coinceurs que le virus a repris. Ma copine venait d’adorer le fait de monter en posant ses protects, tremblante et les mains moites et rappées. Qui l’eu cru? J’aurais plutôt misé sur une falaise en bord de mer avec une pina-colada.

Débrieff de la grimpe en corse, quelques autres sessions à Annot et quelques propositions de lieu. J’évoque sans y penser le val di Mello, elle note. Je ressors tout mes grimper, vertical et autres montagne magazine parlant trad pour susciter sa curiosité et ça marche. Puis le temps venu de réserver l’hébergement, elle me lance définitivement le Val di Mello, l’affaire était acté!

Arrampicata en val di Mello

Les immenses falaises dominent le petit village de San Martino

Arrampicata en val di Mello

Pour les grimpeurs français typiques, c’est à dire grimpant en salle ou en falaise équipé classique le val di Mello est absolument inconnu. Plutôt parler d’Orpierre, Buoux, Céüse, Gorges du Loup. Pour le grimpeur de trad c’est une des destinations légendaires au même titre qu’Indian Creek, Peak District, Adrspach, Dolomites, Jordanie, Yosemite, Val d’Orco ou la Corse. Quelques pages d’histoire et de courage se sont écrite là bas. Les locaux étant plutôt très actifs et gardien d’une éthique aussi rigoureuse qu’élitiste. On y trouve le plus gros contest de bloc au monde (sic) le Melloblocco, on y trouve des big-wall allant jusqu’à 900 mètres et de nombreux contreforts tous tracés de voies de une à plusieurs longueurs. Les forts grimpeurs locaux n’ont vu leurs voies ultimes répétés qu’occasionnellement par des pointures comme Ondra ou Pearson après de gros combats.

Arrampicata en val di Mello

L’immense big wall du qualido domine la vallée

Arrampicata en val di Mello

Beaucoup de ces voies ont été ouverte du bas sur coinceurs, pitons et tamponnoir. Tant qu’il y a des anfractuosités, ça va mais dès que ça devient des dalles, la devise était d’avancer jusqu’à pouvoir poser un point au tamponnoir. Et pas question du coup de poser des points dans des niveaux où ça ne pose pas de problèmes. Il fallait protéger que si c’était utile. Quand à l’équipement du haut, je ne sais pas si il a existé un jour. Depuis ça a été rééquipé mais ça ne change pas grande chose sauf dans les niveaux 6 à 7 où les chutes ne sont plus trop fatales. Qu’est ce que ça signifie pour nous? tant qu’il y a des fissures, on protège sans soucis. Quand on attaque les dalles à friction, le gros moral est conseillé. Il faut être absolument humble et s’attendre à quitter le relais et rejoindre le suivant sans se sécuriser dans du 5 voir 6 avec un granit qui demande une attention permanente. Aucun pas n’étant en dessous la côte indiqué.

Arrampicata en val di Mello

On s’est pas bien enflammé. Une journée de bloc, une journée avec deux petites grandes voies et une grande voies plus longue et classique mais on a fini heureux avec l’envie de revenir se frotter à des voies couchées à 50° sans le moindre cristal à griffer…

Blocco

Première journée de bloc aux secteurs classiques. On commence tranquillement pour sentir les particularités du granit. ça pique les doigts! et la pose des pieds est assez fine. On enchaîne quelques blocs jusqu’à 6c et je me retrouve rassuré quand au feeling. Julie galère bien plus en ne sachant pas comment poser ses pieds sur ce rocher sans prise

Arrampicata en val di Mello

Arrampicata en val di Mello

Arrampicata en val di Mello

Pas pire comme marche d’accès

Tunnel diagonale (Spérone degli Gnomi) 5b 

On commence par du très facile. Julie commence en tête dans du 5a dans une belle fissure puis fait relais à mi longueur, on alterne le passage suivant mais elle renonce en tête au départ cheminée de la troisième en 5a toujours. Je me colle ma première dalle en 5b improtégeable même si assez courte et je laisse finir Julie dans une longueur en 3b où elle ne pourra mettre qu’une seule protection! On ne s’est pas fait rouster mais on sait qu’il faudra rester humble.

