Ce soir il pleut. J’apprend que l’on vient de passer en vigilance rouge pour inondation, je regarde dehors et je vois les brumes disparaître dans l’obscurité naissante. Je suis chez moi, je prend mon temps avec une balade avec le chien, du temps perdu sur les réseaux sociaux et à tenter de faire tourner cette foutu cheminée qui s’éteint toute seule. J’ai du temps.

Ces dernières années, je travaillais dans un beau magasin de sport, le samedi était le jour d’affluence maximale, fallait être à fond pour faire tourner l’entreprise. A vingt heures largement passé je rentrais à la coloc exténué. Je n’avais pas vu le ciel de la journée sauf pendant ma pause repas et le temps du trajet matinal.

La différence c’est que pour la seconde année, j’arrive à boucler mon année en ne faisant plus que du canyon. Ma saison d’été, les encadrements hors saison, les journées au Vésubia, les formations pour le club et les partenariats avec la FFME me permettent enfin de vivre de ma passion.

Je profite d’un équilibre enfin trouvé entre le travail et le temps pour moi. Tout n’a pas été si facile et la situation actuelle ne tient qu’à peu de chose. Une blessure, un peu trop de pluie, un partenaire qui change ses plans et je retrouve une précarité à laquelle je suis un peu trop habitué.

Mon boulot et cette vie font rêver. je croise encore pleins de canyonistes voulant passer le DEJEPS, qui est la consécration de leur parcours sportif et la clé d’un idéal espéré. Pourtant quand je regarde mes anciens camarades de formation, peu se sont vraiment établi et ont réussi. un peu mois d’une dizaine dans cette première promo historique composée exclusivement de passionnés qui attendaient depuis des années cette opportunité. Je n’ai vraiment de nouvelles que de Maxime des Pyrénées, Jerome de Savoie, Johanna l’Ardéchoise du 04, Benjamin le plus jeune qui a roulé sa bosse partout, Nicolas et Thomas les réunionais, Christophe des PO et Christophe du 06. Je ne sais pas ce que font mes autres collègues, je ne vois rien sur les réseaux sociaux et j’ai la flemme de téléphoner.

Chaque année je vois pleins de nouveaux et sympathiques stagiaires. Certains ont la fibre pro-canyon, d’autres ne savent pas trop ce qu’ils font là, il y a des causes perdues et de futurs collègues. On est de plus en plus à ouvrir nos boites, créer nos sites internet, l’offre devient Pléthorique et se noie en même temps. Il n’y a pas tant de place que ça et à trop aspirer à cet idéal, on finit par le rendre inaccessible.

Il y a quelques temps j’écrivais une note sur le tourisme qui en devenant de masse finissait par détruire l’intérêt originel. Soyons prudent et ne cherchons pas à être plus nombreux sur le même rêve mais créons de nouveaux rêves pour l’avenir, afin qu’on puisse tous vivre la même chose. Le canyon peut se vivre de manière tellement diverse. Il est important qu’on véhicule un regard nouveau sur notre passion. Sortons des canyons sur-fréquentés, varions nos moyens de communication, Soyons créatifs.

A bient’eau

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