Sur la route des Balkans : Grèce des montagnes

Il y a quelques années on avait découvert les montagnes de Tzoumerka et ça m’avais vraiment donné envie de revenir. J’avais constellé mon google-maps de point d’interrogations avec de beaux canyons bien équipés mais inconnus des bases de données.

Voidomatis Packraft

Première étape Vikos et son canyon monumental parmi les grands d’Europe, on est surpris de voir des rafts passer sur une rivière avec aussi peu d’eau et on se dit que ça doit être cool en packraft, ni une ni deux, on part sur le sentier qui longe la rivière jusqu’au pont de départ et on gonfle notre matos toujours entre deux rafts. On est fin octobre et les locaux bossent encore bien, je suis envieux. La Voidomatis qui coule au fond des gorges de Vikos est une des rivières les plus froide de Grèce, une des plus translucide aussi et probablement le plus beau classe 1 d’Europe. A la sortie on croise des guides locaux dont Axilleas qui gère une entreprise à Papigo et qui nous renseigne plus que nécessaire, quel contraste avec la Croatie! Il nous propose la navette pour faire le canyon de Nefeli le lendemain, c’est parfait.

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Lendemain, on recroise notre guide local et en nous montant au départ, il nous explique des choses sur sa vallée, ses voyages et pleins d’autres choses. En y réfléchissant, quelques semaines après être rentré, il a contribué par sa sympathie à la réussite de notre seconde partie de voyage. En effet, on avait fini par être échaudé par plusieurs rencontres et on était devenu méfiant. Là finalement on partage les mêmes valeurs et on sent qu’on est revenu dans nos pays du sud.

Nefeli est un jolie canyon qui descend de Papigo jusqu’à la Voidomatis. le départ est travaillé car facile d’accès et adapté à la clientèle et la suite n’est pas plus dure mais enchaine les rappels sans discontinuité presque jusqu’à la fin. Avant la confluence, on trouve une partie bien chiante dans la végétation où on a subit avec nos sacs lourds. En effet, on a pris les packrafts pour naviguer ensuite la Voidomatis. C’était une presque bonne idée, surement mieux avec plus d’eau. En tous cas rentrer en flottant c’est pépite.

Nefeli canyon + Voidomatis packraft Nefeli canyon + Voidomatis packraft Nefeli canyon + Voidomatis packraft Nefeli canyon + Voidomatis packraft Nefeli canyon + Voidomatis packraft Nefeli canyon + Voidomatis packraft >Nefeli canyon + Voidomatis packraft Nefeli canyon + Voidomatis packraft

Le soir on se met une motivation pour bouger jusqu’à Déos canyon, c’est pas loin sur la carte mais les routes Grecques sont facétieuses et c’est à la limite du conflit de couple qu’on arrive au bivouac, heureusement du premier coup! Lendemain on se lève dans un paysage de dingue, on prend le temps de déjeuner, se reposer avant d’attaquer la descente. Déos est très beau, probablement le plus beau du secteur. On se régale. La marche de retour va nous régaler aussi et faire souffrir nos petites cuisses qui ne le savent pas encore mais vont manger encore plus le lendemain.

Deos canyon Deos canyon Deos canyon Deos canyon Deos canyon Deos canyon Deos canyon

Après ce canyon, on hésite à rester sur place ou à aller à Korovesou sous le village de Elleniko, comme d’habitude les routes locales vont nous expliquer les virages et juste avant d’arriver au bivouac de départ du canyon, on croise une taverne qui semble prometteuse. On va se casser le ventre pour un prix tout accessible. On profite vraiment de nos vacances, enfin.

Lendemain, on est réveillé par un chasseur tout sympathique et on aurait bien aimé comprendre un seul mot de ce qu’il nous racontait, c’était touchant de le voir tout âgé, avec son chien au milieu de nulle part. Souvent les chasseurs sont les seules personnes que l’on croise et avec le temps j’ai appris à les apprécier. Ce sont eux qui baladent vraiment loin dans la nature, qui quittent les sentiers et qui ont su ralentir au rythme des animaux. On a beaucoup à apprendre d’eux et je trouve facile de ne pas être en conflit, ce sont des passionnés comme nous. En tous cas ce sont les seuls qu’on croise aussi loin au milieu de nulle part.

Korovesou semble être un beau canyon mais on a très peu de photos pour le confirmer. On sait juste où il se trouve et la cascade maximale qui détermine les cordes à prendre. On prend une néoprène au cas où.