Arrampicata en val di Mello

Arrampicata en val di Mello

Arrampicata en val di Mello

Arrampicata en val di Mello

Le riposte di Bakunin (Brontosauro) 5c+ 

Cette voie suit très facilement la sortie de la précédente. On part dedans sans trop savoir où se situe l’attaque en grimpant là où il y a des traces de passage. On comprendra après que le seul spit de 8mm dans la dalle était le départ originel côté 5c+. Cette longueur longe une 6b+ plus récente et bien plus raisonnablement protégée. Seconde et troisième longueurs enchaînées parce que j’avais pas trouvé d’endroit pour faire un relais et pensant que j’avais perdu la voie. En fait ils font relais sur eux en s’asseyant probablement?? Une longueur en 3a de 50 mètres improtégeable pour Julie et nous voilà au pied du dernier 5c majeurissime protégé par deux fissures diagonale à mi hauteur avec départ et sortie dalle loiiiinnnn au dessus du dernier point. On s’en sort en ayant bien pris plaisir.

Arrampicata en val di Mello

IMG-20190923-WA0002

Il risveglio di Kundalini (Dimore degli dei) 6a+

Il s’agit d’une des grosses classiques de la vallée. Avec une ampleur déjà conséquente il faudra être efficace.

Arrampicata en val di Mello

La voie part du milieu en bas monte sous le grand toit et traverse jusqu’à la forêt en haut à droite

Première longueur 5a pour julie qui fait une ascension très propre avec des protection parfaitement posées, le métier rentre doucement. Je ferais les 9 suivantes, aucune n’étant vraiment facile et le timing étant à tenir.
Arrampicata en val di Mello

Seconde longueur en 6a+ en traversée sans aucun soucis qui se protège bien grâce aux pitons et quelques friends. plutôt 5c de mes impressions

Arrampicata en val di Mello

Troisième longueur en 5b absolument majeure avec un splitter parfait qui a mangé une dizaine de friends coincés que je mousquetonne astucieusement.

Arrampicata en val di Mello

IMG-20190923-WA0003

Arrampicata en val di Mello

Quatrième longueur courte avec une cheminée en 5c à protéger avec un n°5 dans le bas avant d’engager.

Arrampicata en val di Mello

Cinquième en 5b pas si facile que ça après la pause repas même si bien protégée par des pitons, j’ai tiré au friend n°5 pour le dernier pas sous le relais.

Arrampicata en val di Mello

sixième en traversée absolument fabuleuse en 5c sous l’énorme toit de granit facile, à protéger sur friend finissant par un pendule

IMG_20190918_145950

IMG-20190923-WA0006

Arrampicata en val di Mello

septième en traversée bien flippante en 4a à friction avec 20 mètres improtégeable.

IMG_20190918_160108

IMG-20190923-WA0008

Arrampicata en val di Mello

commence à y avoir du vide sous les pieds

Huitième en traversée toujours au dessus du vide sur une petite vire en 5a, facile et aisément protégeable.

Arrampicata en val di Mello

neuvième en 5c tout droit dans une dalle puis en écharpe gazeuse sur la droite, bien protégé par des pitons mais pas si facile, plutôt 6a pour moi.

Arrampicata en val di Mello

dernière en 5a en traversée de nouveau en dalle en protégeant dans le dièdre. Facile et avec une grande ambiance pour finir.

Arrampicata en val di Mello

Un beau voyage que je recommande fortement, c’est une des grandes classiques du coin. Prévoir un jeu de friend jusqu’au 5 en doublant les tailles moyennes ou doublé avec des hex. 10 dégaines rallonges, deux grandes sangles de 180 pour de beaux relais triangulés, corde à double. Les cablés, microfriends et ballnuts sont inutiles.

On est ensuite allé balader en Suisse mais tout ne se sera pas passé comme prévu alors on est revenu en Italie On aura un peu baladé et vue de beaux paysages.

IMG_20190920_124043

canyon de flem

On regrimpe dans le val Bodengo, bien connu pour son canyon. On fera la voie Nuovo cinema paradiso en 6 longueurs avec du 6a+ avec un style toujours dalle mais plus glissant qu’au val di Mello même si les prises ont apparu. L’avantage de cette voie c’est qu’elle est bien protégée avec une dizaine de beaux goujons inox dans chaque longueur ce qui permet de grimper sans stress. Cablés et friends inutiles mais dégaines longues conseillées.

Arrampicata en val di Mello

IMG-20190922-WA0001

Mais qui a savoné les prises!

