Canyon du Verdon en kayak

Tous le monde connait le Verdon pour le kayak, on pense immédiatement au rafting au départ de Castellane dans un paysage provençal typique, falaise grise et odeurs méditerranéennes. Pour d’autres ce sera plutôt la remontée des gorges en canoë sur le lac de Sainte Croix. Mais les vrais gorges du Verdon sont bien celles qui ont fait la renommé mondiale du site et pas les deux balades touristiques citées plus haut. Le Verdon, le vrai, ne se découvre pas comme ça et excepté les grimpeurs, quelques canyonistes et les pêcheurs, pas grand monde ne le connait vraiment.

C’est ma seconde visite dans le canyon et la première pour Stefan et Julie. On a préféré passer par David de l’école de kayak du Verdon pour nous guider. Je ne me souviens pas vraiment de toutes les subtilités et il y en a un bon paquet. En effet la descente n’est pas vraiment dure mais ponctuée en permanence de siphons goulus prêts à avaler un kayakiste avec tout son matériel et les coincer contre des branches jusqu’à la prochaine coupure du barrage EDF. Passer par un des rares pros local permet d’avoir l’esprit plus tranquille même si il faudra naviguer sûr et surveiller les autres tout du long.

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On a commencé la descente directement au solitaire, premier rapide classe 4 de la descente. S’en suit une belle balade dans le couloir Sanson sans grande difficulté. On passe sous l’immense baume au pigeon et on sort très vite de l’étroiture. Il faudra être vigilant parce qu’un premier dédale arrive avec des passes bien précises pour pas nager dans les premiers gros siphons. Je ne me souviens pas de la rivière comme ça et David me fait comprendre qu’il y a presque 10m3s de plus qu’annoncé par EDF, débit de mon dernier passage.

Ensuite la balade est tranquille pour quelques kilomètres, on peut se relâcher et regarder les immenses falaises auprès desquelles volent des vautours et se sentir de plus en plus loin des marcheurs, pourtant si près vu qu’on suit le sentier Blanc Martel depuis le début. On flotte jusqu’à la passerelle de l’Estellier, le début de la partie animée.

On repère le rapide et Julie décide immédiatement de porter. David nous flashe le rapide classe 4+/5 et on passe sans encombre. Je l’avais déjà fait mais sans avoir la finesse des informations d’aujourd’hui et c’est un confort incroyable. Dans le dédale suivant, on rencontre un portage en rive gauche sur siphon intégral suivi très vite d’un rapide assez violent, le Niagara classe 4 où j’avais bien flippé la dernière fois en esquimautant de justesse dans l’endroit qui craignait le plus. Quelques chicanes et une petite nage féminine et on arrive au Styx classe 4 aussi avec deux beaux seuils successifs. On met en place la sécurité et chacun passe à son tour avec une belle chandelle de Stefan qui n’avait pas vraiment envie de finir dans l’inquiétant drossage.

Le Styx
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L’imbut
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Quelques encablures plus bas, on arrive à l’Imbut et sa séance de portage par dessus les siphons. L’imbut est vraiment impressionnant car sous un chaos rocheux, à la limite de la spéléologie. Derrière on souffle, on passe la voute d’émeraude bien nommée et on flotte tranquillement dans la partie la plus sauvage. On passe le rideau, siphon intégral laissant un petit passage pour les kayakistes.

Le rideau
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Je reconnais la sortie des canyons, Mainmorte, Ganhola, Barbin, Ferné et quand je reconnais Cabrielle je sais qu’il faut s’arrêter devant le double siphon intégral des Cavalets. J’en profite pour tomber en débarquant, signe de la fatigue qui arrive. On rembarque une dernière fois, le rapide des molosses passe et on se laisse glisser dans le lac déjà bien vidé jusqu’à la rencontre incroyable avec les pédalos et autres engins de plage flottant dans les gorges. On a tous fait le Verdon aujourd’hui mais pas vraiment le même et le choc des cultures est vraiment bluffant. Retour à la vie réelle presque brutal avec cette région qui ne vit que grâce au tourisme et ses excentricités.

Bières, burgers, discussions au bar à Castellane finiront de nous achever, demain on se reposera.

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