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Quand on parle de bivouac en canyon, on pense de suite à la Bendola et son parcours de deux jours. Mais ça pourrait être le cas dans Male Vesse, Gorgopotamos, Menta, Inferno/Avello, Klados, Kamaraikos, Saklikent ou d’autres canyons très long où le bivouac volontaire est envisageable.

Tous ceux qui ont fait la Bendola sur deux jours se souviendront d’un sac terriblement lourd transformant ce beau canyon en désagréable bavante. De par mon activité loisir et professionnelle, j’ai eu l’occasion de parcourir ce grand canyon de nombreuses fois depuis ma première en 1990. Autant dire que si je n’ai jamais su raccourcir le parcours, j’ai au moins su le rendre moins difficile. La bendola est avant tout une histoire d’organisation. Cette organisation est aisément transposable à d’autres parcours d’ampleur.

Les conseils que je vais vous donner sont avant tout des appréciations personnelles, chacun verra midi à sa porte. Le fait est qu’organisé comme ça, j’hésiterai pas une seconde à y retourner.

On va aborder les points suivants :

  • vestimentaire
  • cordes
  • nourriture
  • approvisionnement en eau
  • gestion de l’effort
  • bivouac

LE grand précepte de la Bendola (en particulier) est de ne pas chercher à aller vite mais surtout à ne pas perdre de temps. Les manips de cordes et les désescalades représentent un temps énorme mais qui n’est rien comparé au temps marché. C’est bien dans les marches qu’on passera le plus de temps et qu’on subira la fatigue. Pour lutter contre la fatigue il faut se nourrir, se reposer, boire et ne pas se forcer inutilement avec un sac lourd.

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Vestimentaire

Choisir sa combinaison est déjà une première réflexion importante. On commence à 2000 mètres et on fini à 500 mètres. Autant dire que la température de l’eau n’est pas la même. Cependant pas la peine de s’encombrer avec une combi épaisse. Une néoprène monopièce de 4/5 mm avec un tee-shirt néoprène suffira amplement. On Commence par marcher, on nage un coup, on marche longtemps au sec, on renage un peu, on remarche au sec, puis l’eau apparaît définitivement vers 800m d’altitude mais on marche encore beaucoup. L’avantage de la monopièce est la liberté de mouvement et la possibilité d’enlever le haut facilement. On se fatigue moins et on ne risque pas une hyperthermie. Les bains sont frais mais généralement bienvenus car malgré tout il fait chaud. Autre avantage, le poids nettement moindre.

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On s’habille généralement dès le parking. La rosé matinale trempant les jambes et l’eau faisant son apparition dès le premier encaissement. On enlève le haut après le premier bassin « nagé » pour le remettre juste avant la confluence de Seseil et le garder jusqu’à la fin.

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Niveau vêtements de bivouac, Pareil, pas la peine de s’enflammer mais il faut prévoir intelligent. Personnellement je prévois tongs, chaussettes fines, pantalon fin (fitness), teeshirt technique, doudoune fine en plume. Tout ce matériel est aisément compactable dans un demi-bidon étanche. En cas de pluie un kway abritera au moins le haut du corps…

cordes

En lisant la topo on constate qu’il y a deux rappels de 40m et plus. Cependant des rappels de plus de 20m sont légions. Alors le conseil est de prendre 3 cordes de 45/50m et d’être plusieurs à équiper ou d’être pragmatique. Il y a de nombreux frottements à gérer et généralement ça ne sert pas à grand chose d’enkiter la corde quand on voit la cascade suivante. J’ai tendance à privilégier les cordes fines avec une bonne gestion des frottements plutôt qu’une corde de gros diamètre posée en double sans frottements. On perd du temps, mais on le gagne en confort sur la marche.

Nourriture

Si tout se passe bien, on est sensé faire 4 repas dans le canyon. Le midi et soir du premier jour, le matin et midi du second. Là aussi l’ennemi est le poids mais aussi la place disponible dans les bidons étanches. Je conseille de prévoir des salades de pâtes/riz en sachet congélation le premier jour et de prévoir des lyophilisés pour le soir et lendemain. L’avantage est de se débarrasser du poids au fur et à mesure pour le porter le moins longtemps possible. Il est même possible de faire le dernier repas sur les « restes » de barres céréales, salades et lyophilisés du premier jour.

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Je conseille de manger énormément les matins avec des sucres lents en priorité. Pâtes et riz principalement en fuyant les laitages synonymes de crampes musculaires. Difficile au réveil mais ça donne de l’énergie pour plusieurs heures.

Les salades et lyophilisés peuvent être conditionnés en dehors des bidons étanches. Les salades seront mangées avant la partie aquatique du premier jour et les emballages des lyophilisés sont suffisamment résistants pour être mis à même le sac à dos.

