Canyonisme au Maroc

Courant novembre mon équipier François m’appelle et me dit que les billets d’avion pour le Maroc sont au plus bas et que c’est le bon moment pour une aventure. D’autant plus qu’on bénéficie d’un transport maritimes puis terrestre pour nos bagages lourds et qu’on peut partir léger. J’ai pas de travail pour le moment alors zou, allons découvrir.

Il n’y avait pas vraiment de programme à part débarquer à Fes, récupérer la voiture de location et poser mon équipier à Erfoud avant de reprendre l’avion. On a imaginé un trajet descendant par Ifrane, Midelt, Beni Mellal avant de rentrer plein sud dans le haut Atlas vers Zaouit Ansahal. Passer à Imi’n’warn puis descendre au sud vers Ourzazate, Dadès puis Erfoud, Rissani. Forcément j’ai pas pu m’empêcher de regarder google earth et de voir plein de canyons par satellite sans la moindre information.

médina de fes médina de fes

Ifrane Maroc

ifrane benimellal

merzouga merzouga

Maroc merzouga

merzouga Maroc

Maroc Maroc

Avant de parler canyon, je voudrais parler de mon ressenti sur le pays. J’ai pas mal voyagé en Europe et en Amérique du nord, c’était donc la première fois que je mettais les pieds au Maghreb et en Afrique. J’ai déjà vu la pauvreté, j’ai été proche de zones de conflits que ce soit en Albanie/Kosovo ou en Ossétie/Tchéchénie ou en Bosnie. Pourtant en arrivant au Maroc et durant une bonne partie du voyage j’ai ressenti une forme de malaise. La culture marocaine est basée sur l’hospitalité, pourtant le lien à l’argent et à l’image de l’européen occidental n’est jamais loin. A juste titre, quelques dirhams pour nous ne représentent rien, mais changent pas mal de choses pour les locaux.  On est constamment en interaction, toujours dans un but de vente. Jamais on arrive à se mettre à un croisement, prendre la carte et se laisser porter par ses envies sans qu’une personne vienne proposer de vous conduire au restaurant ou à l’hotel ou au marchant de tapis du coin. Je ne parle pas de s’arrêter pisser au bord de la route en plein nulle part où on a pas le temps de finir la petite affaire qu’un gars est déjà arrivé en courant pour vendre des cailloux.

médina de fes médina de fes

Maroc

François connait ces us et coutumes et y est habitué. Il travaille assez fréquemment sur place. Il m’a servi de guide dans les relations locales bien souvent. Je conseille vraiment d’y aller avec quelqu’un qui sait à quoi s’attendre, encore mieux si c’est un marocain que vous connaissez, là la condition du touriste s’atténuera et vous deviendrez peut-être un voyageur.

Dernière chose avant de parler canyon : la sécurité.

J’écris cet article trois jours après l’assassinat des deux touristes scandinaves. A une dizaine de jours près on les croisait dans l’Atlas. Ce n’est pas évident d’être totalement objectif en étant touché par cette tragédie. Pour moi ce pays n’est pas plus dangereux qu’un autre mais donne une drôle d’impression liée à mon paragraphe précédent. Pourtant la probabilité d’une mauvaise rencontre est la même que chez nous. Vous allez rencontrer des enfants, des femmes, des agriculteurs, des bergers, des marchands, des vieillards, des gens riches, des gens pauvres. Comme chez nous quoi.

La Gendarmerie royale est très présente, tout comme l’armée et dégage une certaine crainte. Les vols sont peut être même moins fréquents que dans nos grosses agglomérations françaises. A aucun moment on s’est inquiété pour notre matériel. Pourtant un autre culture est présente avec ses spécificités, ce sera vous l’étranger. De votre comportement dépendra celui de l’autre. Comme partout en fait.

Maroc

Maroc

Le canyonisme au Maroc Quand j’ai commencé à chercher des idées, j’ai posé la question à google.

