Quand j’évoquais le canyon aux états-unis, j’avais en face de moi deux réactions. La première était « il y a des canyons là bas » (sic) et « Heaps et Imlay sont incontournables ». Bref on voulait faire Heaps en priorité quoi qu’il arrive.
Le problème de ce canyon quand on prend l’avion vient de son rappel final de 96 mètres avec la corde à porter en soute. Pour la Crète, la Réunion ou Madère, c’est moins gênant vu que d’autres canyons rentrent au casting, mais là j’en ai pas prévu spécialement d’autres.
Heureusement Tom nous a proposé de venir avec nous avec une corde adaptée. C’est comme ça qu’on le retrouve accompagné de Cassie et Lynn au rendez vous du matin très tôt…

Heaps canyon Heaps canyon
Heaps commence par une longue marche d’approche, longue du genre Male-Vesse pour les connaisseurs. Sauf qu’au lieu de descendre la crête au bout de 4 heures de marche, on y tape des rappels de 60 mètres. Comme son homologue européen il faut chercher un petit mélèze pin ponderosa. Mais ensuite il reste encore une marche dans les slickrock avant de trouver le départ de l’encaissement. La montée se fait à un gros rythme mené par Lynn. Le ton de la journée était donné, on allait avancer comme il faut!! Pour la descente on pinaille un peu avec les cordes, on a quand même deux cultures d’équipement bien différentes, il a fallu se régler un peu avant que ça tourne.

Heaps canyon

La descente se fait dans un bassin versant magnifique. D’ailleurs vu la taille de ce dernier et la roche toute lisse, nettoyée, on imagine bien où l’eau part à chaque orage…

Heaps canyon

On mange un bout au bout de 5 heures de barroude avant d’enfiler les combis et rentrer dans l’eau sombre teintée de bouts de bois flottants.

Heaps canyon Heaps canyon Heaps canyon

Le canyon commence intensément. Cascade, nage, désescalade et … saut. Visiblement nos hôtes sont surpris de ce moyen de progression quasi-immédiat nous concernant et je crois qu’on les a fait un peu halluciner. En gros à chaque cascade déjà équipée où nous arrivions, on posait la question « it’s deep? » et quand la réponse était positive on sautait. Quand c’était négatif, on sautait aussi bien souvent après la seconde question « it’s sand? » Du coup on est allé de plus en plus vite. Les locaux sont très familiers de la technique « kit boule » et vu qu’il n’est pas aisé de doubler vu l’étroiture, les kits remontaient aisément au premier du groupe. Dans pas mal d’endroit on s’aide à franchir. Il faut quelquefois remonter des barrages de troncs avant de redescendre de l’autre coté. Quelquefois il n’y a aucun ancrages et le premier sert d’ancrage pour que les autres sondent (ceux celles qui ne sautent pas). On prend quand même le temps de faire pas mal de photos dont la plupart seront floues encore une fois. Cette fois ce n’est pas les réglages, mais l’obscurité. Le canyon est très profond, très beau, très épuré, un peu oppressant, c’est impossible de retranscrire l’ambiance en photo.

Heaps canyon Heaps canyon Heaps canyon

On trouve trois corridors sableux délimitant les quatre partie du canyon. Les trois premières sont de plus en plus encaissées et la dernière précède the big one. Dans ces corridors rectiligne au sol de sable blanc on trouve une blague bien locale des canyons, ce que les américains appellent « quicksand ». En gros des sables mouvants bien surprenant vu qu’on passe de sol dur à enlisé jusqu’à la taille et plus si affinité!!

Heaps canyon Heaps canyon

Heaps canyon Heaps canyon

Heaps canyon Heaps canyon

Heaps canyon Heaps canyon

En quatre heures on arrive au troisième corridor et on devine après le dernier verrou les falaises s’ouvrir dans un cirque gigantesque. Il est temps de faire la grande cascade … et de comprendre comment on allait s’organiser. Première chose on remange un bout. Seconde on enlève les combinaisons que j’aurais bien gardé pour ne pas grelotter. Troisième on part dans la « direct line » récemment ouverte par Tom qui emprunte l’encaissement au lieu des rappels en falaise en rive droite. deux rappels de 25 mètres et nous voilà avec une belle cheville à expansion à moitié enfoncée au dessus d’un truc qui me semble bien plus haut que 96 mètres. Je raboute et Tom me fait comprendre que je n’aurais pas assez de corde pour aller en bas, qu’il va falloir faire un passage de nœud, une fois en bas rattacher une seconde corde de 180 mètres que Mark nous a mené, qu’ils vont remonter pour faire le rappel direct. Je commence à me douter que le rappel ne fait pas 96 mètres et que la corde de 180 ne servait pas à partir de tout en haut mais du relais où on était. On monte un débrayable avec 60 mètres de disponible et je pars sur ma imlay 8mm canyon rope toute neuve X??? mètres et la voit défiler gentiment du sac. Jusqu’à buter  sur le nœud à une trentaine de mètres du sol, trois coup de sifflet et je fini ma descente débrayé par François. On rattache la grande corde et le reste du groupe descend dessus d’une traite.