Pour réchauffer tout ça, il faut prévoir un réchaud. Il en existe des très compacts et efficaces sur le marché pouvant être utilisés autant en point chaud d’attente, que pour aider à allumer le feu ou chauffer de l’eau pour un café à n’importe quel moment. Ne misez pas sur le feu de camp!! Il suffit d’un orage pour que tout se complique. N’oubliez pas le briquet…

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Et aussi… gardez toujours un repas en plus, on ne sait jamais…

Approvisionnement en eau. 

L’eau coule par alternance dans la Bendola et nombre d’animaux finissent leur vie dedans… La gestion de l’eau devient vite compliquée. Prévoyez déjà du micropur ou équivalent. L’idéal est de partir avec un camelback rempli et de le renouveler à la source « définitive » entre les deux C40. Le remplissage suivant se faisant dans Graon au niveau du bivouac puis dans les nombreuses sources du second jour. Je déconseille de boire l’eau du canyon. Les nombreuses carcasses en décomposition devraient aussi vous en dissuader. Deux litres/personnes sont suffisant en contenance. sachant que le premier jour on consommera donc 6 litres d’eau en s’approvisionnant comme conseillé. L’utilité de la monopièce se fait aussi remarquer quand il s’agit d’éliminer…

Buvez beaucoup, ça évitera des crampes et courbatures!!

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gestion de l’effort

Il s’agit de reprendre tous les points évoqués plus haut et de tout agencer au mieux.

Je pense qu’il est utile de définir des endroits « clés » dans le canyon où l’organisation change et où il faut optimiser les pauses. Ceux que j’utilise :

Départ : mettre la combinaison dès le parking mais enfiler les manches qu’au premier bassin, essayer de ne pas mouiller la corde.

  1. Premier changement d’orientation du canyon (soleil) (alt 1416) manger léger, enlever le haut de combinaison.
  2. Confluence Seseil : Manger léger, remettre la combinaison
  3. Source définitive : manger chaud, réapprovisionnement en eau
  4. Passage après la seconde C40 : s’économiser car passage rébarbatif, bien organiser l’équipement (nombreux petits ressauts à corde)
  5. Bivouac. Réapprovisionnement en eau, bien faire sécher le matériel, le garder sec le plus longtemps possible le second jour en évitant les nages inutiles. Réorganiser le sac en mettant les bidons au dessus de la corde pour la flottaison.
  6. Pause repas/café aux confluence de Sandérau et Boléga.
  7. courage une fois au pont de Castou, ce n’est pas fini…

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Les malins pourront même prendre un sac étanche et mettre la corde égouttée dedans le second jour afin de ne pas la gorger d’eau. Il est important de s’économiser dans les nombreuses nages : allez y doucement et privilégiez les itinéraires marchés au sec plutôt que dans les rochers glissants.

bivouac

C’est quand même le meilleur ou pire moment selon l’organisation et la météo. Comme évoqué plus haut, je privilégie le matériel léger mais économique et la disposition en multicouches. Voici un exemple du matériel que j’emporte :

  • sac fin coton (250 grammes)
  • sac de couchage plume léger (450 grammes pour 15° confort)
  • sur-sac étanche (420 grammes)
  • matelas gonflable type thermarest (480 grammes)
  • pantalon toile fin
  • chaussettes hautes
  • tongs
  • tee shirt technique
  • doudoune plume (250 grammes)
  • réchaud gaz ( 300+350 grammes)
  • attelle
  • trousse secours
  • antimoustique
  • boite étanche + téléphone portable avec GPS et cartographie
  • Lyophilisés (500 grammes)
  • scotch américain

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L’avantage de cet empilage de couche textile est de pouvoir s’adapter à une nuit douce comme à une averse de pluie, voir au changement naturel de température durant le sommeil. J’ai testé jusqu’à 5° sous averse ou en bivouac souterrain, je n’ai eu aucune sensation de froid. Le textile rentre compressé dans un bidon de 6 litres, Matelas et sur-sac dans le rabat du sac à dos vu que ça sèche facilement. Le reste dans un second bidon de 6 litres. Le tout pour environ 5/6 kilos ce qui est clairement acceptable. Il reste encore de la place pour la corde.

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Petit détail qui a son importance : Prenez une lotion antimoustique, le bivouac est infesté de ces petits animaux affectueux.

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conclusion

Plusieurs bivouac en canyon et souterrain m’ont permis de perfectionner mon système et clairement la chasse au poids a été le point clé. Dans ces conditions le portage du sac n’est pas un supplice et quelle délectation de rentrer dans un couchage confortable le soir venu. Il existe de nombreux autres canyons avec bivouac possible, où seront donc les prochains? Slot canyon d’Arizona? Wadi Jordanien ou canyon des monts Taurus en Turquie, tout est possible. N’hésitez pas à me contacter si vous voulez tenter l’aventure.

 

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