  1. Premier constat, deux ou trois professionnels travaillent le pays. Cool je suis pro aussi, je vais leur poser des questions de confrère à confrère : choux blanc pas choukran, dommage. Julien, un collègue français m’aide bien plus, merci à lui.
  2. Seconde référence : descente-canyon.com et là il n’y a pas grand chose. Les sites collaboratifs marchent mieux pour les canyons d’intérêt relatif en France que pour les canyons d’aventures à l’étranger.
  3. Bref on revient sur les bonnes bases : google earth et là vu du ciel, il semble y avoir pas mal de choses mais avec deux problématique de base. L’échelle et les accès. Le pays est immense et il faut vraiment zoomer fort pour voir quoi que ce soit. Et quand forcément on trouve quelque-chose vu qu’il y a des canyons partout, on réalise que c’est pas du tout facile d’accès.

 

 

Très vite je comprends qu’il ne va pas falloir être tout feu tout flamme et qu’on va mélanger balade dans le pays et se poser sur certains sites et optimiser l’activité canyon.

Premier secteur la vallée de l’Ahansal vers Bin el Ouidane. bin el ouidane

la cathedrale Maroc

Maroc Maroc

Maroc Maroc

On commence avec du clé en main avec un canyon décrit sur descente-canyon.com et un autre conseillé par mon confrère verdonien le même jour dans les environs de Bin el Ouidane. Les précipitations récentes ont tout mis en eau et on se régale. L’équipement est même très bon. On dort au gite de la cathédrale où on y rencontre Moha. Ce canyoniste est formé par des guides français qui mettent en place aussi un cursus de formation au niveau de l’état.

On discute quelques temps et les objectifs les plus pertinents ne sont pas en conditions. Il reste d’autres canyons mais notre interlocuteur reste flou sur leur localisation et l’intérêt. Bref on a un pays à visiter alors on reprend la route.

Cette vallée reste en tous cas un spot fabuleux d’escalade, d’eau vive, de randonnée et de canyon. Il y a de quoi y rester une bonne semaine. Le plus dur étant d’avoir les bonnes infos…

Maroc

On reprends la route dans le haut Atlas, on traverses de nombreux villages et des paysages à couper le souffle. On s’arrêtera au village de Megdaz où on passera du temps à discuter avec des médecins français qui s’occupent du dispensaire. Rien n’est rose encore au Maroc et c’est pas près d’évoluer. C’est beau de voir cet investissement humain et conforte quelques idées d’humanisme. On finit par arriver sur un des autres objectifs du voyage, au sud et plus au chaud. La vallée de Dadès.

haut atlas

haut atlas haut atlas

magdaz

Second secteur la vallée de Dadès vers Tinghir.

Dadès a un coté étrange entre ces villages où le temps ne s’est pas écoulé et ces hôtels qui poussent comme des champignons à quelques mètres les un des autres. Pourtant il y a de quoi y passer un bon moment et j’ai ressenti une plus grande facilité aux rencontres. On a descendu cinq canyons voir plus selon la définition du mot. Le potentiel est énorme mais beaucoup de choses ont là aussi été faites.

Comme les informations n’existaient pas, j’ai mis pas mal de choses à jour sur descente-canyon.com. L’équipement est beaucoup moins bon que dans l’Ahansal. Variant du rien du tout qui est potentiellement une ouverture, aux points coupés, volés ou franchement pourris avec de temps en temps un ancrage surdimensionné. Certaines approches sont bien musclées voir nécessitent un accompagnement avec des locaux et des mules ce qui peut générer de grands moments de partages.

Maroc

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Le terrain d’aventure en canyon

Au Maroc ce terme reprend son sens autant dans l’approche, la descente que le retour. Il faudra user de vos capacité de navigation en montagne ou milieu désertique avec des cartes plus ou moins justes. Il faudra surtout avoir une paire de jumelles et compter sur votre instinct pour trouver les passes idéales.

Dans les canyons le débit posera rarement problème, le manque d’équipement déjà plus. Il faudra soit partir lourd avec perforateur et points soit imaginer des stratagèmes pour franchir les cascades avec l’équipement que vous aurez.

