Un voyage à thématique canyon? Faut déjà être un peu mordu vous allez me dire? Pourquoi ne pas passer ses vacances à mêler baignade à la plage et visite de lieux touristiques?

Je n’ai pas vraiment la réponse, à part qu’effectivement il faut commencer à être mordu. Du coup quelles sont les occasions pour organiser un voyage « ciblé » et pas multi-activité?

  • On va sur une zone avec une forte concentration de parcours intéressants, on veut s’en mettre plein les yeux et les jambes. exemples : Guara, Tessin, Utah, Alpes Maritimes…
  • Touristiquement l’intérêt est faible ou c’est l’intérêt personnel pour le tourisme qui l’est.
  • On aime le canyon tout simplement et on ne se pose pas forcément la question…
  • Certains vont au ski, à la plage, visitent des chateaux, pourquoi pas descendre des canyons?

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Un voyage canyon commence généralement après avoir vu une photo et s’être émerveillé.

Utah                                  Montenegro                         Apennins                         Crète                                                     Mallorques

High Spur DSCN0618-Skurda Set Avello 29 giugno 2010 cascade incroyable en crète, grèce fin de canyon à cala tuent, mallorques, espagne

On cherche où c’est, l’idée vient de germer.

La suite logique est d’utiliser nos moyens 2.0 c’est à dire internet. On cherche le nom du canyon, avec lequel on trouve généralement lié le nom du secteur, on tape les mots clés du nom du secteur et canyon et on regarde ce qui se dit sur la toile sur ce qu’il existe à coté. C’est le moment où on est content que tous les blogueurs n’aient pas cessé de publier après la démode, qu’on découvre que Flickr est un outil puissant mais que le logiciel ultime est bien google earth.

 

 

 

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S’en suit quelques recherches plus ou moins fructueuses et il est temps de passer à l’étape suivante : acheter un topo du coin et une carte routière!!

Pourquoi donc?

Parce que dans un topo-guide on aura pleins d’explications utile sur la réglementation, les parcours existants, des trucs et astuces, de belles photos et puis sur place, c’est l’instrument ultime.

Parce que le topo guide sans carte c’est un peu comme une fille sans shampoing, non mais allo quoi? Même si un croquis se trouve dans le livre, anticiper des temps de trajet, des villes pour ravitailler, chercher des points de chute pour se loger sans carte routière n’est pas bien pratique. Toutes les cartes du monde sont plus ou moins standardisées en échelle et légendes.

bivouac itnérant bavella, corse, franceUne fois qu’on a ces deux outils, il est temps de faire des ronds sur la carte avec des appréciations liées en s’inspirant du topo. Intérêt, difficulté, temps de parcours. On trouve vite une logique de déplacement (commencer par canyon A et finir par canyon D) ou un point central autour duquel graviter. On se retrouve généralement avec une sélection d’une trentaine de canyons pour une dizaine de jours…

 

 

 

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nissart team en crète avec notre hôte YourgosMaintenant qu’on a du concret, on en parle autour de nous. Amis, copines, clubs, clients, connaissances… correspondant au niveau général des canyons du secteur. Pas la peine d’aller au Tessin avec des amis débutants ne pratiquant pas la montagne, ni d’aller au fond du Cantal avec un groupe voulant faire que des canyons majeurs.  Il faut monter son team de façon cohérente. Il faut bien établir les règles du jeu et expliquer tout ce qui ressort de votre recherche précédente « map et topo »

 

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On a une liste de croix, les informations, les participants, il est temps maintenant de faire le programme.

Programme à double ou triple entrée. Un plan ne se déroule jamais sans accrocs, loi de Murphy et emmerdement maximum qu’est ce que c’est?

Une des règles que je m’applique dans mes programmes est de varier les durées/difficultés de parcours en alternant un canyon court et facile le premier jour pour prendre la température avec un long plus difficile le lendemain pour vérifier mes observations, suivi d’un court pour se reposer et ainsi de suite en augmentant la difficulté en milieu de séjour, afin de finir sur du plus facile en fin de période.

Le programme est donc une trame avec chaque jour des plans A, B et C dépendant d’événements imprévus  tels que route fermée, surfréquentation, crue, lâcher de barrage, fatigue…

En gros vu qu’on a une trentaine de parcours pour dix jours, on a nos plans ABC déjà tout fait. Il suffit d’alterner les difficultés/longueurs en incluant dans les plans A tous les plus beaux, dans les plans B les suivants et en plan C les choix de replis en cas de fort débit!!

Mais comment savoir lesquels mettre en priorité et lesquels utiliser en secours? Maintenant commence un long travail de documentation dont dépend la réussite du séjour. Il faut recouper les informations disponibles sur internet, les photos, lire des comptes-rendus et tout compiler par écrit : annotations dans le topo, classeur… Pour moi il s’agit du travail le plus long mais celui qui permet la veille au soir de ne plus se poser d’autres questions que j’ai envie de faire quoi et quel temps il fait?

tetrisLogiquement, après avoir fait le choix des canyons et du mode de nuitée (bivouac, gite, itinérance…) il reste à préparer le matos. Comme on a déjà pris des notes, il est assez facile de déduire une tendance sur les longueurs de corde qui seront les plus utilisées, ce seront celles à prendre en priorité.

