désobstruction

Tout le concentré de la spéléo résumé sur une seule image, un subtil mélange de gymnastique acrobatique, de roulage dans la boue, de promiscuité assumée, de courbatures subies. Quand on voit des photos comme ça, ça ne donne pas envie, c’est bien parce qu’il ne faut pas aller sous terre c’est nul. Il faut quand même être dérangé du bulbe pour passer 3h à plat ventre dans une chatière avec une massette à bout de bras pour éclater des esquilles de rocher de quelques centimètres pour tenter de suivre un mauvais courant d’air qui s’échappe à la surface d’une flaque d’eau.

En plus d’être couvert de boue, la combi est trempée, les pieds aussi, ce putain de nez qui gratte, impossible de tourner la tête: le casque se coince, il est où le burin? merde faut ressortir de la chatière pour bouger le bras et tâter dans la boue où il se cache, pfffff une boulette d’argile vient de tomber dans le cou et roule dans le dos à chaque mouvement

Et une fois qu’il y a suffisamment de morceaux de rocher cassé, ça rempli la flaque d’eau et on peut se rouler dans la boue et tenter la chatière. Premier essai, ça coince le dos, second essai, ça coince le bassin, troisième essai ça passe mais ça sent l’aller simple dans la connerie, faut être fou ma parole… Merde les pieds sont dans le vide, la tête est toujours coincée dans la chatière, ça va où cette connerie? est ce qu’il y a une bonne prise pour se tenir? je vois rien à part le mur 10cm devant… Putain le bras droit passe plus contre le corps, il faut le passer dessus la tête, aller séance de tétris versus mikado

Bon une fois derrière, aucune traces de pieds, de main, uniquement le rocher et l’eau depuis des milliers d’années. La sensation de culpabilité d’imprimer la trace de nos chaussures sur des micros gours fragiles. Les stalactites sont blanches, les murs immaculés, on ne sait pas où ça va et jusqu’où. Le plaisir de la prospection tient dans la réussite après un travail pas forcément ludique. On ressent une sensation étrange de marcher pour la première fois à un endroit qui ne nous attendais pas. L’envie de toucher les concrétions est là, mais nos empreintes seraient indélébiles, on se suit sur la même traces, il faudra revenir et baliser proprement.

On marche toujours, le tube s’enfonce de plus en plus bas, la boue revient de nouveau, puis la galerie se finie, colmatée, mais dans un trou dans l’argile, le courant d’air continue de s’échapper, il faudra revenir et l’attraper…

le bonheur de la première

concrétions

gours de calcite

Il fallait bien se douter que je n’allais pas dire où se trouve cette cavité. Pour plusieurs raisons, la première est que sa situation est un peu compliquée et son libre accès est en danger car il mélange des enjeux importants pour des visiteurs variés. La seconde est une fragilité qui ne laisserait que peu de chance aux suivants de voir la même chose que nous à moins que les prochains visiteurs ne fassent aussi attention que ce que nous essayons de faire. La dernière est peut être aussi qu’on a envie de voir où nous mène le courant d’air…

Une réponse "

  1. mm dit :

    SPLENDIDE!!! en photo! pas pour moi ce qu’il faut faire pour arriver là! Bravo à vous, mm

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