Heaps canyon Heaps canyon

Heaps canyon Heaps canyon

Il faut quand même dire que ce rappel est bien impressionnant. Plein vide à plus de trente mètre de la paroi. On entend le vent dans toute la vallée, l’écho des gens qui parlent, les pshhiiiiiiittt de l’eau sur le descendeur, un des plus beau fil d’araignée que j’ai réalisé!! Une fois les cordes retirées, mesure à 108 mètres pour la ligne directe. Une belle cascade de 160 mètres démarrant dans une faille et finissant dans un gaz impressionnant.

Le soir on fête tout ça dans un des restau-burger de Springdale, encore une fois un grand moment de canyonisme!! Merci à cette super équipe du jour, François mon équipier, Tom, Cassie et Lynn pour votre efficacité et votre rigolade permanente!!

Le compte rendu de Tom sur canyon-collective et sur son site perso/pro

Fiche Technique

Massif

Zion

Bassin

Virgin River

Accès véhicule

Red pass obligatoire à demander en même temps que le permis pour se garer à « the grotto » tôt le matin avant les navettes de bus.

Approche

4 + 1 h

De l’arrêt de bus prendre le chemin pour angels landing. Monter en épingle puis rester sur le west rim trail et sans monter au point de vue. Le chemin déroule et s’oriente sud-ouest dans un vallon. La grimpette reprend de plus belle. On passe à coté du départ de Behunin canyon, on continue à monter jusqu’à un campsite notifié par des numéros. A cet endroit il ne faut pas prendre le chemin de telephone canyon mais continuer le west rim trail jusqu’au campsite 4. De là partir sud-ouest dans la forêt jusqu’aux falaises. s’avancer sur la crête évidente, la suivre jusqu’au premier rappel.

Le premier rappel fait 25 mètres environ, de là suivre la crête très exposée jusqu’à un pin isolé avec des sangles. De là un rappel versant ouest de 60 mètres pose sur les dalles de roche. Maintenant c’est facile faut aller au plus facile vers le canyon.

Descente

5 à 8h

+ ou – 20 rappels selon aisance

Le canyon commence de suite très fort dans un encaissement très marqué. Bien s’assurer de trouver le point suivant avant de retirer la corde vu que certains relais couvrent deux cascades. Vous pouvez déjà rencontrer quelques potholes (vasques pièges) qui peuvent vous faire perdre beaucoup de temps.

Premier corridor avant un second encaissement encore un peu plus fort. on peut s’échapper par Issac canyon en rive droite à ce moment là.

second corridor et troisième encaissement encore plus marqué

troisième corridor et grande cascade. Pour la franchir il existe deux lignes.

-monter en rive droite et suivre les relais 20m+ 50m+ 93 m

-descendre dans la fissure (amarrages nat et monopoints) 25m+25m+110m

Retour

45min

Prendre le sentier d’emerald pool puis le chemin de gauche jusqu’à the grotto

Longueur corde à simple

100 ou 110m

A savoir

12 places disponibles pour ce canyon par jour à retirer au visitor center dont la moitié disponible en dernière minutes et la seconde sur réservation. Canyon franchement technique à ne pas sous estimer, déjà de nombreux accidents tragiques à signaler dont un juste avant notre visite!!

Bien se renseigner sur les derniers parcours et le niveau des vasques pièges auprès des locaux. Logiquement si les vasques sont pleines vous aurez peut être à poser des sangles vu que ce sera après une crue et à contrario si elles sont vides, elles seront surement en place parce qu’il aura été parcouru depuis le dernier flash flood

Risque de crue

très fort

Equipement

Beaucoup de naturels, quelques relais doublés, la direct line se fait sur monopoint

A emporter

matériel habituel, combinaison 5mm conseillée, de la sangle, des crochets pour les potholes, frontales, point chaud

Cotation US

Cotation Française

 4/B/V R

6/2/V

Liens 

Tom Jones

Road trip ryan

Intérêt

3.8/
4

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