La créativité prime alors, tout en devant être irréprochable en terme de sécurité vu qu’il n’y a pas de secours sur place. Il faut regarder si une lunule existe, si un crochetage quelconque est possible. Construire des corps morts ou passer la corde autour d’une formation rocheuse.

Maroc

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J’en profite pour faire un peu de publicité. Si vous êtes intéressé pour apprendre des techniques du genre j’en propose en formation. 

Bref le Maroc…

Une belle terre à découvrir. Sur laquelle il faudra prendre votre temps, chercher la bonne rencontre, rester dans un endroit pour découvrir ses secrets. Une terre d’aventure humaine et sportive. Un endroit où vous serez l’étranger, allez y!

J’ai testé pour vous le canyon indoor

Alors je vous arrête de suite, c’est pas vrai. Je ne l’ai pas testé pour vous! J’y ai juste travaillé quelques jours vu que c’est quand même une part de mon travail à la base. Par contre je souhaite réellement écrire sur ce sujet.

Du canyon indoor quésaco? c’est où? 

Le premier canyon artificiel est né à Argelès. Il s’agit d’une structure métallique sur laquelle on a formé un paysage sculpté en polystyrène et recouvert de béton projeté. Des pompes alimentent des cascades qui chutent dans des bassins profonds et réguliers. Des escaliers permettent de remonter aisément au départ de l’obstacle afin de profiter d’un nouveau franchissement.

A saint Martin de Vésubie a été construit le second canyon artificiel mais celui ci a été intégré dans un énorme complexe avec salle d’escalade, SPA, piscine et autre activité de montagne, le tout en intérieur.

vésubia moutain parc

Est ce bien du canyon? 

Alors ma réponse est oui, franchement. On enlève tout le milieu naturel, sa beauté et ses risques inhérents comme les crues ou chutes de pierres mais on garde exactement les même franchissements avec aussi les même risques inhérents comme les sauts loupés ou les toboggans mal réceptionnés. On saute de 1 à 6 mètres. On glisse de 3 à 5 mètres avec des toboggans éjectables. On fait des rappels de plusieurs hauteurs plus ou moins arrosés.

On peut très facilement comparer un encadrement au vésubia à la descente du Jabron dans le Verdon. Ce n’est pas un parc d’attraction mais bel et bien une structure artificielle de canyon. On y aborde l’activité avec les même valeurs : la prudence, le dépassement de soi et le ludique. Certains ont peur, pour d’autres ce n’est pas suffisant, exactement comme en extérieur. Le chlore en plus, la nature en moins.

vésubia moutain parc

Comment ça se passe? 

L’organisation est exactement la même que si vous appeliez un professionnel pour faire du canyon classique. Le gestionnaire est l’UCPA Vésubia mountain parc. Il y a des planning et des créneaux libres ou pas. Si les disponibilités tombent en même temps que les vôtres, vous réservez et vous avez le lieu et l’heure de rendez vous. Comme en extérieur vous vous changez et finissez en maillot de bain. Equipement du groupe avec le guide présent qui vous explique comment enfiler une combinaison, un baudrier et un casque. Briefing comme avant un canyon naturel puis activité. Seule les marches d’approches et de retour sont réduites au néant, pour le reste vous avez une heure d’activité bien intense.

Combien ça coûte? 

Le prix d’une sortie est d’environ 25 euros. Ça peut sembler cher à certains ou pas cher pour d’autres, le prix est très cohérent avec le canyon naturel. C’est deux à trois fois moins cher mais le temps d’activité est divisé par deux à trois aussi.

Est ce que les clients s’amusent? 

Comme des petits fous. De manière assez surprenantes, les canyonistes en herbe ( plastique) sont assez impressionnés par l’ampleur des obstacles. Ce n’est pas vraiment un canyon débutant mais plutôt déjà avancé. L’avantage est de pouvoir contourner chaque franchissements. L’inconvénient est de n’avoir que deux rappels pour le faire. Les « non » sauteurs seront vite frustrés à prendre les escaliers.

Est ce que les clients apprennent des choses? 