Arrampicata en val di Mello

Arrampicata en val di Mello

Que retenir de ce trip escalade? Pour moi c’est une confirmation qu’un autre style d’escalade existe, différent de celui que l’on trouve sur la côte d’azur où les cotations montent aussi vite que l’acide lactique. Dans ce coin d’Italie il faudra grimper avec sa tête principalement et avec ses pieds surtout. Où l’art du placement et de la gestuelle prend son sens. Où il faudra être très humble et rechercher la beauté de la ligne plus que la difficulté. Redevenir débutant et revenir plus fort.

Putain c’est beau, vite de nouvelles vacances!!

IMG-20190922-WA0006

 

Balade aux Lacs des Lignins

Depuis quelques années une exploration minutieuse est engagé par les spéléo pour suivre l’eau disparu aux lacs de Lignins jusqu’à sa réapparition aux cascades du Coulomp.

En bas à la source, environ 15km de réseau ont été découverts dont un gros kilomètre de rivière cristalline et abondante. J’ai souvent participé aux explorations qui durent depuis plus de 10 ans.

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Aux lacs de Lignins, les explorations sont plus récentes et suivent une fissure où l’eau s’est engouffrée lors d’une coloration et d’où sort un courant d’air chaud, comparé à l’air ambiant. Les travaux d’élargissement sont actuellement à – 40 mètres. La couche de calcaire nummulitique a été traversé et on se retrouve au contact des marno-calcaire du crétacé dans lesquels est creusé la grotte des chamois près de 950 mètres plus bas et à 5km à vol d’oiseau. On devrait retrouver la configuration de la grotte de Meailles. Le pendage naturel amenant directement aux parties topographiées connues dans la vallée… Mais pour l’instant c’est un travail de forçat que réalise l’équipe des spéléo, cassant au burineur la roche autour de la faille large de 20 cm pour la rendre franchissable.

Pour rendre ces conditions moins pénibles, il est organisé des camps assez fréquemment. Entre 5 et 10 personnes montent quelques jours. Une tente collective est installée, une organisation de petit village se met en place mettant en avant les compétences de chacun. J’y suis monté en coup de vent histoire de changer d’air après une belle saison de canyon. Bivouaquer en montagne rien de plus beau même si depuis chez moi la vue n’est pas pire.

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

La randonnée peut se faire depuis 4 points de départ : Le pont de la Serre à Colmars, La baisse de l’Orgeat via une piste longue et cassante, le col du Fa via Aurent et via le pas Roubinous et Sussis. Ce coup ci on part du pont de la Serre. Je monte seul, ce qui me laisse le temps de capter quelques ambiances avec mon appareil photo. Le lendemain pour la redescente, je passerais via les cabanes de Mouries.

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Il est possible que j’y retourne cet hiver pour un raid en traversée de 2 à 4 jours, loin du monde, c’est tellement beau…

Lacs des Lignins

Lacs des Lignins

Lâchez nous la grappe avec l’écologie!

Ouille ouille ouille, je vais me faire gronder avec un titre pareil mais c’est bien ce que je pense et je vais expliquer pourquoi. à lire doucement et jusqu’au bout.

Aujourd’hui quoi qu’on fasse, qu’on allume la radio, consulte un réseau social, ouvre le journal, l’écologie est un titre important. On parle de réchauffement de la planète, de plastique dans les océans, de taxe carbone, de perturbateurs endocriniens. Pas une minute ne passe sans qu’on entende que tout va mal et qu’il faut changer tout et surtout qu’on nous dise quoi faire. J’arrive à un stade de rejet quand j’entend un reportage sur l’écologie.

C’est un petit peu ironique d’entendre tout ça par des médias qui sont soit déconnectés de tout ça comme les radios parisiennes qui vivent grâce à la vente de pub pour de la consommation polluante, soit par des réseaux sociaux utilisant des data-center qui consomment plus d’énergie que certains pays entier, datas eux-même financés par de la pub pour consommer plus.

Le matraquage médiatique est tellement permanent que nombreux de nos concitoyens deviennent des justiciers de l’écologie. Reprochant aux autres d’utiliser leur voiture et pas un vélo, de manger de la viande et pas de la salade ou d’écraser des plantes en marchant ou de faire une navette en voiture au lieu de marcher (sic). Petit à petit une dictature douce sur base de bien-pensance écologique fait son chemin auprès de plus en plus de citoyens. Un peu comme si il y avait ceux qui savait et les autres. Ceux qui savent étant prêt à prêcher la bonne parole tout le temps et à tout prix.

