bivouac lors d'une descente en packraft de l'allier

Packrafting sur l’Allier

Les épisodes précédents

Sur la route retour de la Bretagne, on décide de faire une pause sur l’Allier pour une navigation sur deux jours. La météo est pourrie, il pleut en arrivant et de Brioude à Alleyras on est dans le brouillard le plus épais. Je raconte les histoires de la bête du Gévaudan qui s’est déroulé ici, je raconte les fêtes que j’ai fait et les aventures vécues. Ce n’est pas la première fois que je viens dans ce coin de France. Mon camarade de Lycée, Laurent avait ses grands-parents à Langeac et les miens étaient à Cusset. On est partis deux ou trois ans faire un trip C15/moto d’enduro. Pour moi c’est un peu un retour aux sources.

On s’installe au camping d’Alleyras où la gérante est hyper sympa mais qu’on aura le regret de ne pas l’avoir croisé autre qu’en téléphone.

L’allier

C’est une des rares rivières françaises à pouvoir se faire en plusieurs jours en eau-vive avec un certain niveau de difficultés. En effet de Naussac à Prades la rivière alterne entre classe 2, 3, 4 et 5/infran selon le niveau d’eau. Après Prades la difficulté ne dépasse plus le 2 jusqu’à la confluence avec la Loire 100km plus bas et l’aventure peut se poursuivre sur encore 600 kilomètres jusqu’à l’océan Atlantique. C’est une rivière granitique, véritable eldorado de la biodiversité avec des dizaines de kilomètres uniquement accessibles en flottant.

Un barrage régule en amont et laisse un débit de réserve navigable et adapté aux nombreux saumons. La rivière peut se faire toute l’année.

L’approche

Autre particularité, la rivière est suivie par une voie de chemin de fer et 3 fois par jour le TER passe. Les navettes se font facilement grâce au train. Depuis la rivière soit on ne voit strictement rien soit on voit des ouvrages d’art qui méritent leur nom tant ils sont impressionnants. Des ponts en arches, des tunnels.

On aura eu la chance ou la malchance de se voir expliqué tout ça par un papi scout avec son disciple très passionné qui nous auront tenu la discussion non stop. Toutes nos pensées vont à la jeune fille alcoolisée qui espérait finir sa nuit dans cette rame de train, tout comme nous en fait.

De Langogne à Naussac, la rivière n’a quasiment pas d’eau et on a pu faire du stop grâce à une dame très sympa qui nous a posé directement au départ. Décidément ce n’est pas l’ambiance iséroise!

C’est l’instant où on se demande bien ce qu’on fout là. Il fait 12° avec du crachin. La rivière part et on sait qu’on a environ 40 kilomètres de navigation avec un premier jour alternant classe 3 et 4. BRRRRR

Premier jour : Naussac => Nouveau monde

Premiers coups de pagaies et le débit de réserve est correct pour ne pas pagayer tout le temps mais demande pas mal de positionnement pour être toujours dans la bonne veine d’eau. On a des alternances de planiols dans un paysage qui semble beau mais bouché par le brouillard et quelques rapides plus actifs qui nous font dire qu’on est clairement sous équipé thermiquement. Les heures passent, le froid s’installe et on est obligé de s’arrêter faire du feu, on est en pleine hypothermie. On pense renoncer et on voit que sortir jusqu’à des maisons ne semble pas si difficile. On pousse et le soleil finit par offrir quelques rayons qui réchauffent, on persiste toujours. Portage, reconnaissance, pipi, grignotte, pagayage et on recommence. On voit de plus en plus de maisons. On arrive à Chapeauroux. On va faire la pause ici, si la météo dégénère, on pourra toujours revenir toquer à une porte en espérant y trouver un habitant. On est vraiment dans le bout du monde.

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Bivouac

Les nuages s’égrainent et le soleil s’en va. On a trouvé dans le méandre sous le nouveau monde un spot idéal pour bivouaquer. de l’herbe bien grasse, des arbres, du bois à profusion. J’installe le camp, Julie ramène du bois, on démarre un feu, les affaires s’égouttent. Le temps s’arrête et la tranquillité s’impose. On dort un peu, la lueur du jour est toujours là, comme le feu mais doucement les étoiles remplacent les nuages. Pas d’humidité bizarrement, on boit une bière heureux d’avoir enfin fait ralentir le temps. La nuit sera douce et bienveillante.

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Second jour : Nouveau monde => Alleyras

On se lève pas si fatigué que ça et la journée promet un peu de soleil. Ce second jour la navigation est plus régulière. Un rapide pas bien dur, un plat, un rapide pas bien dur, un plat. Le paysage est vraiment beau et on s’imaginerait bien au canada avec quelques ours. Les heures passent et l’ennui commence à pointer juste avant Alleyras. On a bouclé ce trip en se disant qu’on aurait pu pousser plus loin si on avait pas travaillé le week-end suivant. C’était classe.

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Et si on avait continué?

Le tronçon suivant, d’Alleyras à Monistrol était impraticable jusqu’à peu. Le barrage de Poutès interdisait le passage, le débit était trop bas mais on consensus a réussi à faire bouger les lignes et aujourd’hui le barrage est franchissable en kayak et par les saumons, le débit permet juste de passer et de rejoindre les parcours plus en aval.

Plus bas de Monistrol à Prades on trouve des parcours avec de beaux rapides qui se pratiquent en raft puis la rivière se calme jusqu’à Brioude avec un courant doux. Plus bas, Clermond-Ferrand, Vichy ça se calme encore avec beaucoup de plats mais l’aventure reste possible jusqu’à la Loire à Nevers puis jusqu’à Nantes où l’océan remonte. Tout un programme à imaginer

6 responses to “Packrafting sur l’Allier”


  1. […] fait du minitrip cet automne. On est allé en Bretagne et on a navigué l’Allier en passant. Puis on est reparti à Genova faire du canyon avec un groupe, j’encadre au RIF à […]


  2. […] s’est passé un pan de vie en Allier mais y revenir et vivre de belles choses m’a permis d’enterrer ce passage clairement négatif. Idem […]


  3. […] troisième mini semaine de vacances est finie après le trip Bretagne–Allier et celui des Hautes-Alpes. On rentre pour pleins de choses importantes de la vie d’adulte. […]


  4. […] troisième mini semaine de vacances est finie après le trip Bretagne–Allier et celui des Hautes-Alpes. On rentre pour pleins de choses importantes de la vie d’adulte. […]


  5. […] s’est passé un pan de vie en Allier mais y revenir et vivre de belles choses m’a permis d’enterrer ce passage clairement négatif. Idem […]


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