vite vite

Cette semaine la météo semble plus perturbée que les précédentes dans les alpes du sud, des orages sont prévus quasiment tous les jours. Petit point sur ce phénomène naturel aussi beau que dangereux.

Qu’est ce qu’un orage? 

Un orage est une manifestation climatique caractérisée par des pluies fortes à très fortes, de la foudre et des vents souvent violent. La plupart du temps l’orage est dû à un nuage spécifique : le cumulonimbus. Contrairement à la plupart de ses confrères, l’orage est très instable. Ceci est causé par la vitesse du phénomène, fréquemment inférieur à deux heures.

Chauffé par le soleil, l’air chargé d’humidité au raz du sol se dilate et s’élève, exactement comme lorsque de l’eau boue et que la vapeur monte. En rencontrant les masses d’air froid d’altitude, l’humidité se transforme en gouttelette : les nuages. On observe le même phénomène chez nous avec la buée sur des vitres sauf que  les vitres sont stables.

Dans le ciel les gouttes restent en suspension poussée par l’air chaud montant du sol sauf que l’alimentation en air humide continue vu que le sol est toujours chauffé par le soleil. Au bout d’un moment l’air chaud n’est plus suffisant pour « tenir » l’eau en suspension et celle ci s’effondre. Pour comparer aux vitres de la cuisine, il s’agit des gouttes qui finissent par ruisseler quand le contraste est trop fort (froid intense contre chaleur + humidité intense).

Il suffit donc qu’il fasse très chaud, humide et que les masses d’air d’altitude soient froide pour que l’orage éclate. Et au plus des paramètres seront fort, au plus l’orage le sera aussi.

La foudre, la grêle et les vents violents n’étant que des conséquences de ce bouleversement.

Il existe différents types d’orages, plus ou moins prévisibles.

Les fronts chaud sur froid

ça correspond aux épisodes cévenols ou aux fronts orageux l’été. Des masses d’air chaud et humide remontent de la mer dans les terres où elles rencontrent des masses d’altitude froide. Le phénomène est violent et la masse d’air constamment alimenté par le gigantesque réservoir marin. Ce genre d’orage est prévisible et très violent. Ce sont les orages à grêle qui traversent la France l’été ou les épisode méditerranéen qui touche le sud l’hiver.

Les fronts froid sur chaud

Il s’agit de la perturbation classique. Quand les contrastes sont très fort entre les deux fronts des orages peuvent éclater. Cependant la physionomie d’une perturbation limite d’elle même ce contraste. D’une même manière ce genre de perturbation est très prévisible mais la violence est moindre.

Les orages de chaleur ou de convection

Le classique orage estival. Nul besoin de perturbation pour le voir se former. Il suffit de l’alchimie décrite plus haut pour le voir apparaître. La météo donne des tendances mais ne peut pas être plus précise tellement le phénomène est local. Il faut observer le développement des nuages au dessus de soi afin de déterminer la conduite à tenir. Ces orages peuvent être très violent.

Quelles conséquences?

Pour ce qui nous concerne, en canyon, il faut savoir que la plupart de l’eau qui arrive du ciel passera à moment donné par l’étroiture que nous parcourons. La physionomie du canyon engendrera des réaction différentes. On peut déterminer plusieurs tendances.

  • Dans un canyon vertical la montée d’eau est immédiate, dans un horizontal, elle peut être diffuse sur plusieurs heures.
  • Dans un canyon extrêmement ramifié, l’eau montera d’une manière beaucoup plus violente dans l’aval que dans l’amont. Dans un canyon assez linéaire, la montée d’eau sera progressive tout au long de la descente.
  • L’eau étant freinée par friction dans les étroitures, la masse d’eau va s’accumuler depuis l’amont et finir par créer une vague qui se dissipera à la partie large suivante.
  • La végétation absorbe une partie de l’eau, mais le substrat est aussi une bonne réserve à distribuer plus tard. L’eau montera et descendra plus vite en terrain dégagé

Exemples d’orages en canyon

Saint Auban après un épisode cévenol

clue de saint auban clue de saint auban en crue

La clue d’Amen après un orage de chaleur moyennement fort
clue d'amen à l'étiage clue d'amen en crue

Lavoierbach quelques minutes après notre passage et mise à l’abri

lavoierbach  minutes avant la crue lavoierbach en crue

Les mises en crue des affluents :

Quelques conseils

  • Les sites météo sont relativement fiable et donnent une estimation assez précise des heures probables d’orage. Il suffit de compter la durée du parcours, de prendre une marge suffisante pour calculer l’heure du départ.
  • Choisir un canyon adapté!! S’engager dans le raton un jour d’orage est suicidaire, par contre il existe de nombreux canyons où les échappatoires sont nombreuses et où il est aisé de sortir pour rentrer à la voiture.
  • Observer la météo locale les jours précédents fait aussi parti des points clé dans la prise de décision. Si les orages éclatent tous les jours en début de soirée et donnent une pluie faible, il y a peu de chance pour que la tendance change brutalement.
  • Au moindre doute il n’y a plus de doute!! Savoir renoncer et aller manger au restaurant du coin est beaucoup plus intelligent que d’insister et d’avoir un problème.
  • Au cas où l’orage est là, qu’il n’y a aucun moyen de sortir, ne jamais insister. Au contraire chercher une mise à l’abri le plus en hauteur possible du lit de la rivière, abrité des chutes de pierres (observez les impacts) et attendez. Il vaut mieux quelques heures d’attentes dans le froid que quelques minutes un peu trop intenses.

 

Gardez en tête que le canyon convoité ne s’évaporera pas et vous aurez toute une vie pour revenir. Sachez renoncer!! C’est d’autant plus dur que le canyon est loin ou rarement en condition et les équipiers disponibles.

Pour ma part, je pense que l’activité canyon doit se concevoir à l’année en profitant des conditions du moment. Combien de bonnes journées en automne, hiver ou printemps rencontrons nous? suffisamment je pense pour étaler son activité de janvier à décembre, en choisissant toujours le meilleur parcours en fonction de la météo et du groupe. J’ai rarement eu froid en hiver, tout au plus au moment de me changer à la voiture ou dans des moments d’attentes. Je me souviens avoir beaucoup plus froid l’été…

Sur cette vidéo aussi, plus de peur que de mal…

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