En effet si un seul canyon à grande verticale est prévu, nul besoin d’emporter 3 fois la longueur utilisable!! Plutôt prévoir une grande longueur et 4 cordes moyennes. Sauf si au contraire, la mode est dans les grandes verticales, là…

Il faut savoir adapter son matériel aussi, peut être prendre du matériel spéléo pour des canyons très verticaux (avec le risque d’une grande remontée sur corde…) et à l’opposé de partir léger pour un trip guara avec juste quelques ficelles au cas-où. Idem pour l’utah en privilégiant un kit compact et de quoi confectionner des amarrages plutôt qu’un résurgence 55 litre toute option et un perfo…

Pensez bien que le matériel devra être réparti entre TOUS. Celui qui prends une corde de 10 mètres pour une semaine dans le Tessin sera sur de ne pas s’en servir et égoïstement, portera moins que ses équipiers. Bref réfléchissez bien avant d’oublier ou de trop prendre…

… Car oui ça peut être un problème si on prend l’avion pour se rendre à destination.

Le grand jeu quand on part en voyage en avion est de pouvoir amener son matériel avec 10 kilos de bagages à main et 20 kilos en soute. Autant dire que pour certains c’est mission impossible et pourtant en étant malin on se débrouille bien.

Il faut commencer à faire 4 tas :

  • L’électronique, topos et papiers d’embarquement
  • les vêtements lourds et grosses chaussures
  • la quincaillerie interdite en cabine
  • Le textile compactable.

L’électronique comme ordi, appareil photo, GPS, topos et guides, papiers d’identité… Vont dans la sacoche ordi qui n’est pas pesé!! Ce sac est toujours à porté de main, il faut mettre l’essentiel dedans. Les topos et autre bouquins sont très lourds en général. Les batteries aussi (perfo, frontale…)faudra ranger..

Les vêtements lourds peuvent être portés sur soi (à un époque on mettait nos cuirs de moto sur nous pour alléger le sac!). Pensez aux lourdes chaussures de randonnée aussi. Gardez les pantalons toiles et les tongs pour le sac et mettez les pantalons chaud sur vous, ce n’est qu’un mauvais moment à passer!!

La quincaillerie va naturellement en soute vu qu’elle est interdite en cabine, on complète ensuite avec le textile encombrant corde jusqu’à arriver au poids autorisé.

Le reste du textile va en cabine dans le sac de canyon utilisé comme sac de cabine!! Faites attention aux dimensions quand même!!

NB :

  • la corde est autorisée en cabine, certains l’ont passé en bandoulière autour du buste!! Le casque lui va en soute même si doté d’une Scurion…
  • une doudoune ou un duvet en plume est plus léger à chaleur égale que du synthétique. Une serviette de randonnée est plus légère qu’une de marche d'approche de mascun, espagneplage. Pensez aux textiles techniques et légers!!!
  • remplissez les volumes!! bidons étanche (à ne pas fermer complètement!!), chaussures, casque. Vous pouvez mettre pas mal de choses dedans.
  • Pensez à dégrapher les mousquetons du baudrier (volumineux)
  • le shampoing peut être acheté sur place, tout comme le déo. On peut toujours faire des lessives sur place. Allégez vous en consommables!!

J’ai déjà réussi à prendre matos complet spéléo-canyon-grimpe avec corde de 100 mètres + toutes mes affaires pour 15 jours dans un seul sac de 20 kilos, pourquoi pas vous?

 

Il reste deux aspects moins réjouissant à voir, le premier concerne les assurances. On est tous plus ou moins assuré en responsabilité civile vu que P1130274c’est obligatoire, ça marche si on casse l’appareil photo du collègue (et encore…), mais l’est on dans le cas d’un secours payant? Les frais d’hospitalisation? Qu’en est il du rapatriement? Et une fois chez soi, a t’on une couverture durant la durée de soin? Il faut bien être sur de ne pas avoir à faire l’avance car les sommes engendrées peuvent être colossales. Renseignez vous donc bien avant de partir auprès de votre assureur, mais aussi auprès de nos fédérations sportives. A noter que la RC d’un professionnel n’entre en compte que dans les accident dont il est responsable et pas pour votre entorse en marchant, assurez vous à titre personnel!!

 

 

retour fructueux de canyonLe dernier point rébarbatif concerne la réglementation. Je l’inscrit en dernier car dans plusieurs cas il est demandé de compiler toutes les infos ci-dessus pour monter un dossier pour obtenir les fameux sésames. Il faut néanmoins s’y prendre suffisamment en avance, car dans bien des cas, le mois précédents n’est pas suffisant. Restez dans les règles, votre portefeuille en dépend ainsi que la liberté de pratique pour les générations futures.

 

 

 

 

 

Avec tout ça vous devriez être paré pour de grandes aventures, organisez vous bien avant, c’est l’assurance de ne rien louper!! Et n’oubliez pas de mettre en ligne vos comptes-rendus en rentrant, ça servira surement à d’autres!!

 

 

 

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  1. […] Le seul hic de ce stage en fait aura été qu’on a pas pu prévoir les conditions exceptionnelles de cet hiver aux alentours de Rome. Pendant qu’à Nice on grimpait en tee-shirt, nos voisins accumulaient des mètres de neige à basse altitude, neige qui a brisé des arbres, créé des avalanche plus qu’à l’habitude. J’avais préparé mon circuit sur les dates de pratique habituelles des canyonistes italiens, heureusement j’avais prévu des plans B, C et D!!! […]

  2. […] plus lointaine, les Etats-unis d’Amériques. Peut être aurez vous vu plus tôt le billet voyage canyon à l’étranger comment se préparer? Je l’ai écrit en pleine préparation de ce voyage. Bilan : je m’étais plutôt bien […]

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