Pèlerinage en Sierra de Guara

Il est de ces endroits où tout semble tellement évident qu’on comprend aisément pourquoi une activité y est née. L’activité de descente de canyon s’est créé dans plusieurs endroits du monde en même temps.

Il est aisé de comprendre pourquoi, au fond d’un petit massif d’Aragon, écrasé par la chaleur, cet explorateur est allé baladé dans ces failles aux eaux transparentes et a commencé à le documenter. Quand quelques décennies plus tard, l’arrivée de la néoprène permet le développement de l’activité, l’explosion même, les pouvoirs locaux n’ont pas cherché à diaboliser ces huluberlus dans d’étranges combinaisons fluos mais l’a encadré avec une des premières réglementations qui aujourd’hui fait figure d’exemple de la protection conciliant un développement touristique fort.

Que serait devenue la Sierra de Guara si il n’y avait pas eu le canyonisme? Nul ne le sait mais aujourd’hui, partout là bas cette activité existe. Il y a des guides qui encadrent, des hôtels qui portent le nom des canyons, les menus des restaurant ont le nom des canyons, les belvédères touristiques et tables d’orientations indiquent les canyons. Les stigmates du terrible exode rural espagnol sont partout mais en Guara des jeunes se sont réinstallés avec leurs camions et bossant avec des touristes l’été venu, rénovant des maisons et grimpant les falaises pendant que les enfants sont à l’école. Un drôle de cas d’école justement pour nos mairies hostiles des Alpes Maritimes qui ne veulent pas voir le monde changer.

Juste pour situer le contexte, ma première visite en Guara, j’avais 7 ans, mon père me mettait à la montagne, je laissais les environs des tours d’immeubles de la banlieue marseillaise pour découvrir les oscuros en pleine aventure, il n’y avait rien, que des villages abandonnés et des cartes dessinée à main levées. On y est retourné quasiment 5 ans de suite avant de passer sur la découverte de l’Italie du nord. J’y suis ensuite retourné à 30 ans lors du passage de mon DEJEPS canyon, pour faire des canyons de liste intermédiaire comme Flumen ou Nuria.

Lors de ce séjour, on a varié deux activités, le canyon bien évidemment et le packraft avec navette en vélo. L’idée de la seconde activité était de commencer à préparer d’autres voyages plus ambitieux avec des navettes pouvant durer plusieurs jours.

Canyon

On a fait quelques parcours plus ou moins classiques dans l’ordre suivant :

Lapenilla

Faille évidente face au barranco del Rio , on débute sous un village abandonné, on passe par un étroit facile et continu avant de finir par un grand rappel sculpté. Pas incontournable mais ça permet de visiter un coin superbe, parfait pour le vélo

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Sarratanas

J’adore les barrancos dans le poudingue. Celui là on l’a choisi parce que court, pour un jour entre deux averses. Justement on s’en est pris une sur le parking, l’occasion de voir la crue immédiate du canyon et de le faire lors de la décrue quasiment aussi rapide. Du coup on l’a fait en débit correct, ce qui doit être rare.

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Palomeras de Fornocal

Voisin du premier, plus court et encore plus beau. On a regardé la météo et on l’a fait sans crainte. C’est somptueux et Julie a validé. Une heure après être sorti, un orage monumental est tombé avec pas mal de flash-flood dans le coin. Le lendemain matin le débit était de nouveau correct.

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Fornocal

J’étais persuadé de l »avoir fait, je l’avais même « coché » dans mes vieux topos et pourtant non. On y est allé après le gros orage de la veille, on l’a eu en eau du début à la fin. On a rencontré un groupe de sympathiques espagnols, eux aussi guides pour une descente efficace à souhait. Ils nous ont même sauvé pour la navette, et oui on a oublié les clés de l’antivol des vélos dans le camion en haut

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Portiacha

Canyon très court avec des rappels ambiance en fil d’araignée. On a failli enchainer sur Basender juste en face mais c’était déjà tard, on a pris la route des Riglos pour une nouvelle pluie.

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San Martin de Val d’Onsera

En arrivant le soir au parking on a vu des espagnols sortir avec des capes et k-way, de nuit sous la pluie. On s’est dit que ça devait pas être évident. Le lendemain, c’est pas le franc soleil mais l’ambiance était plus conviviale. Je suis content d’y être allé. C’est pas le canyon le plus classique de Guara, un peu mal aimé même. Pourtant avec l’eau qui coule, les vautours qui volent et le cadre super beau, on s’est régalé.

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Formiga

Après avoir pris un but dans Gorgonchon, on est allé faire Formiga, grand classique de Guara. Marche d’approche rapide et canyon, deux cascades et puis s’en va. J’avais souvenir que c’était court, en fait c’est peut être un peu surcoté. On y retrouve Alex et Alex venus de Nice pour quelques jours

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Mascun

12 ans après ma dernière visite en glace, j’avais envie de redécouvrir ce canyon fait plusieurs fois dans mon enfance mais dont les souvenirs commençaient à m’échapper. La dernière fois on y est passé trop vite. C’est facile de comprendre pourquoi ce canyon est renommé. C’est grand, ludique, facile et totalement atypique avec ces tours de calcaire partout dans le paysage

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Packraft

Le packraft n’est pas nouveau, on en a déjà fait lors du trip États-Unis. Le concept est assez simple, un bateau gonflable, le plus compact possible, qui offre une capacité de chargement pour combiner à une autre aventure, rando, canyon, vélo… Les atouts sont nombreux :

  • Compact, ça se range au fond du coffre sans prendre de place
  • Les boudins s’ouvrent et on peut ranger du matériel dedans
  • C’est relativement léger
  • La conception permet de naviguer des rivières assez péchues

C’est l’outil idéal en voyage pour qui veut flotter sur l’eau sans se faire chier à emporter du matos encombrant. On a fait deux rivières espagnoles.

Esera

On a navigué deux tronçons en 3/4 et 2/3 dont le premier s’appelle les pyramides. En fait l’Esera c’est facile, il y a des lâchers d’eau la journée pour le raft tous les jours. Il y a des parkings avec les topos indiqués, nom des rapides. En gros 5 ou 6 parties qui peuvent se combiner de la classe 1 à 4. C’est une rivière de type drop/pool permettant des récupérations faciles. Le tronçon sous les pyramides propose même des rapides sur roche mère de belle qualité. Il parait qu’il y avait un permis à payer certaines années, on a rien vu de tel. La rivière est fréquentée, il est facile de trouver des navettes. Nous on aura fait en vélo, mettant nos packraft en mode sacoche pour profiter d’une seconde activité au retour. C’était une première et le chargement aura été épique!

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Gallego

Située sous les splendides Mallos de Riglos, falaises de conglomérat mondialement connues pour l’escalade incroyable qu’elle propose, la rivière Gallego ne démérite pas. Bien plus courte à naviguer que l’Esera, la navigation se fait sur du volume avec des rapides souvent faciles mais toujours puissants. Un seul rapide 4 sur le parcours où faudra faire bien attention vu qu’il est constellé de siphons gloutons. On a aussi fait la navette à vélo et c’était bien agréable.

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Une réponse à « Pèlerinage en Sierra de Guara »


  1. […] ouvert un champ de possibilité bien plus large pour les navettes et les balades mais lors du voyage en Guara le porte bagage nous a montré la limite de son encombrement qu’il soit pratique ou pour les […]

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