ça faisait des années que je voulais passer du temps en Croatie. J’avais repéré des paysages incroyables avec des rivières disparaissant sous terre avant de réapparaitre plus loin, des centaines d’îles à découvrir et l’influence de l’Europe de l’est se marquer. Il était temps de prendre le temps. Première étape en arrivant de Slovénie, Ogulin. Il s’agit d’une petite ville atypique car la rivière Dobra disparait sous le village pour réapparaitre 7 kilomètres plus loin. Le réseau karstique nous intéressait, tout comme la rivière. On ne fera finalement ni l’un ni l’autre.
En effet il est interdit d’aller sous terre sans faire partie d’une expédition agréé, pour la spéléo, on est sur une des terres absolu et c’est déjà interdit.
Verboten
Quand à la navigation, on a du mal à accéder au bord de la rivière qui est défendue par des propriétés ou du bois épais, second échec. On se réconfortera en SUP en remontant le lac de la Dobra jusqu’à la résurgence, surprenant un castor et s’émerveillant du vol des martin-pêcheur. Le soir même on dort à côté sur les rives de la Mreznica.
La Mreznica est une rivière typiquement karstique qui prend sa source au même endroit que les célèbres lacs Plivitce mais coule à l’opposé et autorisée. On a du mal à comprendre où se situe la partie intéressante, on comprend qu’il y a une base militaire, on voit quelques maisons détruites, on se doute que quelques champs de mines antipersonnelles doivent agrémenter la balade. On rencontre quelques guides locaux sympathiques dont un petit couple, Paulina et Andrija qui nous font la navette et les conseils et qui nous invite à l’apéro. On apprend pas mal de choses. La rivière est très belle avec une partie canyon avec des chutes à franchir en packraft ou en kayak, après le terminus, une autre partie se fait en SUP sur plusieurs kilomètres encore dans une ambiance sauvage. Le terrain karstique offrant des lacs séparés par des chutes de quelques centimètres à plusieurs mètres qui peuvent souvent se porter. Sur leurs conseils, on s’installera aux sources de la Slunjjica (Verboten à la navigation…) et on finira sous le auvent des chasseurs de Slunj, surpris de voir notre camion parqué chez eux le lendemain matin.
Les pluies prévue la nuit arrivent finalement ce matin et c’est sous un déluge qu’on tente notre chance vers la côte pour tenter de faire la Zrmanja. On pinaille pas mal parce que certaines routes sont coupées et en demandant auprès des compagnies de kayak locales, on apprend que la rivière est réservée aux professionnels locaux et qu’on ne peut pas descendre par nous même. Tant pis, après avoir respectés les règles jusqu’à maintenant la tentation est trop grande et on décide de faire la navette à pied le lendemain et descendre furtivement le cours d’eau. Quand une chose ne veut pas, elle ne veut pas et durant la nuit le niveau est monté de plus de 3 mètres de hauteur et c’est près de 500 m3/s qui coulent le lendemain. C’est définitivement mort.
Verboten
On reprend la route pour rejoindre la Krk toute proche, elle aussi interdite à la navigation
Verboten
Un peu dépités, on trouve un site d’escalade, Cikola où on passera quelques jours. Julie commence à être affecté par un voyage de la loose entre météo catastrophique et contraintes continues et elle réclame une pause de route même si on ne dépasse pas les 100km par jour.
Cikola est une falaise récente, le calcaire y est magnifique, adhérent, l’ambiance est douce et on y passe trois jours à grimper, on fait quelques belles rencontres, d’autres moins, on se fait rouster assez vite par le spot plutôt à doigts, pourtant plutôt mon style. Un soir Julie veut dormir en dur, bénéficier d’une douche chaude et d’un lit moins intimiste que le trafic, elle réserve donc un appartement sur internet à quelques kilomètres de là.
En tentant de faire demi-tour, on coince le camion sur des rochers, il faudra une heure pour le dégager et peu de sympathie et pas d’aide de la propriétaire. On découvre plus tard l’histoire de cette dame, triste et tragique qui fait relativiser sur nos vies. On se prend une claque d’émotions mais pour Julie ça ne passe plus, l’hygiène est terrible et on quitte maladroitement les lieux à 10h du soir pour se retrouver de nouveau dans le camion.
On sait ce que l’on a mais pas ce qu’on va trouver
La situation devient compliquée entre deux perturbations dans un pays ou tout est interdit si tu ne donnes pas d’argent. La sensation d’être racketté est clairement pénible. Je réserve néanmoins un nouvel appartement à Omis à la sortie des gorges de Cetina pour le passage de la perturbation suivante. Ce jour là comme on est tôt, on navigue la Cetina supérieure et lors de la navette une voiture s’arrête.
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Si tu ne payes pas pour faire du kayak, tu n’as qu’à remonter à pied
heureusement la voiture suivante me récupère, c’était un autre guide beaucoup plus cool et on échange sur la route. Si il n’avait pas été pressé on aurait peut être fini chez lui à boire le raki. En tous cas le contraste est violent entre les deux locaux. Sur la route de l’appartement, on rencontre d’autres guides locaux qui nous proposent la navette le lendemain pour la Cetina basse, des fois les choses se font facilement.
Filip et son père nous attendent le lendemain pour la navette de la Cetina aval, ils nous font partir de leur base et nous expliquent la descente, c’est tout confort, merci à eux. Le ciel est totalement noir et on est rassuré de savoir que le barrage ne lâche pas sans prévenir les professionnels locaux. la descente est top et le soir le festival d’éclairs commencent. Le mauvais temps va rester accroché sur la côte et on va monter en Bosnie demain dans les terres pour avoir une météo plus sèche. Mais tout ne se passera pas comme prévu, forcément.






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