L’apport pédagogique est plus limité car il se limite exclusivement aux sauts et aux rappels. La même chose qu’en extérieur vous me direz, mais là la marge de manœuvre est plus réduite. Il peut malgré tout vite devenir un entrainement au saut parfaitement exécuté afin de se voir offrir la possibilité de monter à l’étage du dessus. Pour la possibilité de s’équiper en rappel, d’équiper le rappel, de compter les truites, c’est pas tant possible…

vésubia moutain parc

Est ce que les clients iront faire du canyon en milieu naturel?

J’espère vraiment que les visiteurs verront leur curiosité éveillée et leur peur rassurée et découvriront avec un moniteur les sublimes canyons des Alpes Maritimes ensuite. Il vaut mieux pour eux parce que contrairement à l’escalade qui se pratique facilement en salle, il n’y a qu’un seul canyon au monde en intérieur.

J’ai quand même souvent ressenti que de nombreux pratiquants n’étaient pas attirés par l’activité naturelle. Une personne m’ayant posé la question de savoir si ça existait!! Et forcément que ça devait être dangereux… Il reste du travail à faire pour éduquer.

Et pour le guide comment c’est? 

Bah oui bonne question. Et pour bosser c’est comment? Au premier abord c’est extrêmement confortable. vestiaire juste en face de la piscine finale, non obligation de faire les obstacles, départ de cascade confortable, température constante, possibilité de travailler même sous la plus grosse neige. Les clients sont accueillis et briefés par les hôtesses de caisse et arrivent quasiment prêt.

En fait assez rapidement s’installe la répétition des rotations et la baisse d’attention à répéter les même consignes millimétrées. Surtout que les chutes d’eau sont très bruyantes. La variété d’approche pédagogique qu’on effectue en extérieur dans un même canyon n’est pas possible là où il manque la nature. Tout les groupes se ressemblent et tristement le soir on ne se souvient plus des visages.

Il est vraiment important de mon avis d’avoir une rotation fréquente des moniteurs afin de garder une grosse motivation et d’éviter l’accident de fatigue dû à la baisse de vigilance.

Faut il renouveler l’idée? 

Assurément. Des structures du genre auraient leur sens dans les grandes mégapoles comme Marseille, Lyon, Grenoble ou Paris. Mais aussi en montagne péri-urbaine histoire de désaisonnaliser les activités. Le défi financier de faire vivre une telle structure semble compliqué, le remboursement hypothétique, mais il est surement possible d’imaginer à terme un développement du canyon « fitness », le soir après le boulot comme l’est devenu l’escalade. Affaire à suivre!

Visions d’automne

Cette semaine j’ai participé à mon premier recyclage de mon diplôme. Ça fait déjà 6 ans que je travaille. Que le temps passe vite!

Sur la route des Hautes Alpes il y a quelques beaux points de vue. Les derniers de ce genre avant la neige du WE prochain qui va blanchir tout ça.
col de la bonette col de la bonettecol de la bonettecol de la bonettecol de la bonettecol de la bonettecol de la bonettecol de la bonette

Balade aux lacs des Lignins

randonnée spéléo lacs des lignins

Ce WE il y avait exploration aux Lignins. Je rejoins la joyeuse équipe des spéléos des Chamois qui a laissé la grotte « d’en bas » afin de se concentrer sur l’origine de l’eau, tout en haut aux lignins et dans une des nombreuses pertes.

On monte par la baisse de l’Orgeat, merci à l’ONF pour nous permettre de prendre ce passage qui raccourci franchement l’accès. Raccourci okay, mais il faut quand même deux heures pour y aller. On est pas dans l’endroit le plus isolé des Alpes pour rien.

La montée se passe par le plateau de pisse-en-l’air puis traverse vers la baisse de travers (on l’a pas inventé celle là) avant de redescendre dans le vallon du Carton.