Le départ commence bien avec un bel encaissement, on note que le canyon a été équipé pour être fait en eau, ce qui offre quelques désescalades épicées à sec. L’encaissement se marque de plus en plus sans être foufou non plus. On récupère un affluent sec et là il faut aller à l’eau bien croupie. On sent le plan loose. On est fatigué, l’eau croupie, le canyon pas fou. Et pourtant l’encaissement se referme, le ciel disparait, l’eau apparait bien claire. Quelques centaines de mètres après, on sort de l’oscuros, le paysage est beau, on marche encore une heure jusqu’à l’Arachtos. Au bord de cette dernière, on sait qu’on est tout seul. On croise des vaches qui sont redevenue sauvages, il pousse des tomates au bord de la rivière et on ne sait pas encore où est le sentier de retour.

Korovesou canyon Korovesou canyon Korovesou canyon Korovesou canyon Korovesou canyon Korovesou canyon Korovesou canyon Korovesou canyon Korovesou canyon Korovesou canyon Korovesou canyon

Ce sentier sera mémorable, presque deux heures raides dans la garrigue piquante avant de retrouver le camion, très légèrement fatigué. Ce soir on restera ici et on fera une autre taverne!

Le jour suivant on mise un canyon court, pas trop loin parce qu’on est fatigué. Bien-sûr rien ne va correspondre : les routes grecques nous expliquent toujours autant les virages et le canyon de Matsouki(tikos) ne fut pas si court que ça. C’est vraiment le bout du bout du monde cet endroit, même si c’est très beau. Le canyon semble tout court, avec un peu de débit et de l’eau assurément froide. On choisira les combinaisons semi-sèches en cette fin octobre. On ne peut pas gagner à tous les coups et cette journée fut un peu celle de la loose. Le canyon alterne entre beau passages et déchets divers sous le village. L’équipement de qualité est complètement illisible, rarement logique à la limite du farfelu. C’est des mots durs, mais en temps qu’équipeur, il est important de se mettre à la place des suivants, avoir une logique. Là on a dû sortir le perforateur parce qu’on a suivi l’eau alors que l’équipeur a choisi une ligne dans les arbres loin de l’actif pour finalement mettre son relais à l’aplomb du mouvement d’eau, zéro logique. Quand vous verrez un relais monté à l’envers il faudra escalader mais sans points intermédiaires d’assurance. Si à cet endroit là vous suivez l’eau, il vaudra mieux avoir un perfo… Au passage les eaux usées sont arrivées dans le canyon. On finit à moitié déçu ou satisfaits, on ne sait pas trop. Par contre le soir on fera un des plus beau bivouac de Tzoumerka.

Matsoukitikos Matsoukitikos Matsoukitikos Matsoukitikos Matsoukitikos Matsoukitikos Matsoukitikos

Le lendemain on veut rester dans le coin et on hésite entre gate of Paradise, Tortoti et Stravaetos. J’ai déjà fait le premier et j’aurais dû retourner le refaire. On part dans Stravaetos qui est un bel égout de village lui aussi, dommage. Bref une journée de merde, fatigués, on prend la route du Péloponnèse où on doit retrouver des amis dans deux jours.

stavraetos canyon stavraetos canyon stavraetos canyon

Quelques kilomètres plus loin, on bivouaque au pied du canyon d’Ellikistra et on devine vite que ce ne sera pas non plus la pépite du séjour. En effet la roche est détritique et l’encaissement ne parvient pas à rendre ce parcours mémorable. Ce n’est pas une bouse non plus mais ce n’est pas indispensable dans un road-trip. On aura au moins eu un coucher de soleil mémorable au bivouac.

Ellikistra Ellikistra Ellikistra par Juju Ellikistra par Juju

Dernier canyon de cette séquence Grecque, Kalithea. On a déjà fait, on sait que c’est mythique, ce qu’on ne savait pas c’est qu’un incendie venait d’avoir lieu juste avant et le paysage de rêve est parti en fumée. On doit retrouver Thierry et Myriam ce jour là et on rencontre par hasard un couple d’autrichiens Rachel et Roland au départ et finalement on fera la descente à 6. Quelle surprise après des semaines tout seuls de partager un si beau parcours. Etonnamment les deux choses qui ont survécu à l’incendie sont l’église au départ et la végétation à l’intérieur du parcours. Le reste n’est plus qu’un tapis noir.

Kalithea canyon Kalithea canyon Kalithea canyon Kalithea par : Rachel, Julie, Myriam, Thierry ou Roland Kalithea canyon Kalithea par : Rachel, Julie, Myriam, Thierry ou Roland

Après ces quelques jours dans les montagnes grecque, on a envie de changer de milieu, vivre l’aventure côté mer et on décide d’embarquer pour notre plan de secours, les îles Ioniennes. On choisi la plus touristique, Zakhintos, non pas pour ses touristeries classiques mais pour ses rivages inaccessibles. La suite au prochain article.

One response to “Sur la route des Balkans : Grèce des montagnes”


  1. […] se fie à Roland, le guide autrichien rencontré à Kalithéa qui nous a recommandé Neda, un court mais très beau canyon du centre ouest du Péloponnèse, la […]

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