Depuis ma naissance j’ai été confronté à la pollution et celle ci m’a toujours choqué. Quand j’habitais au bord de l’étang de Berre et que l’usine pétrochimique dégazait la nuit, on sentait bien que c’était pas top pour la santé. D’ailleurs celle-ci s’est métamorphosée depuis que j’habite dans les Alpes. On ne pouvait pas se baigner dans l’étang au risque soit d’attraper des irritations de peau soit d’avoir une boulette de pétrole collé sur soi. J’ai choppé des maladies gastriques violentes à me baigner dans certains canyons d’Italie. J’ai vu un glacier de plastique couler dans un canyon en Albanie. Je me suis coupé sur des ferrailles poussées depuis la route dans nos propres canyons. Ceci n’est que mon exemple mais on a tous constaté des dérives objectivement mauvaises pour les êtres-vivants et pour la planète elle même. J’ai mon propre avis sur les actions à mettre en place pour soulager notre société et notre environnement en douceur. J’échange beaucoup avec mes groupes l’été et souvent les même pensées reviennent, comme si une masse muette avait une solution et était muselée par les bruyants.

Quelques-une de ces idées reviennent souvent… Consommer en circuit court, produire la nourriture localement voir soi-même, recycler nos eaux usées, refaire vivre les villages pour éviter les longs déplacements, gaspiller moins, penser collectivement, diminuer le coût de la vie, réparer au lieu de remplacer, ralentir un peu la consommation en consommant mieux… Il suffit de regarder les pays qui n’ont pas d’argent pour réaliser qu’ils sont plus heureux que nous et défoncent moins la planète en même temps.

J’ai un ressenti inquiet vis à vis de l’avenir. J’ai la sensation qu’on va finir par nous enfermer dans notre propre dictature. Incontestable celle là parce qu’elle n’émanera pas d’un leader mais bien d’une conscience collective. Comment justifier des libertés si celles ci vont à l’encontre de la planète?

Il faudra acheter une voiture électrique parce que c’est bien, il faudra acheter la viande plus cher parce qu’elle sera bio, il faudra vivre dans des immeubles parce qu’on peut chauffer collectivement, il ne faudra plus marcher dans la nature parce que ça dérangera. Si on nous impose où on doit vivre, quel métier on doit faire, qu’est ce qu’on doit manger et surtout qu’est ce qu’on doit acheter, c’est bien une dictature qui sera mis en place.

Ne laissons pas faire parler les bien-pensants et balayons devant notre porte. Ne prenons pas la voiture pour rien et covoiturons, achetons au producteur local et aidons le vieux papi à côté à cultiver ses pommes de terre. Faisons ce qu’il nous semble bien à notre échelle et sans regarder ce que fais le voisin sauf si c’est pour s’inspirer d’une bonne idée. Changeons nos vies pour ce qu’on aspire, avec bienveillance pour nos concitoyens et notre planète.

Et arrêtez de jeter votre papier cul au départ des chemins bordel!!

 

Soyez flexibles!!

Il y a quelques années je tentais l’aventure professionnelle en quittant le milieu amateur du canyon. L’aventure a été riche et m’a apporté beaucoup d’enseignements. Il est facile après quelques années de faire une autocritique de son parcours avec quelques erreurs et pas mal de fierté aussi. J’en ai acquis une certaine expérience et suis devenu bizarrement plus modéré dans chaque action.

Le monde change très vite et mon changement de vie me permet de le regarder la vie avec un peu de recul. J’alterne les périodes de travail intense avec des périodes de repos bienvenues pour souffler mais aussi observer le monde tourner.

Je me souviens il y a quelques années, quand j’avais un travail salarié, j’avais moins de temps libre et je cherchais à le remplir à fond. Mes vacances étaient chronométrées avec activités le matin, l’après-midi voir le soir, nuits à l’arrache et rebelote chaque jour passé. J’avais le sentiment d’avancer plus vite que beaucoup d’autres vacanciers et j’étais satisfait de profiter plus de mon temps libre que la plupart des gens.