La perturbation arrivant donne des jeux de lumière extraordinaires. Avec des paysages allant des plateau d’Ecosse ou d’Islande ou de Norvège. J’arrive au refuge à la tombée de la nuit et retrouve mes équipiers de spéléo pour une petite soirée bien sympa.

randonnée spéléo lacs des ligninsrandonnée spéléo lacs des ligninsrandonnée spéléo lacs des lignins

Je passe la nuit dans ma tente au pied du grand coyer. Le vent souffle assez fort mais ce coup ci j’ai bien arrimé l’ensemble. Par contre j’ai été optimiste sur le duvet et j’ai quand même pas bien chaud. La pluie commence vers 5 heures du matin et vu l’ambiance je me dis que la neige ne doit pas être bien loin.

Le réveil se fait avec une lumière irréelle avec le soleil s’engouffrant sous la perturbation.

randonnée spéléo lacs des lignins

Deux heures après le paysage a changé d’ambiance. On est trempé jusqu’à l’os. On est allé rentrer le matériel à la grotte et la pluie-neige ne nous a pas loupé.

randonnée spéléo lacs des lignins

On rentre tranquillement ensuite avec des paysages toujours aussi grandioses.

randonnée spéléo lacs des ligninsrandonnée spéléo lacs des ligninsrandonnée spéléo lacs des lignins

Gestion des vasques pièges

Définition d’une vasque piègeexemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

Lors du creusement des canyons, certaines bases de cascades forment des marmites aux bords verticaux. C’est bien souvent des endroits propices aux sauts et la plupart du temps on ne remarque jamais ces formations.

Cependant quand le niveau d’eau baisse parce que le canyon sèche ou parce que l’eau s’échappe par une faille voir un siphon, la sortie de ces bassins devient vite problématique. Le canyoniste est alors piégé sans pouvoir atteindre en escalade libre le seuil de la cascade suivante.

On parle alors de marmite piège en France, de marmita trempa en Espagne ou de keeper pothole aux états-unis.

Ces obstacles sont signalés dans les descriptions lorsque le franchissement est vraiment problématique. Exemples en photo : Rio-sec, Little Baker, Otin, Portella, Estrets

topographie marmites pièges

Exemples

  • Otin-Guara-Espagne
  • Consusa-Guara-Espagne
  • Valfiguera-Catalogne-Espagne
  • Portella-Crete-Grece (siphon)
  • Murdarit-Tirana-Albanie
  • Bogovë-Berat-Albanie
  • Imberguet-Alpes Maritimes-France
  • Rio-sec-Alpes Maritimes-France
  • Good day jim-Lake Powell-Utah
  • Poe -Lake Powell-Utah
  • Quandary-San Rafael Swell-Utah
  • Imlay-Zion-Utah
  • Neon-Escalante-Utah
  • Bianca-Piémont-Italie (sous tirage)
  • Orbisi-Sardaigne-Italie
  • Aua di Mer-Grisons-Suisse (siphon)
  • Turnigla-Grisons-Suisse (siphon)

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

Techniques de franchissement du premier de cordée

Heureusement le canyoniste est imaginatif, sinon des centaines de personnes seraient encore coincées dans ces pièges. Cependant ça demande un peu de matériel, un peu de condition physique et surtout de l’anticipation en amont. Si un groupe doute quand à sa capacité à s’échapper d’une vasque piège autant attendre que le bassin se remplisse aux pluies suivante ou d’y aller avec un équipier connaissant le problème.

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

évitement

Il s’agit de la technique couramment utilisée. Quand il est possible, il vaut mieux éviter de rentrer dedans. On peut penduler sur une rive, utiliser des déviations si il y en a, suivre une main courante si il y en a, passez en opposition au dessus ou carrément passer par les rives.

Exemple : Imberguet, Aua di Mer, Bogove, Portella

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

courte échelle

Quand il n’y a pas le choix et que le groupe est obligé d’aller dans le bassin, la technique la plus aisée est de faire la courte échelle à ses équipiers. Le bassin ne doit pas être trop profond et les équipiers en condition physique normale.

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Quand le bassin est plein d’eau, il est possible d’utiliser les sacs avec les bidons étanches comme point d’appuis. Certains utilisent même des bouée gonflables. La difficulté est clairement augmentée sans appuis au sol.

