Il y a quelques mois, j’écrivais un article sur les différents outils utilisés en canyon comme descendeur ou comme système débrayable. A l’issu de ces essais, aucun matériel n’était sorti gagnant à mes yeux. Chacun ayant ses avantages et inconvénients mais nul n’étant parfait. J’ai depuis testé l’ATS de sterling ropes et je vais bientôt faire des essais avec le Kong oka. ceux ci feront l’objet d’un nouvel article.

Cette saison  mon avis n’a que peu changé mais j’ai quand même voulu re-tester le neuf, certaines de ses qualités m’ayant quand même pas mal convaincu.

Le contexte se situe dans le Tessin, canton suisse à la roche aussi tranchante qu’elle n’est belle. Chaque séjour précédent aura eu raison des cordes. Cette semaine durant le stage, on tenta de n’en toncher aucune.

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9 jours de canyons sur de la 9mm avec une grosse vingtaines de rappels par jour et rien à signaler. Les deux seules tonches résultant d’inattention et maladresse malgré débrayage!!

J’avait deux neuf en essai cette semaine :  On l’a donc testé dans plusieurs configurations simples comme système en butée et suspendu.

Mise en place : Le critère à prendre en compte est « faut il débrayer à chaque passage ou pas? « 

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Dans le cas où il ne faut pas débrayer à chaque passage, le montage  » en butée » va très bien. L’inconvénient de ce montage est pour rattraper le mou, le neuf coince très bien la corde et devient infernal. Dans ce cas il faut lui préférer le montage suivant :

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Le « montage suspendu » à la manière d’un demi cabestan permet de débrayer et surtout de rattraper le mou facilement, idéal quand ça frotte beaucoup comme au Tessin.

En montage double débrayable. Le premier neuf est en butée, le second suspendu, chacun gérant indépendamment un brin de corde réglé au raz de l’eau. Redoutable.

A noter qu’une corde de 10mm câblée sera vite un enfer!! Il y a quelques excroissances esthétiques qui méritent d’être limées!!

Dans tous les cas le concepteur préconise de renvoyer la corde d’une manière plus ou moins vertaco pour guider la corde dans le sifflet coinceur.

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Utilisation : C’est le gros avantage du système : sécurité, efficacité et rapidité. En gros il suffit de glisser le doigt derrière la corde pour qu’elle glisse et de lâcher pour quelle se coince, aucun risque de s’écraser par terre si l’équipier lâche la corde comme avec un huit!! Il est possible d’avoir les mains libres immédiatement et de refaire glisser au moindre toucher de corde. Convainquant!! Surtout avec deux lignes séparées.

Dans le cas des frottements on peut ravaler la corde à chaque passage et débrayer plusieurs mètres sans contraintes de clé ou de tenir la corde pour l’équipier suivant : Le système se bloque automatiquement.

et hop balancier sans les mains!!
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Démontage : Dans le cas du système en butée, on ravale de la même manière qu’un huit avec l’avantage que le neuf ne coiffera pas l’amarrage!! Ensuite pour l’enlever de l’outil avec une corde de 10mm câblée… blabla les excroissances… Ça bloque!
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Dans le cas du système suspendu, il faut tout démonter avant de descendre et soit refaire un nœud en butée, soit  descendre à double. Les techniciens diront qu’il y a toujours moyen de faire un débrayable du bas et descendre avec le neuf même, mais bon… On fait pas des débrayables du bas tous les jours non plus.  Pas pratique et moins fluide qu’avec un huit (les excroissances toujours…)

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Dans le cas des deux lignes, il suffit de tout raccrocher et de tirer l’ensemble en faisant attention de ne pas coincer le paquet.

Transport : on a un gros truc accroché au baudrier qui fait un beau son métallique, avec deux ça fait une jolie transhumance. Pas bien grave mais vite chiant. Là où c’est gênant à mes yeux c’est qu’on ne peux pas s’en servir (facilement) à double, ça impose donc d’avoir un autre descendeur. On a donc trois outils de descente avec trois mousquetons HMS selon les options choisies. Un de plus que d’habitude, je chipote mais ça fait vite un sacré baudrier.

Le neuf est « guidé » par deux « cornes » sur le coté qui doivent avoir leur utilité. Ce pendant soit elles s’enfoncent dans les cuisses à la moindre occasion, soit elles tiennent le neuf à 90° du mousqueton et à la moindre chute  a le même effet jambe de bois.

Si il vous prend l’idée de faire un tobog à la « team adidas », pensez à l’enlever du baudrier!!

Avantages :

  • se faire débrayer sans trembler que l’équipier ne lâche
  • débrayer sans défaire de clé
  • corde jamais pincée entre le neuf et l’amarrage
  • aucune clé à refaire

Inconvénients :

  • inutilisable à double sauf avec un second neuf
  • excroissances vite chiantes pour mettre et enlever la corde
  • difficulté à rappeler le mou en montage « butée »
  • pas adapté à la descente

Conclusion : Le neuf n’est pas totalement l’avenir, mais c’est une piste très intéressante. C’est le seul outil vraiment autobloquant et facile à utiliser en canyon. Pour une utilisation perso, il est très adapté et recommandable!!! En club ou pro il rentrera vite en concurrence avec les autres outils comme le SFD8, 1/2 cab et huit dans le cas d’équipement des lignes doubles.

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