Quand j’ai commencé à travailler en canyon, j’ai continué mais avec encore plus de temps libre, je faisais encore plus de choses. Enfin je croyais…

Parthénon

En balade au Parthénon d’Athène. Des files d’attente, des travaux, le stress des bus de touristes pour pas voir grand chose

La réalité c’est que je passais énormément de temps en voiture pour aller d’un site à un autre, à prendre des buts, à chercher un bivouac, à courir dans tout les sens et à passer à côté de plusieurs bons côtés de la vie. Même si j’étais content de mes vacances, j’étais frustré de ne pas avoir fait tout ce que je voulais.

Aujourd’hui, j’ai ralenti le rythme, mon emploi du temps est moins chargé, je me laisse plus porter qu’avant. Dans ma manière de voir les vacances sportives, je ne fais plus de to do list mais une bucket list et ça change tout. La to do list demande d’être réalisée pour être réussi, la bucket list est une liste d’idées dans lesquelles je pioche en me laissant porter. Si on fait tant mieux, si on fait pas tant pis.

L’avantage est aussi de saisir les bonnes occasions, de faire moins de kilomètres, se donner la chance de rencontrer des gens. Les spécialistes du tourisme ont donné un nom à tout ça le slow tourisme. J’ai découvert ce terme là en Albanie en allant dans des établissements qui pratique la slow food. là bas pas question d’avoir un serveur guindé qui expédie les commandes, mais plutôt tranquille, vous forçant à ralentir le rythme. J’ai adoré.

Monastery de Kipina

Conseillé par notre hôte, visite improvisée d’un monastère où on nous a laissé les clés, seuls et libres de visiter à notre rythme

Mais du coup si je perds du temps au restaurant, je fais moins de choses? Et ben non en fait! Mon bilan après quelques années dans cet état d’esprit c’est que j’ai jamais fait autant de sport, tourisme, restau et sieste que depuis que je vois les choses comme ça. Je m’impose une fiche de route légère pour les hébergements et sur place, je prends le temps de dénicher mes bons plans. Économiquement j’y gagne aussi et écologiquement je me sens mieux en brûlant moins de carburant. Il est possible que bientôt on aille sur certains sites en transport en commun, ça ouvre d’autres perspectives en obligeant à prendre le temps et finalement à chercher moins loin. Le temps perdu d’un côté est gagné de l’autre en faisant un voyage dans le voyage.

Saint Paul sur Ubaye, France

En quittant la route des grandes alpes, on découvre de petites sculptures de bois animées par l’eau

Malheureusement cette prise de conscience en amène une autre, la tendance du tourisme actuel.

Quand j’ai commencé mon métier dans le canyonisme, mes réservations étaient faciles. Un groupe de demandait une demi-journée, je lui proposais des dates. Un second groupe me demandait et je lui proposais des dates en essayant de compléter mon premier groupe et ainsi de suite. Les vacanciers me demandaient un canyon et je leur proposais un parcours qui me faisais envie. Ce mode de fonctionnement me permettais de sortir des sentiers battus avec des groupes de taille idéale, tous le monde y gagnait.

Maintenant ça a pas mal changé. nombreux sont ceux qui demande un créneau pour une journée et un canyon bien spécifique. Le groupe suivant une autre journée et un autre canyon bien spécifique et ainsi de suite. Si je propose de moduler d’une journée ou d’aller sur le parcours d’à côté, le groupe va réfléchir, c’est à dire appeler tous les autres pros afin de trouver celui qui va coller à l’inflexible attente quitte à le faire dans des situations peu confortables (météo, surfréquentation, kilomètres).

J’ai cherché à comprendre un peu et j’ai très vite compris que les vacanciers fonctionnent comme moi il y a dix ans quand j’avais ma to do list à remplir. Il faut avoir fait le canyon de Riolan, sauté à la mer, de l’accro-branche, une balade aux îles de Lérins, passé une soirée à la Siesta, mangé de la Socca dans le vieux Nice, baigné à la clue de Cerise, bu des cocktails à Juan les Pins, fais de la randonnée au Boréon pour avoir des vacances réussies. Il faut remplir la liste à tout prix sans variable d’ajustement, tout est chronométré, les trajets y compris, enlevant même la possibilité de manger un bout dans un restau imprévu ou de découvrir un spot de balade surprenant. Les vacances réussies le sont à la similitude des photos stars d’instagram et du nombre de like de l’album facebook. Si tu n’as pas la même photos et plus de 100 like, les vacances sont loupées.