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

Il peut dans certains cas être possible de ramener des embâcles depuis l’amont afin de s’en servir comme d’échelle de branche.

exemples : Quadary, Imlay, hedless hen

sac en contrepoids

Quand le bassin n’est pas trop long avec un aval suffisamment raide, il est possible de jeter le sac à l’extérieur et de s’y tracter. Cette technique demande un sac suffisamment lourd; les américains lestent avec du sable; suffisamment de friction ; mieux vaut descendre totalement dans le bassin que tirer à niveau. Il est possible de jeter plusieurs sacs.

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole 

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

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Info à noter, cette technique marche mieux si vous attachez le sac avant de le lancer…

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

Dans les cas les plus extrêmes, il sera possible de remonter aux bloqueurs d’ascension (jumar), en douceur et avec un parage des équipiers si le sac venait à glisser.

exemples : Poe, Imlay, good day jim

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lancer de corde

Variante de la technique précédente qui consiste à faire un nœud avec plusieurs boucles et à le coincer dans une faille de rocher ou dans un tronc d’arbre afin de s’y hisser. Pareil, soyez pragmatique en ne tirant pas sur un embâcle bancale. Cette technique est applicable dans de nombreux cas, on y pense pas souvent.

exemple : Choprock, Imlay

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

escalade artificielle

Quand aucune des techniques précédentes n’a fonctionné, il est temps d’utiliser les grands moyens.

La technique la plus rapide qui demande beaucoup d’anticipation consiste à accrocher sa corde à un crochet d’escalade artificielle et à une tige. Cette tige peut être une sonde d’avalanche, un arceau de tente, un bâton de marche ou une branche longue. On pose alors le crochet sur un rebord crochetant et on remonte aux bloqueurs tout en douceur dessus. Testé et approuvé mais sueurs froides assurées.

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exemple : Rosenlaui pour atteindre un relais glacé

La seconde technique consiste à utiliser des points en place et à y grimper en A0 c’est à dire se hisser via une pédale ou un étrier, se longer sur le point et accrocher sa pédale sur le point suivant.

exemple : Bianca, Orbisi

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

La troisième technique est un savant mélange des deux précédentes. On pose les crochets dans des trous naturels ou forés au tamponnoir et on se hisse délicatement. Angoisse absolue!

exemple : Imlay, Rio sec quand il n’y a plus la corde.

Passage du reste de l’équipe

Tout dépend de la configuration et des possibilités ou non d’ancrage. Chaque marmite piège aura sa spécificité

Hissage

Si le groupe est descendu dans le bassin et que la pente n’est pas trop rude. L’équipier resté en haut peut tracter le plus léger resté en bas. Ensuite les deux se mettent ensembles pour tracter le plus léger restant. Le plus lourd étant tracté en dernier par tout le groupe. Ambiance rigolade assurée!

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Mouflage 

Variante du précédent mais avec une pente trop raide pour hisser les équipiers en force. Il faudra donc moufler en technique crevasse.

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L’ancrage pourra être métallique si présent, naturel si on trouve un arbre, une lunule ou des rochers pour créer un corps mort. ou humain à condition d’être bien calé. ça demande un bloqueur, une poulie traction et un peu de patience.

Rappel guidé

Il est souvent possible de tendre une corde depuis l’ancrage amont jusqu’à l’aval. Cet ancrage doit être irréprochable pour éviter la chute de l’équipier sur la ligne guide quand il arrivera au milieu de la flèche. Cependant un corps mort ou des équipiers longés les uns aux autres peuvent suffire pour tendre un guidé.

Exemple : Orbisi, Valfiguerra, Otin

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

Remontée aux bloqueurs

Je l’écrit en dernier mais ça reste un peu le B-A-BA du canyon. Dans ce cas là on fixe la corde à un ancrage; si elle ne l’est pas déjà; un équipier, un amarrage naturel et l’équipier(s) resté(s) en bas remonte(nt) soi même sur bloqueurs.

