le titre veut déjà tout dire. on savait que gamchi était prometteur. un des canyons « extrême » suisse. praticable comme ses pairs l’automne avec des températures basses pour figer la glace. on savait que celui là était bien particulier. il débutait juste sous la langue glaciaire et il y a quelques années encore une partie se faisait sous la glace. on savait au vu des rares photos trouvé sur le net, qu’il était obscur, mais rien de plus….
depuis quelques temps quelques équipes sont passées dedans, tous s’accordait à dire que c’était exceptionnel. ce dimanche après trummelbach et un énorme plat de pizzoccheri préparé par Pascal la veille, on reprend la voiture avec Jeff particulièrement pas motivé. le chemin sera long vu qu’on se perdra et qu’on ne pourra pas « gruger » la route interdite, mais finalement on se retrouve à 6 avec Patrick, Éric, Jeff, Kev, Jams avec son sac et moi dans l’alpage de gamchi au pied du verrou.
lors de la montée on devine bien que le canyon se trouve dans la pseudo fissure visible du haut, les récits de caracal nous ont préparé au pire (faut dire que Stef narre bien les histoires), mais bordel quand même c’est pas un encaissement de rigolo, ça a l’air profond et sombre pour de bon!! on monte encore et on se retrouve face à une montagne énorme d’où s’écoule deux gigantesques glaciers qui se réunissent juste avant de mourir à l’entrée du canyon, ambiance… surtout en voyant la taille de la sortie des moulins.
on s’équipe dans le froid et on rentre dans la faille. l’encaissement devient vite beau mais s’estompe pour laisser la place à un chaos. on sait très bien que ça ne va pas durer et au détour d’un bloc la pente s’effondre et vient butter sous une falaise d’une centaine de mètre juste lézardée d’une étroite fissure. au plus on s’approche au plus la démesure de cette porte devient impressionnante. arrivé au bout du chaos l’eau plonge dans les abysses, un point rive gauche et c’est tout… d’après les indications ça fait 60m… patrick change un point abîmé par les crues titanesques, j’équipe et me voilà parti en premier. dès les premiers mètres je rejoins la cascade pour me faire copieusement arroser. la corde se déroule, je ne sais plus ou est l’aval, l’amont, je suis en pendule, dans le noir sous la cataracte et je prie pour que les indications sur la longueur de corde soient bonne… la descente dure une éternité puis d’un coup je devine les blocs au sol, ouffff. les équipiers arrivent et tous confirment que c’est impressionnant et vraiment bon. on tire la corde et c’est parti pour 2h de nuit…
l’ambiance est grandiose, l’encaissement monte à perte de frontale, on devine de multiples arches rocheuses, des lits fossiles, des cupules, des marmites suspendues… énorme!!! puis les rappels s’enchainent, tous dans le noir et dans l’actif glacial. chaque cascade est majeure, ça se verticalise encore plus à l’aplomb d’un puits d’une trentaine de mètres ou un peu moins, en bas un spectre lumineux inquiète autant que la cascade en elle même. vu du bas une vision de rêve commence, on devine l’entrée lumineuse d’un puits gigantesque où se jete au ralenti une cascade affluente, c’est irréel…
la suite est plus conventionnelle dans la catégorie canyon majeur, deux parois d’une centaine de mètre où on distingue peu le ciel et des rideaux d’eau amené par les affluents, l’étroit se referme de nouveau, il faut rallumer les frontales, ça deviendrait presque oppressant encore!! on rampe sous un siphon et quelques dizaines de mètres après on tombe sur la plaine… ouuffff c’était vraiment très beau…
alors oui pour moi il y a un nouveau canyon dans le top d’europe, et même certainement à la première place. et difficile d’imaginer que sa partie aval risque de le détrôner, griesbach semble encore plus beau!!! c’est trop tentant….
mais un peu trop d’eau….
photos par jerem, jeff et moi même
d’autres photos à venir sur le site de jeff





























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