J’ai la chance d’avoir beaucoup de mes clients qui reviennent chaque année pour les valeurs que j’essaie d’appliquer dans mon métier : Prendre plus le temps, sortir des sentiers battus, discuter et apprendre à se connaître, apprendre les uns des autres. J’espère pouvoir prendre encore plus le temps à l’avenir. Mais j’ai de plus en plus de groupes au téléphone où je me sens frustré de les voir courir en étant inaudible.

Heureusement ce n’est pas une généralité et la tendance ira vers du tourisme plus lent à terme mais d’ici combien de temps? le temps passe trop vite et combien de temps les gens vont perdre du temps à courir au lieu de prendre leur temps? Prendre le temps de ne plus en perdre?

 

Semaine canyon dans les Dolomites

Comme depuis plusieurs années, une famille passionnée me fait confiance pour une semaine de canyon parmi les plus beaux d’Europe. Après la Lombardie et le val d’Ossola, cette année on a jeté notre dévolu sur les Dolomites du Frioul.

L’idée est de fuir un petit peu la foule des touristes et découvrir des secteurs plus authentiques. Quoi de mieux que le canyon comme prétexte?

Le secteur de Tolmezzo est loin de la France mais regroupe une quantité impressionnante de parcours de qualité. Il y a de quoi improviser en fonction de la météo et des envies tout en restant dans des canyons de qualité. Mon groupe étant logé à la frontière autrichienne, j’ai privilégié les parcours autour de Chuisaforte à ceux plus à l’ouest.

Lavarie

Premier canyon du trip que j’avais déjà parcouru lors du stage perf il y a quelques temps. Cette fois ci sous un grand soleil et un débit correct. Premier canyon de la semaine pour se remettre en condition avec mon groupe. Revoir les techniques et profiter. Lavarie est assez technique avec une dernière cascade avec de multiples relais et mains courantes à installer lors des fractionnements. Un bon challenge pour moi de rendre ce canyon fluide en me rappelant mes UC grandes courses d’il y a quelques années. Avec l’expérience en plus, le stress en moins. On s’est tous régalé!

Lavarie

Lavarie

Lavarie

Lavarie

Lavarie

Préalba-Alba

J’ai suivi l’adage d’un collègue qui dit que ce qui est pris est pris, et qu’il ne faut pas hésiter à faire les belles courses tôt dans un voyage pour ne pas risquer de louper l’occasion. Préalba étant un des très beau du secteur. La marche d’approche vaut quelques sueurs froides et demande un pied sûr. j’ai hésité quelques-fois à encorder le groupe… Le canyon quand à lui est bien plus calme avec une première partie sublime, une seconde beaucoup plus douteuse mais heureusement courte et une fin surprise dans la collecteur Alba avec pléthore de sauts dans une eau dolo-mythique!!

Préalba-Alba

Préalba-Alba

Préalba-Alba

Préalba-Alba

Préalba-Alba

Préalba-Alba

Préalba-Alba

Préalba-Alba

Préalba-Alba

Préalba-Alba

Léale

J’ai eu les yeux plus gros que le ventre en voulant enchaîner Leale et Frondizzon. Leale seul est déjà un beau canyon, une vrai grande course là aussi avec un gros débit et des cascades techniques à gérer. Ça a été le coup de cœur du groupe. Une ambiance bruyante et inquiétante qui alterne avec des passages plus calmes et ludiques. Une valeur sure! On a tenté Tolmezzo pour manger ensuite et on a vraiment galéré pour trouver à manger, pas bon en passant.

leale

leale

leale

leale

leale

leale

Brussine

LA journée de la loose. On était parti pour faire Frauenbach en Autriche (le plus beau de ce pays semble t’il) mais après 1h30 de route le canyon était fermé pour manœuvre militaire, un nouvelle heure de route pour Vorderberger Klamm pour voir ce dernier interdit. On refait 1h de route pour arriver à Brussine qui était à 5 minutes du gîte de mon groupe et on s’est régalé. Un super enchaînement de rappels arrivant dans de belles marmites suspendues et une belle cascade finale arrivant dans le collecteur. Quelquefois, il ne faut pas abandonner l’espoir… Les jeunes se sont éclatés à équiper le canyon de manière fluide, de vrais équipiers!

brussine

brussine

brussine

brussine

brussine

brussine

Simon

Le canyon de la semaine pour notre groupe. On devait parcourir l’intégrale mais le matin je me ravise et ne vise que la partie basse. On aura bien fait, l’orage est arrivé quelques dizaines de minutes après nous. Simon est le plus beau canyon du secteur. Juste grandiose. Ne faire que l’aval comme nous est largement suffisant pour s’éclater et dure déjà quelques heures dans du très beau.