Si la corde est en place, attention à l’état de cette dernière, ne pas se suspendre aveuglément sur une corde restée peut être depuis des années.

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Pose d’étrier de via ferrata 

Non je rigole, ça n’a pas été fait à ma connaissance. Mais effectivement la pose d’une échelle en fixe règle bien le problème. Mais ça dénature peut être un peu l’éthique de l’activité?

De plus la présence d’étrier caché sous l’eau peu causer le coincement d’un membre générant une blessure potentielle voire d’un embâcle dangereux. Quand aux crues elles ont un bon potentiel pour réduire ces aménagement à néant laissant juste des ferrailles polluer l’endroit.

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La technique à la française

Laisser la personne se démerder, faire des photos et rigoler.
exemples de marmites pièges, marmita trempa, keeper pothole

Il est tout à fait possible pour moi de vous former à ces différentes techniques dans le cadre d’une journée de formation. Cette journée se déroule à l’engagement que vous soyez 2 ou 8. Elle se déroule dans un ou plusieurs canyons supports dans Alpes Maritimes comme Rio-sec ou Imberguet.

Contact : 0660969713

Alors n’hésitez pas!

La tournée des classiques

Cette semaine j’avais une commande bien plaisante qui consistait à faire le tour des canyons classiques des Alpes Maritimes. Ilan était venu avec ses amis et famille pour une semaine et alternait entre randonnée en autonomie et canyons avec moi. Notre programme était Chaudan, Berthéou, Riolan, Maglia, Amen et Aiglun. Un programme bien ambitieux mené à bien malgré une belle fatigue des membres de l’équipe.

Je n’ai pas pu participer à toutes ces journées. En reprise de la marche, c’était déjà ambitieux de faire du canyon alors que j’étais sensé marcher avec une attelle quelques jours encore. J’ai donc confié deux journées à des équipiers habitués(els).

Premier jour Chaudan et Berthéou

Prise de contact avec mon groupe et découverte du canyon aquatique pour la plupart. J’ai été surpris de leur faire découvrir les sauts et toboggans. En effet en Israel les canyons sont sec à l’instar des canyons d’Utah, du Maroc ou d’Oman. Chaudan était frais comme bien souvent et l’eau bien trouble depuis les orages de cet été.

clue du chaudan clue du chaudan

deuxième canyon du jour Berthéou avec sa flopée de petits rappels. On a fini assez tard.

Vallon de Berthéou Vallon de Berthéou

Second jour Riolan

C’est Simon qui a géré cette sortie. Mon ancien stagiaire devenu guide a profité d’une eau limpide et de conditions douces pour la saison. Un superbe Riolan que peu auront savouré cette année.

Quatrième jour Maglia

La classique Française! pas pour rien quand on voit la succession de sauts, toboggans et bassins limpides.  Une belle journée encore avec les premiers nuages annonciateurs d’automne.

maglia

Sixième jour Amen

Sylvain a encadré cette journée bien sportive. Seul quelques membres du groupe y ont participés. L’intégrale d’Amen fait parti des classiques difficiles du département. A faire avec une météo parfaite.

Huitième jour Aiglun

Dernière journée dans un des plus grandiose canyon de France. L’eau était bien fraîche mais les lumières rendait l’encaissement encore plus profond. C’était agréable d’y aller après une saison chaotique où ce canyon était en crue perpétuelle.

clue d'aiglun

clue d'aiglun clue d'aiglun

clue d'aiglun

 

Et vous? Seriez vous tenté par l’aventure? 

Cette année deux familles m’ont fait confiance pour organiser une sortie en val d’Ossola et une sortie dans les alpes Maritimes décrite ici. L’organisation était similaire. On se retrouvait le matin pour faire des canyons prévus. Il faut juste participer à plusieurs jours consécutifs pour que le déplacement soit valable pour moi. Les familles s’organisaient pour le logement et le transport. Il y a plusieurs destinations où un tel voyage est possible :  France, Italie, Albanie, Grèce, Oman et pourquoi pas ailleurs. N’hésitez pas à me contacter si vous êtes intéressé.