Rio Simon

Rio Simon

Rio Simon

Rio Simon

Rio Simon

Rio Simon

Rio Simon

Rio Simon

Rio Simon

Foce

Dernier canyon avant de repartir, Foce est alimenté par une source et est vraiment très froid. C’est beau mais c’est vraiment froid. On a pressé le pas dedans pour finir rapidement aux magnifiques sauts de l’Arzino en contrebas. A faire sur une courte demi-journée.

 

Vous aussi vous pouvez vivre un trip comme celui là. Que vous soyez un groupe de potes, un club ou autres passionnés. Il suffit juste de m’engager sur les jours voulus et la destination de votre choix avec la règle qu’au plus c’est loin, plus il faut de jour pour que ça amortisse le trajet. J’effectue un très gros travail de préparation en amont couplé à une grosse adaptation sur le terrain dont je peux vous faire profiter pour rendre une semaine canyon comme celle là fluide et confortable.

 

Balade en grande voie dans la Mescla dans Bagni di Lucky

Les grandes voies vraiment faciles où il suffit juste d’avancer pour prendre de la hauteur sont bien rares dans les Alpes Maritimes. Soit les voies sont raides et dans des niveaux qui demandent de grimper assidûment pour être à l’aise, soit ce sont des voies de montagne avec longues marches d’approches, météo erratique et rochers branlants. La faute surement à notre météo qui arrose copieusement l’hiver et chauffe d’été faisant pousser les plantes sur le moindre cailloux.

Gilles est un grimpeur de la #teamannot qui n’a jamais été suffisamment assidu pour devenir vraiment fort. Comme d’autres et nous y compris, on grimpe souvent, mais on a pas envie de se faire mal aux doigts, de s’entraîner en résine, de prendre des vols, de ne pas skier-canyoner-spéléoter-kayaker pour ne pas perdre le niveau de grimpe. Bref on grimpe tranquille et ça nous casse les couilles de serrer les prises 6 mètres au dessus de la dernière plaquette dans du 7. ça tombe bien parce que Gilles a pris le perfo pour nous offrir clé en main une grande voie de 8 longueurs intéressante avec aucune approche et dans un niveau de grimpe vraiment tranquille : Bagni di Lucky

Bagni di lucky

On y est tous passé devant, dans la Mescla juste 200 mètres après l’usine de Reveston où on se garera. La voie est en rive droite du Var. Quelques mains-courantes permettent d’y accéder mais l’idéal est de se mettre à l’eau quand celui ci est bas. On suit encore quelques cordes et on laissera bien sur la gauche la première longueur en 6c où elle est pour continuer jusqu’au fond d’un ravin sec prendre le départ original. Même si cette longueur est jolie, elle est hors sujet du reste.

Bagni di lucky

Bagni di lucky

Bagni di lucky

L’escalade se fait dans des dalles sculptées au plus compact. Il ne faut pas suivre certains points qui s’éloignent sur les côtés utilisés à l’ouverture mais bien ouvrir l’œil pour chercher l’endroit le mieux équipé. Les points sont souvent loin mais la difficulté est vraiment modérée. La troisième longueur se marche à corde tendue avant de reprendre pour les cinqs dernières. La difficulté ne dépasse jamais le 5 et à une certaine époque s’aurait plutôt été côté 4. Le rocher demande de l’attention parce que pas vraiment nettoyé, surtout dans la dernière longueur. Dans le facile, il peut y avoir 10 mètres entre les points, il faut rester tranquille, les difficultés sont bien protégées. La descente peut se faire en rappel mais le mieux est vraiment de sortir au sommet et de rejoindre au mieux le sentier du Reveston qui ramène directement à la voiture. J’ai pas de meilleur topo pour le moment que ma description ci dessus.

Bagni di lucky

La tête quand il sait qu’il va finir de nuit

Bagni di lucky

Bref une belle balade sans prise de tête ni pression dans l’esprit des grandes voies de Montserrat ou des calanques